Jean Leca

  • La science prétend dire tout le réel, physique et social, et ainsi le dominer. La philosophie prétend dire... le reste, « le sens de la vie ». Quant à « la politique », elle est mensonge. Vraiment ? Et si tout cela, et son reflet obligé (la « revanche » de la nature physique « violentée » par les hommes, et de la « société civile », violentée par l'État, la « déconstruction » des lois scientifiques, la « réduction » de la philosophie à une illusion), n'était que billevesée ? Et si l'unification de la science du génome humain, de l'intelligence artificielle, du marché et de la démocratie droit de l'hommes que n'était que le récent avatar du darwinisme social ? Et si l'on avait oublié que l'homme, parce qu'il est social, parle toujours du réel « politiquement » ? Et que la division « Nature »-« Société » est elle-même politique parce que seuls des humains peuvent la formuler à partir des organisations où ils sont situés ? Et si la philosophie était une partie du contexte de la découverte scientifique et la science, une partie du contexte de la découverte philosophique ? Et si la musique et les mathématiques nous signifiaient également que le zoon politikon use toujours de langages sociaux de part en part pour essayer de dire plus que le social ? Et si le politique, à la fois l'objet dont nous parlons et le lieu d'où nous parlons, révélait que le réel est à nos yeux irréductiblement plural et en désordre et que la science quelle qu'elle soit, loin de le réduire et l'épuiser (c'est-à-dire le dissoudre), le renouvelle en y trouvant toujours de nouvelles énigmes dont la résolution ne tombe jamais tout à fait juste ? Et s'il ne pouvait y avoir de « théorie de tout » parce que nous nous essayons toujours à théoriser « universellement » à partir du seul « univers » humain que nous connaissions parce que c'est le seul dans lequel nous vivions : le « plurivers » politique ?

  • « Savoir s'y prendre en mathématiques », tel est l'objectif principal de cet ouvrage qui présente de façon claire et pédagogique les fondamentaux des mathématiques appliquées à l'économie. Chaque chapitre s'organise en trois temps forts :une introduction présentant la problématique abordée  assortie d'objectifs de connaissances et des notions clés à maîtriser ;un cours structuré illustré de nombreux théorèmes, exemples et définitions ;des exercices progressifs avec leurs corrigés détaillés.Cette 6e édition, entièrement revue, est enrichie de nouveaux exercices et de problèmes en fin d'ouvrage pour approfondir le cours.

  • Fruit d'une vingtaine de contributions qui partent du terrain, le présent livre explore une variété de dynamiques urbaines, auxquelles fait face la ville au Cameroun, ainsi que les changements sociaux qu'elles induisent dans le pays de manière générale. Vivre en ville aujourd'hui au Cameroun, revient donc d'abord à s'adapter et à se positionner par rapport à de nouvelles normes circulatoires, à des expériences de communication inédites, aux offres de logements, de divertissement, de travail, de consommation qui se croisent au point de rencontre du local, du national et du global. Il en résulte qu'à l'ère de la globalisation, vivre en ville, au Cameroun aussi, c'est aussi mimer les autres habitants de toutes les autres grandes villes du monde. La métropolisation du monde s'accompagne ainsi d'une certaine métropolisation des pratiques sociales de consommation, de divertissement, de communication, et même de protestation et de régulation sécuritaire. Cette métropolisation des pratiques sociales est dictée par des dynamiques urbaines qui sont la conséquence simultanée des dynamiques institutionnelles, des tendances culturelles cosmopolites, des contraintes de nature techno-numériques, des transactions inédites entre ethno cultures locales complexes et des pratiques individuelles forts disparates. Cette métropolisation des pratiques n'efface pourtant pas des spécificités significatives qui rendent toujours compte des identités urbaines particulièrement composites.

  • Le caractre sduisant du concept de l'individualisme est la mesure de son imprcision. Il convient de distinguer au moins trois interprtations de l'individualisme selon que l'on s'attache caractriser les comportements (individualisme sociologique), lgitimer les normes, les institutions et les choix de valeurs (individualisme thique, contractualisme) ou expliquer les processus sociaux (individualisme mthodologique). Les auteurs se rejoignent pour admettre le caractre individualiste des socits dmocratiques capitalistes, sans pour autant qualifier d'individualistes tous les comportements qu'on y rencontre. Ils relvent les contradictions et les incohrences des systmes individualistes de lgitimation, particulirement en relation avec l'hgmonie de la rationalit instrumentale, et ils discutent les explications fondes sur l'individualisme mthodologique. La confrontation de ce dernier avec le marxisme, sa prtention mieux comprendre le changement social et l'action collective et renouveler la thorie de la dmocratie font l'objet d'analyses approfondies. La culture de l'individualisme sociologique est-elle assez puissante pour fournir des bases au traitement des problmes collectifs ?

  • Qui oserait n'être pas démocrate ? Mais qui soutiendrait que la démocratie est un mode de gouvernement efficace, rationnel et satisfaisant ? Plus le credo démocratique s'étend, en se diluant au point d'en perdre tout sens cohérent, plus le gouvernement démocratique paraît un artifice de plus en plus risqué. La démocratie va-t-elle tuer la démocratie ? Au-delà des solutions imaginées par les hommes pour triompher de ce paradoxe, cet ouvrage ne cache pas ses partis pris démocratiques. Ses auteurs ne rougissent pas de mêler réflexion philosophique, engagements pratiques et analyses de sciences sociales. Ils ne proposent pas la solution, mais en écartent quelques-unes et suggèrent des démarches et des questions. Ils n'ont pas de cure miracle pour guérir de la « maladie », ils avancent seulement des diagnostics et, surtout, s'efforcent de ne pas tuer le patient.

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