Jean-Claude Zancarini

  • Les contributions réunies dans ce volume constituent une des premières tentatives pour prendre en compte la nouveauté qu'entraîne la mise à la disposition du public des cours de Foucault au Collège de France. Dans « Il faut défendre la société», Foucault envisage les questions du pouvoir, de la guerre comme analyseur des rapports de pouvoir et fait la généalogie du discours historico-politique de la guerre des races, depuis ses prémisses au XVIe siècle jusqu'à sa transformation en racisme d'état au XXe siècle. L'objectif visé par ces Lectures de Michel Foucault n'est pas de soumettre l'analyse de ce dernier à la grille d'un commentaire érudit, mais de problématiser le lien entre le discours historique de la guerre des races, aux XVIIe et XVIIIe siècles, et le racisme biologique de la fin du XIXe siècle, à travers l'hypothèse générale du développement du bio-pouvoir en Occident. Il s'agit ici avant tout, au-delà de toute volonté d'exégèse célébrative, d'ouvrir des voies nouvelles de réflexion qui prolongent parfois, mais aussi déplacent ou contestent, les pistes tracées par Foucault. On lira dans ce livre des contributions sur la généalogie des concepts foucaldiens - notamment celui de bio-pouvoir - leur mode d'articulation et la perspective militante dans laquelle ils s'inscrivent (M. Bertani et A. Fontana) ; une interrogation sur la nature du tournant que représente ce cours dans la pensée de Foucault (D. Defert) ; une réflexion sur l'articulation du problème politique du pouvoir et de la question historique de la race qui met en évidence la nécessité, pour que cette « généalogie du racisme» puisse aboutir, de faire intervenir l'histoire de la traite des noirs et du système esclavagiste (T. C. Holt) ; enfin, parce que ces réflexions furent, à l'origine, menées dans une journée d'étude passionnée, on y trouvera les interventions d'autres chercheurs sur ces hypothèses, ces analyses et ces questions.

  • Fondé sur l'ensemble des documents disponibles et sur tous les textes écrits par Machiavel, notamment sa correspondance, ce livre fait le récit d'une vie prise dans une guerre quasiment permanente bouleversant Florence et l'Italie. Sans ces « Guerres d'Italie » rien ne se comprend de ce que Machiavel a fait, dit et rédigé. « Du plus loin que je me souvienne, soit on a fait la guerre soit on en a parlé ; maintenant on en parle, d'ici peu on la fera et, quand elle sera finie, on en parlera de nouveau » écrit-il en 1526. Dans une telle situation, les enjeux et les nécessités de l'écriture et de l'existence s'entrecroisent et se nourrissent les uns les autres, dans une expérience que ne sauraient épuiser les lieux communs et les débats entre spécialistes. L'attention portée aux textes et à la vie des mots permet ainsi de faire entendre la voix de Machiavel, dégagée des exégèses comme des simplifications abusives. Jean-Louis Fournel et Jean-Claude Zancarini, par ailleurs traducteurs de Machiavel, proposent ici l'histoire d'une exceptionnelle oeuvre-vie.

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