Langue française

  • Ruben, Elias et Prev. Deux hommes et une femme. Un trio de malfrats, spécialistes de l'effraction et du cambriolage, réunis au hasard des circonstances de leurs activités clandestines. Issus des décombres de l'ancienne Yougoslavie, Elias et Prev forment un couple, amoureux. On ne sait pas trop d'où vient Ruben, ni pourquoi il a choisi cette étrange carrière. Qu'importe, ils font équipe, et sévissent d'une frontière à l'autre dans cette immense zone d'Europe Centrale qui ne cesse de se reconstruire et se reconfigurer depuis la disparition de l'Union Soviétique. Parmi leurs commanditaires, il y a le frère de Prev, Wallach, qui lui même est au service d'un big boss nommé Lazlo. De vols en coups de main, l'avenir paraît sourire au trio. Mais comment s'imaginer un futur réellement crédible dans l'univers complexe, amoral et dangereux des mafias européennes, régi par la méfiance, les doubles discours, la tentation permanente de la trahison et un féroce esprit de compétition ?

  • Une saisissante enquête anthropologique auprès de policiers en banlieue parisienne. L'engrenage terrible de l'ennui, de la pression du chiffre et des éruptions de violence... adapté d'un essai qui fit date.
    D. Fassin a partagé pendant deux ans le quotidien d'une brigade anti-criminalité. Loin des imaginaires du cinéma ou des séries, il raconte l'ennui des patrouilles, la pression du chiffre, les formes invisibles de violence et les discriminations. Cette enquête « ethno-graphique » montre à quel point les habitants de ces quartiers restent soumis à une forme d'exception sécuritaire.

  • « La Société du Spectacle », la célèbre formule de Guy Debord ; les slogans de mai 68, tels que « Sous les pavés la plage », « Jouissez sans entraves » ou encore « Ne travaillez jamais ! » ; les affiches et les bandes dessinées détournées : tout cela fait désormais partie de l'imaginaire collectif. L'aventure de l'Internationale Situationniste, le mouvement poético-politique créé par Debord, est moins connue. Ce sont pourtant les Situationnistes qui, dans l'ombre des insurrections estudiantines, ont transmis à la jeunesse leurs idées créatrices et subversives, dans le but d'en faire des chantres d'une nouvelle vie, poétique et quotidienne.

  • Et si les militaires prenaient le pouvoir ? Loin du fantasme complotiste, cette éventualité se nourrit de l'histoire même de la Septième arme, doctrine de guerre contre-insurrectionnelle forgée par les militaires français en Indochine et en Algérie. À l'heure où l'on met en place un état d'exception permanent, La septième arme raconte une autre histoire de la V e République.
    " Nous sommes en guerre ", insistent les responsables politiques de tous bords. Peut-être, mais contre qui ? Le mantra de la " guerre contre le terrorisme " trouve son origine dans une histoire ancienne, et souterraine, qui a inspiré des générations de militaires français et façonné la Ve République : celle de la doctrine de la guerre révolutionnaire.
    Surnommée la " Septième arme " par ses partisans, cette doctrine a été théorisée pendant la guerre d'Indochine et mise en oeuvre en Algérie et au Cameroun dans les années 1950 et 1960. Elle s'est ensuite répandue dans le reste du monde : aux États-Unis, en Amérique latine et en Afrique, où elle a notamment inspiré les génocidaires du Rwanda.
    C'est l'histoire de cette doctrine méconnue, qui maquille la guerre en simple " maintien de l'ordre ", que retrace ce récit vertigineux.

empty