Jean-François Condette

  • Les départements du Nord et du Pas-de-Calais, entre 1914 et 1918, vivent une situation très difficile. Environ 70 % du département du Nord et 25 % de celui du Pas-de-Calais connaissent une terrible occupation allemande. À l'ouest de la ligne de front, le territoire devient une zone stratégique pour les armées alliées, débarquant par Calais, Boulogne-sur-Mer et Dunkerque. Comment dans de telles conditions, marquées par la densité de la présence militaire et par la proximité du front, une activité scolaire et universitaire peut-elle se maintenir et pour quelles finalités ? Organisé autour de dix-neuf contributions et d'une présentation introductive, cet ouvrage décrit la manière dont les acteurs et les structures éducatives réussissent, au milieu des pires difficultés, à maintenir leurs activités, à la fois dans la zone occupée et dans la zone « alliée », luttant pour leur survie. Lorsque sonne l'heure de l'armistice, la lourdeur du bilan est obsédante pour l'École septentrionale qu'il faut reconstituer.

  • Face à l'invasion allemande le recteur Georges Lyon décide en 1914 de rester à la tête des structures scolaires et universitaires de la partie occupée de l'académie de Lille pour mieux les maintenir en vie. Il rédige pendant la guerre ses Souvenirs qui constituent un témoignage d'une grande richesse pour saisir la vie des habitants. Membre de l'élite culturelle, en lien avec les autorités d'occupation et avec les notables - dont le maire de Lille Charles Delesalle, l'évêque Monseigneur Charost, et de nombreux universitaires -, Georges Lyon décrit les exigences allemandes, la vie difficile des Lillois marquée par les pénuries et les réquisitions, voire les déportations. Il s'intéresse aussi aux rapports qui se nouent entre les occupants et les occupés, montrant certaines accommodations mais aussi l'importance du refus. L'ouvrage, outre une présentation des apports majeurs des Souvenirs, est constitué de la retranscription annotée des feuillets manuscrits de Georges Lyon.

  • Simples machines à délivrer les grades ou lieux de conférences mondaines, les facultés des lettres sont profondément rénovées à partir de 1880, sous l'égide des Républicains désormais maîtres du pouvoir. Il s'agit de les transformer en véritables foyers de science, sur le modèle allemand, mais aussi en foyer d'esprit public au service de la nation. Les facultés de province, peu étudiées par les chercheurs, bénéficient de ces efforts polymorphes de l'État républicain et se voient dotées de moyens conséquents. Les acteurs majeurs de ce renouveau sont bien cependant les enseignants qui, au quotidien, animent la vie des facultés, forment les étudiants et font avancer la recherche. La faculté des lettres de Douai, transférée en 1887 à Lille, est un remarquable exemple de cette promotion de l'enseignement supérieur sous la Troisième République. Après avoir présenté l'évolution des effectifs enseignants littéraires entre 1870 et 1940, tout en décrivant l'évolution catégorielle et disciplinaire, l'ouvrage propose une étude des principales caractéristiques de la microsociété littéraire septentrionale (origines sociales, professionnelles, formation universitaire) avant de s'attacher aux liens multiples qui se tissent entre ces enseignants, l'espace local et la nation. La fin de l'ouvrage propose alors les notices biographiques des 93 enseignants titulaires (professeurs et maîtres de conférences) de la faculté des lettres entre 1870 et 1940 ainsi que quelques notices sur les chargés de cours les plus importants.

  • Si Religion et Éducation sont longtemps indissolublement et étroitement liées, à la fois dans les contenus enseignes, dans les valeurs transmises et les missions fondamentales fixées à l'existence humaine, si les personnels des structures éducatives sont aussi très longtemps des religieux, il n'en demeure pas moins qu'un lent et sinueux processus de distanciation est mis en oeuvre qui aboutit à leur séparation plus ou moins radicale. La sécularisation progressive des personnels de l'Instruction publique s'accompagne, à la fin du xixe siècle d'une laïcisation des contenus enseignés mais aussi des maîtres et des maîtresses de l'école publique. Plutôt que de revenir sur ces réalités générales, déjà fortement travaillées par les historiens, cet ouvrage, fruit de deux journées d'études organisées par Jean-François Condette au sein du Laboratoire IRHiS de l'Université de Lille 3 (UMR CNRS 8529) se propose de focaliser les analyses sur deux thématiques plus précises qui sont celle de la formation des enseignants et celle des tensions et conflits entre religions, éducation et laïcité. Faisant délibérément le choix de la longue durée, puisqu'elles couvrent une large période allant du xvie au xxe siècles, les 23 contributions proposées insistent à la fois sur les continuités, les ruptures et les tensions qui marquent les relations entre Religion et Éducation mais aussi sur les possibles « accommodement » et les phases de dialogue qui, moins connues, existent également. Cet ouvrage s'intègre dans le Plan-Pluri-Formation (PPF) Éducation et Religion développé entre 2007 et 2010 par le laboratoire IRHiS-Lille 3, dirigé par les professeurs Jean-François Chanet et Philippe Guignet, et bénéficie du soutien financier de ce même PPF.

  • Ce livre apporte une contribution neuve à l'histoire des chefs d'établissements scolaires et universitaires sur la longue durée (XVIIe-XXe siècle). Il s'intéresse aux proviseurs, principaux et directrices de lycées et collèges, aux directeurs et directrices d'écoles et d'écoles normales mais aussi aux doyens des facultés et aux présidents des universités. Il s'agit de mieux connaître les modes de sélection et de nomination de cette élite administrative, d'en étudier les principales caractéristiques, tout en observant leur travail au quotidien.

  • Alors que la question de l'enseignement reste plus que jamais discutée, ce volume offre un panorama exceptionnel sur l'histoire de l'enseignement de la maternelle à l'université, de l'époque napoléonienne jusqu'à nos jours.
    Il présente les structures, les pratiques, les réformes, les innovations et les contestations qui ont marqué plus de deux siècles d'activité enseignante.
    L'ouvrage interroge les méthodes préconisées et leurs applications en replaçant le fait éducatif dans ses dimensions politiques, économiques, sociales, culturelles nationales, voire internationales.
    Exhaustif et sans parti pris, il sera utile à tous ceux, acteurs ou témoins, qui interrogent les nouveaux défis de l'enseignement en France.
     

  • Ce livre invite à examiner les traces du passé de l'éducation par le biais de l'ensemble des supports patrimoniaux qui sont aujourd'hui à la disposition des chercheurs. Il permet également de montrer le rôle de l'historien dans la valorisation scientifique du patrimoine de l'éducation. Cet ouvrage est publié dans le cadre du programme de recherche Patria (Entre histoire et mémoire, le patrimoine aquitain de l'éducation : http://www.patrimoine-aquitain-education.fr/) porté par le CEMMC et l'ESPE d'Aquitaine. Il montre la richesse et la diversité de ce patrimoine éducatif qu'il ne faut pas cependant sacraliser mais étudier en historien, avec méthode et esprit critique. L'ouvrage rassemble les contributions de nombreux chercheurs spécialistes du champ de l'histoire de l'éducation et couvre un grand nombre de domaines concernant l'enseignement, la culture scolaire et plus largement l'éducation et cela à travers trois grands axes : la diversité du patrimoine éducatif pour l'historien, le patrimoine éducatif exploré par les historiens, les nouveaux territoires de la recherche en histoire de l'éducation.

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