Isabelle Lacroix

  • Considéré dans ce texte: La fin d'un cycle. «Dune», de Frank Herbert. La disparition des vers géants et le progrès. L'esprit de l'homme et de la machine. La tentation de la dictature. Le Kwisatz Haderach en chacun de nous.

  • L'usage de la science-fiction comme un laboratoire pour comprendre le monde est de plus en plus fréquent pour les scientifiques de différentes disciplines, notamment des sciences humaines et sociales. Cette pratique a fait ses preuves à maintes reprises au cours des dernières années. Voilà pourquoi, au moment où les médias ont ramené à l'avant-scène l'oeuvre phare de Frank Herbert, Dune, quelques-uns se sont sentis interpellés. Voilà un terrain riche pour étudier des phénomènes contemporains et en tirer des enseignements!

    Regroupant les textes de chercheuses et de chercheurs provenant de divers champs d'études - politique, physique, philosophie, génie, religion, environnement, sociologie -, le présent ouvrage a comme objectifs de faire «parler» le plus possible l'oeuvre littéraire, d'établir des ponts concrets et directs entre elle et les débats de société d'aujourd'hui, de même que de donner un nouvel éclairage aux problèmes auxquels les humains sont confrontés ou auxquels ils auront à faire face dans un avenir proche. Y sont abordés en complémentarité le déni et les dépendances technologiques, la place de la religion dans la gouverne des sociétés, l'évolution du pouvoir des femmes, l'interdépendance entre les humains et leur environnement, de même que l'évolution des régimes politiques et leur influence sur les communautés qui les voient naître et mourir. Les autrices et auteurs s'interrogent, à partir d'angles variés, sur ce que l'univers de Dune peut nous enseigner sur notre propre devenir.

    Cet ouvrage s'adresse tant aux spécialistes de l'analyse des représentations dans la science-fiction qu'aux amateurs du genre et aux grands admirateurs de Dune. Nous croyons qu'en plus d'en tirer des enseignements pour approfondir leur compréhension de notre monde, les lecteurs et les lectrices pourront découvrir - ou redécouvrir - la richesse de l'oeuvre de Frank Herbert.

    Isabelle Lacroix est professeure agrégée à l'Université de Sherbrooke et directrice de l'École de politique appliquée depuis 2015. Elle est aussi la codirectrice de l'axe Impacts, usages et société de l'Unité mixte internationale - Laboratoire nanotechnologies et nanosystèmes. Elle a codirigé en 2016 D'Asimov à Star Wars: représentations politiques dans la science-fiction.

  • LE PRÉSENT OUVRAGE A POUR OBJET L'ENGAGEMENT DES JEUNES DITS « EN DIFFICULTÉ » : jeunes de la rue, en « sortie de rue », en parcours de réinsertion, placés en centres jeunesse, en quête identitaire ou fréquentant des organismes communautaires.

    Si on observe une modification des référentiels d'action publique concernant la jeunesse, le type d'engagement considéré lors des prises de décisions est souvent limité au domaine socioculturel, angle qui exclut la relève des décisions touchant les secteurs clés de l'insertion sociale. Du côté de l'expérience d'engagement, la tendance consiste à souligner l'apathie des jeunes, qui s'explique par leur faible participation électorale, maintenant largement documentée. Or, nombre d'actions collectives correspondent à des mobilisations organisées, notamment grâce au rôle fondamental joué par les organismes communautaires et les intervenants dans la mise en action de la jeunesse.

    Des travaux récents ont montré combien les jeunes s'engageaient autrement, dans des domaines aussi variés que possible. C'est notamment le cas des trois projets de recherche à l'origine de cet ouvrage. Rédigé par autant de chercheuses investies depuis plusieurs années dans ces champs d'étude, ce livre a pour but de mieux comprendre les contours et les processus particuliers de l'engagement des jeunes en difficulté. Au-delà de son utilité en matière de réflexions théoriques, méthodologiques et empiriques, cette mise en commun se veut également une véritable prise de position épistémologique qui consiste à replacer le discours de la jeunesse au centre de l'objet de recherche.

  • Il est indéniable que le jardin joue un rôle de premier plan dans la littérature médiévale. Lieu de la rencontre, de l´amour ou de l´aventure, il est aussi un lieu protégé ou les protagonistes aiment à s´ébattre et à se reposer. Lieu fermé, il est le réceptacle de la parole, du signe, du message. Il est dès lors logique que l´aménagement d´un tel espace soit de première importance. Mais cet espace est, en rapport avec la mentalité médiévale, polysémique. À la fois espace végétal, directement lié au monde sublunaire, il est aussi lieu symbolique, en osmose avec les représentations mythiques et les influences cosmiques. En d´autres termes, il est investi, en continu, d´une entité symbolique. La littérature médiévale, et en particulier la littérature courtoise rend compte de cet aspect multiforme et multi-signifiant du verger. À côté de listes de plantes, ornatio du jardin comme de l´écrit, le monde vivant du jardin, véritable microcosme a les yeux tournés vers un ailleurs que la poursuite du récit explicitera sur le plan imaginaire.

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