Jean-Claude Barbier

  • Ce pays somnole et dodeline. Les campagnes se sont vidées plus qu'ailleurs. Plus qu'ailleurs les villages en ruine marquent le pas des randonneurs. Mais la plus grave menace est le désert du dedans. La Provence alpine végète par manque de désir. Si elle perdait de sa réalité, où trouver ce qu'elle est seule à donner, ses heures violettes, ses pierres à mémoire, ses échanges de lumière et de nuit, ses hommes de nature, ses plateaux bleu mistral, ses collines de rouille, le mouvement de ses montagnes dans le réseau de leurs sentiers, le rythme des villages, tous ces grands riens faits par l'histoire, si peu spectaculaires et si loin de Venise ? Il faut réveiller cette Provence comme une belle au bois dormant.

  • L'Europe sociale reste un thème mobilisateur, malgré la modestie des réalisations de solidarité à l'échelle européenne depuis le traité de Rome de 1957. Cela ne dépend pas d'une présence de la gauche ou de la droite au pouvoir, mais d'une question de rivalité entre des "modèles nationaux" construits depuis la fin du XIXe siècle sur une base nationale. Cette diversité est malheureusement minorée, autant par les politiques que par les économistes, et l'Europe sociale ne pourra s'approfondir qu'au prix de la création d'une véritable politique culturelle communautaire appuyée sur un réel échange culturel entre citoyens européens.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le système français de protection sociale Nouv.

    Trois spécialistes analysent le système français de protection sociale, en le situant dans la moyenne durée (depuis 1975) et en le comparant à ceux de ses voisins européens. Ce système est confronté à des défis, engendrés notamment par les tendances sociodémographiques, la flexibilisation des marchés du travail et la libéralisation financière. Mais, loin de répondre mécaniquement à des facteurs extérieurs en partie communs aux économies riches, les évolutions du système français sont bien le produit d'une succession de décisions politiques. Le système a traversé la crise de 2008 et il connaît aujourd'hui encore une crise majeure déclenchée par la pandémie de la Covid-19.
    Pour penser les changements survenus depuis cinquante ans dans le système français, il faut tenir compte de son caractère hybride : l'universalisme de la protection y est paradoxalement recherché au travers de programmes fragmentés dont la Sécurité sociale reste la pierre angulaire. L'avenir de la protection sociale en France est ouvert, mais son caractère national est tout autant, sinon plus, affirmé qu'il y a vingt ans.

  • L'année 2017 et ce début 2018 ont été marqués en Europe par un certain nombre d'événements, tant institutionnels qu'électoraux avec notamment des scrutins en France, en Italie, en Allemagne et en Autriche et leurs répercussions, le cas échéant, sur la politique de l'Union. Parmi ceux qui y ont entraîné des mouvements de fond, nous pouvons noter, en particulier, les deux référendums organisés l'un au Royaume-Uni et l'autre en Catalogne. Ces scrutins témoignent d'une évolution dans le rapport des citoyens à l'Union européenne. L'existence de celle-ci semble de plus en plus remise en cause par un mouvement de repli sur le national. C'est ce « retour » des nations que se propose d'analyser cet ouvrage.
    Les auteurs étudient successivement la question de l'intégration politique puis celle du droit, de la solidarité et d'une future coordination économique de l'Union.

  • L'économie sociale et solidaire (ESS) possède sa dynamique propre. En tant que forme d'économie, elle contrebalance les échecs du marché et les limites de l'État et c'est à ce double titre qu'elle prend une place grandissante dans la réflexion des universitaires et des décideurs publics. Elle s'appuie néanmoins sur la longue histoire de l'associationnisme qui passe par l'invention d'institutions de protection sociale (mutuelles, associations caritatives, ...) et la définition de politiques sociales (aide à domicile, handicap, insertion, ...) pour aboutir au système français actuel. À ce titre, l'ESS est un instrument disponible pour renouveler les modes d'élaboration des politiques publiques et de délivrance des services publics introduisant du partenariat entre l'État et l'ESS afin de dynamiser et de réorienter l'action publique. Différents scenarios ont déjà été éprouvés : entre complémentarité et substitution, entre partenariat et affrontement dans le domaine de la protection sociale en France. Les enjeux sont de taille, et la question de l'évaluation de l'ESS présente le risque d'être standardisée. La coopération entre ESS et biens communs, ces derniers véhiculent des valeurs communes d'universalité et de partage, offre également des potentialités non négligeables. Plusieurs études de cas sont présentées dans l'ouvrage. En Russie, au Danemark, au Québec, et en France, la diversité des rapports entre État et ESS est abordée : concurrence, volontariat, co-production et biens communs. D'autres exemples (Suède, Espagne, Grande-Bretagne et Pays-Bas) démontrent le potentiel d'innovation que représentent les relations État, secteur privé et l'économie sociale et solidaire.

  • Cet ouvrage explore tour à tour la question de la commémoration, de ses ambiguités et ambivalences, de la mise en images et en mots du passé, et du rôle de l'éducation pour tenter - sans vraiment y parvenir - de compenser et de dépasser les injustices, héritage de l'apartheid.

  • Notre système de protection sociale n'a pas échappé aux réformes engagées en Europe dans le contexte de crise. Il est perçu à la fois comme un rempart à la crise et comme un obstacle à une reprise économique. Les auteurs tentent donc de comprendre comment ces différentes idées pénètrent les réalités des solidarités publiques et privées.

