Jean-Joël Brégeon

  • Loués ou honnis, tels demeurent dans la mémoire française les chefs de guerre qui, de 1793 à 1796, menèrent les révoltes royalistes de l'Ouest contre les armées républicaines. Leur jeunesse et leur audace ont fait leur légende, dorée ou noire. Mais c'est en cela que ces champions de la monarchie sont également des héros modernes.
    Cathelineau " le saint de l'Anjou ", Lescure " le saint du Poitou ", Bonchamps le magnanime, Talmont le vengeur, d'Elbée le provocateur Marigny l'indiscipliné, Stofflet l'infaillible, La Rochejaquelein le cadet et Charette " le roi de la Vendée " : voici l'épopée d'une génération qui, toute à sa fureur de vivre, a choisi pour destin de revivre l'Iliade. C'est avec un souffle homérique que Jean-Joël Brégeon en restitue ici l'histoire.
    Préface de Gérard Guicheteau

  • Pour les Espagnols, ce fut la guerre d'Indépendance, fondatrice de l'Espagne contemporaine. Pour la France impériale, ce fut la guerre de trop, celle que ses généraux et leur chef ne savaient pas faire et ne pouvaient pas gagner contre toute une population. Durant six années, les meilleures troupes s'usèrent, au prix d'atrocités de part et d'autre, contre une guérilla soutenue par les Anglais de Wellington. Jamais Joseph Bonaparte, roi d'Espagne par la grâce de son frère, ne pourra conquérir son royaume.
    Ce terrible conflit est présenté autant du côté espagnol que du côté français, et dans tous ses aspects, dont le moindre n'est pas, malgré tout, la pénétration des idées libérales dans la Péninsule.

  • Carrier : psychopathe ou terroriste ordinaire ? Jean-Baptiste Carrier (1756-1794), envoyé en mission de la Convention, a, en l'espace de cent jours, organisé les noyades de Nantes où périrent entre 2 000 et 5 000 personnes. Contrairement à la légende noire qui l'a ainsi dépeint, il n'a rien d'un être sanguinaire et monstrueux doublé d'un obsédé sexuel. Venu à Nantes pour réprimer les révoltes vendéennes, Carrier agit sans grands états d'âme, en technicien parmi d'autres, même s'il fut l'un des plus efficaces, croit bien faire, est persuadé d'agir pour le triomphe de la Révolution. Tout en démontant les mécanismes de la Terreur, l'auteur montre que de tels agissements s'inscrivent dans un contexte plus large. L'extermination des opposants se fait de trois manières différentes : par fusillades après procès, par famine (des milliers de détenus meurent dans l'Entrepôt des tabacs), par noyades sans jugement. Cependant, Carrier n'a pas agi seul : il a bénéficié de l'appui des sans-culottes virulents et actifs, d'un comité révolutionnaire d'une dizaine de personnes ayant mis la ville en coupe réglée, soit un certain nombre de personnages bien décrits dans leur origine sociale, leur idéologie, leurs revendications, leur comportement. Une synthèse indispensable pour comprendre l'engrenage et les ressorts de la Terreur.

  • Réfugié à Goa, comptoir portugais des Indes orientales, le secrétaire du connétable de Bourbon raconte la vie de son maître. Ce grand féodal, connétable de France, vécut comme une trahison la saisie de ses immenses terres par François Ier. Il passa au service de l'empereur Charles Quint et, en 1525, à Pavie, fit prisonnier le roi de France. En 1527, quasi abandonné et sans retour possible, il marcha sur Rome en compagnie de lansquenets protestants. La veille du Sac de la Ville éternelle, qui se déroula comme une apocalypse, il perdit la vie à l'assaut de ses remparts. Avec la précision d'un miniaturiste et dans un style enlevé, Jean-Joël Brégeon décrit de l'intérieur le destin tragique d'un grand seigneur dont les raisons de vivre ne sont pas les nôtres. L'émotion, qui monte au fil du texte, finit par tout submerger. Quel était le terrible secret du Connétable ?

