Jean-Christophe Giuliani

  • Depuis le choc pétrolier de 1973, nous sommes confrontés à une crise économique, dont l'une des principales conséquences est la hausse du chômage. Son augmentation a des répercussions économiques, politiques et sociales qui menacent notre qualité de vie et notre processus démocratique. En étudiant les causes et les conséquences du chômage, il apparaît que nous avons le choix entre deux solutions pour en finir avec ce fléau : relancer la croissance du PIB ou réduire le temps de travail.

    Pour être envisageable, la solution adoptée devra nous procurer une vision de l'avenir viable, atteignable et désirable. C'est-à-dire, de créer des emplois en évitant l'effondrement, de sécuriser l'accès aux subsistances à court, moyen et long terme et de procurer les moyens de nous socialiser, de définir notre identité, de structurer le rythme de notre existence, de nourrir l'estime de soi, de nous distinguer, de nous affirmer et de nous accomplir autrement que par l'activité professionnelle et la consommation.

    L'objectif de cet ouvrage est de démontrer que le choix entre la relance de la croissance du PIB ou la réduction du temps de travail n'est pas un choix économique, mais un choix de société, dont dépendent la survie et l'avenir de l'humanité.

  • Le développement économique nous a permis d'accéder à un niveau de confort matériel sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Malgré ce bien-être matériel, nous continuons à produire et à consommer toujours plus de biens et de services marchands. La surproduction et la surconsommation menacent désormais notre qualité de vie, notre processus démocratique et la survie des générations présentes et à venir.

    L'imminence d'un effondrement, qui est révélé par la fréquence et l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, des inondations, des sécheresses, des pics de pollution, etc..., nous impose de changer de mode de vie et de modèle de développement en moins de 10 ans. Pour être envisageables, ces changements devront nous procurer une vision de l'avenir viable, atteignable et désirable.

    Notre mode de vie, nos valeurs, notre représentation de l'existence et l'ordre social sont en partis déterminés par notre rapport au temps et les moyens que nous utilisons pour satisfaire nos besoins. Le changement sera donc désirable, s'il est en mesure de nous procurer les moyens temporels de nous socialiser, de définir notre identité, de structurer le rythme de notre existence et de satisfaire nos besoins d'appartenance, d'estime et de réalisation autrement que par l'activité professionnelle et la consommation.

    L'objectif de cet ouvrage est de démontrer que le choix du rapport au temps et des moyens utilisés pour satisfaire nos besoins n'est pas un choix économique, mais un choix de société dont dépend la survie et l'avenir de l'humanité.

  • À droite comme à gauche, on a fait du «travail» un absolu, une norme incontournable. En s'attaquant à sa position centrale dans nos vies, les auteurs entendent mettre à mal ce consensus afin de «penser contre le travail» et ainsi dépasser un système qui souvent nous broie. Car quelle est la véritable nature du travail dont on nous serine tant les vertus? N'y a-t-il pas une hypocrisie récurrente à encourager un système qui défend encore que le travail rend libre alors qu'il devient de plus en plus rare?

    Plutôt que chercher à aménager le travail pour le faire perdurer, les auteurs tentent d'imaginer des voies de sortie. Leurs critiques rejoignent plusieurs sphères du travail: le mythe du plein emploi, le salariat, le management et ses ravages, la servitude volontaire des cadres et des classes moyennes ou encore le rôle de l'éducation arrimée au monde de l'entreprise. Leur but commun: un désir de remettre en cause le dogme du travail pour tous, du travail comme élément structurant de la vie individuelle et collective, de l'activité rémunérée comme horizon existentiel prépondérant. Sans orthodoxie, c'est dans un ici et maintenant, sur nos lieux de travail et dans notre quotidien, que les auteurs nous invitent à prendre le parti de limiter, de contrer ou de refuser ce qui nous nie et nous détruit, en fonction de nos propres capacités.

    Mettre en question le travail devient un impératif quand tout un monde gravite autour de ce paradigme: celui de la (sur)production et de la (sur)consommation qui ne prend pas en compte les limites de la planète. Cela n'est plus possible; l'heure est venue de réfléchir à son après.

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