  • L'histoire étonnante d'Eugène Casalis, missionnaire protestant né au pied des Pyrénées au début du XIXe siècle et dont le nom est indissociable de l'édification du Lesotho, montre qu'il y a eu quelques cas où "la présence française outremer" reste perçue de façon positive. Ses liens d'amitié avec le roi et son appartenanace à un pays non impliqué dans les conflits locaux donnèrent lieu à une collaboration confiante et réciproque.

  • 2012 fut l'année du bicentenaire de la naissance d'Eugène Casalis, missionnaire protestant béarnais envoyé en Afrique australe, dont le nom est lié à l'édification du Lesotho. Ce livre évalue le rôle des missions européennes en Afrique avant, pendant et après la colonisation et, plus largement, réfléchit aux liens entre religion et colonisation, et religion et "race".

  • La déconstruction d'un mythe.La légende affirme que le plateau de Glières aurait été le lieu de la " première bataille de la Résistance ". Situé au coeur de la Haute-Savoie, Glières servit, il est vrai, de refuge aux réfractaires du STO, puis devint un lieu de réception pour les parachutages entre le 31 janvier et le 26 mars 1944. Après que Vichy eut essayé, mais en vain, de liquider cette concentration maquisarde, la Wehrmacht prit les choses en main. S'ensuivit une féroce répression, conduite par les policiers allemands de la Sipo-SD.
    Les plus hautes personnalités de l'État n'hésitent pas à se déplacer dans ce haut lieu de la Seconde Guerre mondiale. Mais à quoi rendent-elles hommage ? La bataille a-t-elle vraiment opposé une division allemande à un demi-millier de maquisards ? Les archives enfin disponibles permettent d'éclairer sous un jour neuf cet épisode et de remanier la trame légendaire véhiculée par une littérature plus encline à privilégier la mémoire que l'histoire. Et par-delà les événements de Glières, cette recherche exemplaire amène à réfléchir, dans un cadre plus large, aux maquis ainsi qu'à leur environnement, à définir leurs forces mais aussi leurs faiblesses.

  • En France, le sociologue est volontiers considéré comme un expert des problèmes sociaux, mais un regard critique porté sur les actions concrètes de protection sociale le qualifie aussitôt de " sociologue d'État ". Signe parmi d'autres de l'ambiguïté qui s'est installée dans le rapport entre expertise scientifique et décision politique, entre État social en action et science en devenir, et dont cet ouvrage collectif entend explorer la grande variété de manifestations.
    Les sociologues sont souvent vus comme des spécialistes des " problèmes sociaux " et les critiques qu'ils portent sur les institutions qui mettent en oeuvre la protection sociale les exposent à être considérés comme des " sociologues d'État ". L'expression est significative d'une manière française de poser la question de l'utilité des sciences sociales - contester ou servir - et porte l'empreinte de la double entreprise durkheimienne de fondation de la sociologie et de promotion d'une certaine conception de l'État social. Mais cette tradition et cette vision hexagonales sont loin d'être les seules qui colorent les relations ambivalentes entre chercheurs et décideurs politiques. Les débats autour de la neutralité axiologique, toujours renaissants, en témoignent.
    Quelles intelligences - effets de connaissance, d'intelligibilité ou de vérité - attendre de la confrontation de la science, définie par la cohérence, et de la politique, vouée au flou ? Cet ouvrage se veut une contribution à l'instruction de cette question. Après une introduction aux grands thèmes des rapports entre la recherche en sciences sociales et la politique dans leurs dynamiques contemporaines, onze études de cas offrent trois registres de réflexivité sur les configurations d'expertise.
    Comment les envisager, avec le recul temporel, comme des succès ponctuels pour les sciences sociales ? Quel recul critique appellent-elles quand elles s'adossent à un référentiel du savoir efficient ? Comment, dans le cours même de son enquête, le chercheur doit-il faire avec des attentes de visions expertes ? Autant d'angles pour saisir, dans le croisement de leurs ancrages, les incertitudes d'un État social en action et celles d'une science se faisant.

  • Noisiel, la chocolaterie Menier et sa cité ouvrière, c'est là l'univers du P'tit Claude. Il nous réveille dans l'enfance en un clin d'oeil. Des souvenirs, il en a beaucoup, d'amers, de rebelles, joyeux et tristes.
    P'tit Claude enfant, bègue, timide et rêveur avec ses difficultés, sa solitude. Les mots d'enfants, entre rire et larmes, sont parfois drôles, durs, violents. Les mots sont aussi silence. Il mélange le réel et l'imaginaire.
    Nous sommes à la fin des années cinquante. Le père, électricien à la chocolaterie, ne s'est jamais remis de la déportation dans les camps nazis. P'tit Claude, le deuxième des trois enfants ne supporte pas cet adulte autoritaire. Il se replie sur lui-même, ne parvient pas à se défaire de sa timidité.
    Heureusement il y a Noisiel avec les copains, qu'on appelle ici « les mômes chocolatés ». Mais il y a surtout Marie, la première amoureuse avec laquelle il va découvrir le sel de la vie et un inimaginable secret.

  • Des réponse claires et argumentées à tous ceux que préoccupe la survivance de l'apartheid. Ce livre est également un instrument d'information, concis mais complet, sur la réalité économique, politique et sociale de l'Afrique du Sud contemporaine.

  • Parmi les médecins occupés spécialement de l'étude des maladies cérébrales, il n'en est guère, certainement, auxquels n'ait été adressée cette question fort nette : « Y a-t-il plus de fous aujourd'hui qu'autrefois ? » Par ce temps d'énorme et bruyante publicité donnée aux plus petits événements de la rue, comme aussi, malheureusement aux plus lamentables drames de famille, qui, le plus souvent, auraient pu rester le secret des parents douloureusement frappés, l'esprit est porté à grossir encore le mal.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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