  • Battue à Leipzig en octobre 1813, la Grande-Armée brisée par la défaite et décimée par le typhus, Napoléon semble perdu en janvier 1814. Pourtant, son agonie politique va durer cent jours. L'Aigle retrouve le génie et la combativité de ses débuts pour remporter des victoires improbables et repousser l'échéance . S'il raconte la Campagne de France sricto-sensu, Jean-Joël Brégeon aborde les autres fronts (notamment le Sud commandé par Soult) ainsi que les tractations diplomatiques, les menées des royalistes et le point de vue des Alliés ainsi que des traitres (Bernadotte, Murat). Global dans son traitement, l'historien est ainsi original dans son approche. Chaque chapitre se décompose en trois temps : un récit exhaustif, la présentation des principaux débats historiographiques souvent vifs (par exemple autour de Talleyrand ou la défection de Marmont), un extrait d'un "grand témoin", mémorialiste éclairant ou complétant le propos. Au final la synthèse historique qui manquait sur cette période charnière.

  • Une nouvelle lecture des guerres de Vendée Les guerres de Vendée, qui courent de 1793 à 1832, ont suscité l'émulation de bien des historiens. Surtout la principale qui éclate en pleine Révolution, en mars 1793, et s'éternise jusqu'en mai 1796. Il s'agit d'une guerre civile, la plus sanglante qu'ait connue la France depuis les guerres de Religion au XVIe siècle. La plus féroce jusqu'à nos jours. Faute de mieux, on l'a appelée ainsi car l'épicentre en était le département de la Vendée. Mais elle s'est répandue ensuite, touchant presque tout l'Ouest. L'ambition des auteurs a été d'en proposer une nouvelle lecture qui ne désigne pas les " méchants " pour mieux exalter les " bons ". L'histoire partisane a toujours procédé ainsi, empêchant toute compréhension, toute réflexion proprement historique. Le commentaire, laudateur ou dépréciatif, l'emporte sur le simple exposé des faits. Les historiens favorables aux Vendéens royalistes ont donné des récits qui jouent de la victimisation pour mieux apitoyer leurs lecteurs. Les historiens républicains, de filiation jacobine, ont minimisé les souffrances des vaincus, souligné leur sauvagerie, pour mieux exalter l'héroïsme des Bleus. Les guerres de Vendée a été une authentique guerre civile qui a coûté la vie à plusieurs centaines de milliers de Français. Les atrocités se rencontrent dans les deux camps. Mais le plus inquiétant est bien l'apparition d'une idéologie exterminatrice dans les rangs républicains. Des hommes à Paris (Robespierre, Couthon, Barère...), sur place (Carrier, Turreau, Francastel...) ont trempé dans ce processus alors inédit. Ils l'ont décidé, appliqué et se sont félicités des résultats. Ce fut là comme le péché originel, matriciel, de la République française, identifiée pour longtemps à la Terreur. Les régimes totalitaires du XXe siècle y puisèrent argumentaires et méthodes. Bref, la Vendée divise toujours auntant qu'elle fascine.

  • La Révolution française a mis fin à la Royauté pour établir la République, non sans difficultés. Comment détruire les ennemis de la République et anéantir les opposants ? De grands noms y contribuèrent comme Robespierre, Barère, Couthon qui furent les théoriciens. Les exécutants, moins connus furent envoyés en province pour « faire le ménage ». Les tyrannosaures peuvent être de petits ou de grands tyrans. Dans ce livre à la fois tout public et néanmoins érudit, les auteurs montrent aussi le rôle des petits, responsables d'importantes purges et de massacres , notamment en Vendée et qui, pour la plupart, ont su éviter la guillotine et mourir dans leur lit !
    Jean-Joël Brégeon est historien, spécialiste de la Révolution française et du Premier empire. En 2011, il a publié un très remarqué Écrire la Révolution française (Ellipses, 2011). En 2012, 1812 La Paix et la Guerre (Perrin).Gérard Guicheteau est romancier et journaliste. On lui doit des enquêtes qui font référence sur la France occupée ; Marseille 1943. La destruction du Vieux-Port (Daniel et Cie. Le Provençal) ; Papon Maurice ou la continuité de l'État (Mille et Une Nuits, 1998.)

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