Jean Fougère

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Si le visiteur qui attend l'ascenseur de « France-Soir » lève la tête, il lit, gravé dans la pierre, que ce lieu, pendant des siècles, s'est appelé la Cour des Miracles. Ici se rassemblaient les éclopés de la vie, ici, s'accomplissaient des miracles par l'opération du Saint-Esprit, et parfois il s'en fabriquait pour l'édification des populations. Bien que la grande presse perpétue assez bien ce dernier aspect de la tradition, Jean Fougère a transporté la Cour des Miracles à la source, à Saint-Germain-des-Prés. Ne faut-il pas être, en effet, un peu cul-de-jatte pour former l'étrange dessein d'écrire ? Quoi, nous le sommes tous ? Tous ne le savent pas. Qui ne se sent pas l'âme manchote n'éprouvera jamais le besoin de façonner la vie à l'image de son rêve. Jean Fougère, qui habite le quartier, a, de son balcon, vue plongeante dans cette Cour des Miracles où se déverse le trop-plein des cafés littéraires, des salons littéraires, des jurys littéraires, des « gendelettres ». A voir s'agiter Paul Fontaine, romancier polygraphe et méticuleux cuisinier de son succès ; Houchot, critique érudit, hargneux et impuissant ; Gervais, grand auteur trop amateur de jolis voyous ; Ludo, portier d'hôtel « génial » et impudent devant qui se pâme le Tout-Landernau des lettres ; Delphine Chantereine, bas-bleu jusque sur l'oreiller ; Palineux, poète farouche et aux yeux des duchesses malotru « adorable »... à voir ce panier de grotesques on se prend à penser que Jean Fougère les a peints avec la férocité d'un Jérôme Bosch. Pourtant, dans ce petit monde où l'on s'envie, il arrive qu'un écrivain arrache quelque chose au néant... Et devant celui-là - le plus beau portrait de ce livre si riche en peintures - il advient que l'auteur s'émeuve, quitte l'ironie pour le pathétique, et la farce cède à la tragédie. Sur la Cour des Miracles s'est ouverte la chambre misérable d'un homme qui avait quelque chose à dire avant de mourir ; n'est-ce pas miraculeux ? Voilà les autres justifiés, le miracle épidémique, et l'on en vient à se demander si ce jeu de massacre ne serait pas jeu d'amour. Jean Duché.

  • Ce que nous regardons, écoutons, lisons quotidiennement fait de chacun de nous un satyre plus ou moins consentant. Il y a des satyres joyeux dont Jean Fougère décrit les exploits. Il y en a aussi de sinistres, personnages de faits divers, auxquels il vaut mieux ne pas ressembler. D'ailleurs, assure Fougère, les beaux jours du satyre sont passés. C'est maintenant lui qui se fait « draguer » par l'objet de son désir, la nymphe devenue satyresse. Mais son concurrent le plus redoutable est le sexologue. Voyeur autorisé, maniaque de la statistique amoureuse, il prétend nous apprendre à nous servir de notre sexe. Persuadé que bientôt nous serons obligés de rendre des comptes à ce nouveau maître des temps modernes, l'auteur des Bovidés en fait un portrait cruel, d'un comique impassible, souvent très fort, et qui donne à réfléchir.

  • Destinée City est une agglomération de la côte Est des États-Unis. Une ville sans histoires. Comme à l'ordinaire, ce matin-là, la Révérende La Rose, recevra un coup de téléphone anonyme et obscène, le maire se demandera une nouvelle fois comment devenir gouverneur, Nonie la majorette continuera d'exciter les garçons. Il y a toutefois une menace, un peu indistincte aux premières lueurs du soleil, qui va s'affirmer à mesure que la journée s'avance. Jusqu'à ce que l'ouragan tombe sur la ville. Une irrésistible bourrasque arrache les arbres, emporte les toits, noie les maisons, sème une panique sans nom, qui tantôt prête à pleurer et tantôt prête à rire. Soudainement surpris dans son intimité, chacun des habitants de Destinée City sera mis à nu sans pitié. Le masque de la bienveillance quotidienne ne tiendra pas longtemps devant la colère du ciel.

  • Jean Fougère est né en 1914 à St-Amand (Cher). Études à Orléans et à Bourges, puis en Sorbonne. Débute dans le journalisme comme correspondant à Londres. Cette ville lui inspire son premier roman : Flo. La guerre dans un régiment d'infanterie. Publie ensuite plusieurs romans, recueils de nouvelles et essais, qui le font généralement considérer comme l'un des meilleurs écrivains de sa génération. Collabore au "Figaro Littéraire", à la "Revue de Paris", etc... Voulez-vous voyager avec moi ? est son premier livre de voyages. Ceux-ci l'ont mené à travers quinze pays de l'Europe, de l'Irlande à Istanbul, de la Laponie à la Crète, sans oublier naturellement les nations plus connues, comme l'Espagne et l'Italie, l'Allemagne et l'Angleterre. Jean Fougère, qui travaille actuellement à un nouveau roman s'apprête à faire un séjour en Extrême-Orient.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • A la faveur d´un tel exemple, le sens de l´oeuvre mannienne s´éclaire plejnement.
    La mort n´y a exercé ses séductions que pour porter les hommes plus loin qu´eux-mêmes, pour qu´au delà de leur enveloppe corruptible et complaisante à la volupté la survie fût assurée à l´esprit dans la lumière et la joie. Miracle de l´art : par lui est venue la tentation funèbre, et c´est par lui que se fait la résurrection. Ainsi Thomas Mann peut être assuré que sera confirmé le jugement qu´il a porté un jour sur lui-même : "Si je nourris quelque souhait quant à la renommée posthume de mon oeuvre, c´est que d´elle on puisse dire plus tard qu´elle est amie de la vie bien que consciente de la mort. Oui, mon (Euvre est liée à la mort, elle la connait, mais elle veut du bien à la vie. Envers la vie, il est deux sortes d´amitié : l´une qui ne sait rien de la vie et qui est toute naïve et robuste; et une autre qui sait la mort et celle-là seule, à mon sens, détient une pleine valeur spirituelle. Elle est l´amitié que portent à la vie le:; artistes, les poètes et les écrivains."

  • Le numéro d'hiver de la revue Cap-aux-Diamants « Histoires d'utopies » vous entraine dans un voyage dans le temps, à la découverte de projets utopiques du passé et à ce que ces derniers nous apprennent de l'époque les ayant engendrés. Qu'il s'agisse de représentations de la ville de Québec par des artistes n'y ayant jamais mis les pieds, de l'éden jésuite en Nouvelle-France, en passant par la production de sirop d'érable comme moteur économique, la promotion de la vie suburbaine dans les années 1950-1960 ou encore la construction d'un pont ou l'établissement d'une commune thérapeutique antipsychiatrique, les sujets abordés par Samuel Mercier, Marjolaine Poirier, Mathieu Perron, Jean-Philippe Warren, Dany Fougères, Harold Bérubé et Alexandre Klein sont aussi riches que diversifiés. Parmi les chroniques régulières, la rubrique « Patrimoine » est consacrée à l'éducation à la charité de Clara Symes, duchesse de Bassano et la rubrique « Médailles », à celle du lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers (1887-1892).

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