Le Quartanier

  • Mailloux

    Hervé Bouchard

    Mailloux est la chronique aventureuse de la vie du jeune Jacques Mailloux. Portées par un sens du désastre qui transmue l'existence en angoisses et en jeux de vilains, les aventures de Mailloux se déroulent suivant le désordre d'une mémoire où s'entrelacent épisodes funestes et joyeux, dans un Jonquière où tout passe et coule avec les flots et les flots : il y a Ouelle, Payne, Busse, Bène, et Pouque avec ses koumba pour montrer aux autres l'Afrique en feu dans une canisse. Il y a aussi les puissants premiers émois sexuels. Il y a l'équipée familiale de Noël, en Citroën sacrante et glacée. Il y a le suicidé en bois et les noyés en série. Et il y a la grosse roche, où Mailloux découvre la honte, avec le Démon de Baudelaire à ses côtés.

    Ce monde inouï mais presque familier dans son étrangeté même, Mailloux sait le rendre par la fièvre d'une écriture sonore et somatique, toute traversée de fantasmes et de mort.

  • C'est un drame en trois scènes avec deux chants en guise d'indications.

    Ça se passe au théâtre.

    Le personnage de la veuve, prisonnière de la fameuse robe en bois au centre de Parents et amis sont invités à y assister, devient ici le rôle qu'on donne à une actrice, comme un piège qu'on tend à une personne qu'on souhaite humilier.

    Comme il se doit, le piège ne se referme pas.

    Il donne plutôt à la parole son volume.

    Et on l'entend, cette parole, déborder du théâtre et se mêler à la vie.

  • Parents et amis sont invités à y assister fait entendre, par le recours à la forme dramatique, un chant collectif : au lendemain de la mort du père, un clan livre ses tribulations dans des lamentos funambulesques et bassement comiques. Figure centrale de cette polyphonie, la veuve Manchée, femme sans bras dans sa robe en bois, s'adresse à ses soeurs, à ses fils les chiens à tête de veau, à l'épisodique Laurent Sauvé joué par un fils de dieu - et à elle-même.

    Faite de monologues entrecroisés, cette oeuvre fonde un monde, tout à la fois labyrinthe et scène de théâtre, où la parole a force de mythe et fait corps avec les choses et les êtres qu'elle raconte, où chaque vivant, en Hamlet qui magasine, a des morts et des pères qui lui remplissent la voix d'histoires.

  • Numero six

    Hervé Bouchard

    C'est l'histoire d'un personnage portant le numéro six dans le hockey mineur. L'histoire très simple de son apprentissage, alors qu'il évolue dans les catégories atome, moustique, pee-wee, bantam, midget, de six à seize ans à peu près. Je connais très bien cette histoire. Tout le monde connaît très bien cette histoire. C'est là que l'écriture commence: dans le rendre étranger des choses familières.

    On voit le numéro six apprendre à patiner dans le parc paroissial. On le voit dans les ligues organisées, on le voit dans une école de hockey, il travaille fort pour gagner une place parmi les meilleurs. On le voit au sein de l'équipe légendaire de la ville, il passe près d'un triomphe. On voit la rivalité entre membres de la même équipe pour une fille puis on voit le numéro six fréquenter celle qu'il appellera son Anglaise.

    On pourrait penser qu'il s'agit d'un récit de formation. Oui. Mais il s'agit surtout d'un récit de déformation. Sur le mode comique, le numéro six fait l'apprentissage de la vie; au bout, il en ressort défait. Telle est la leçon du numéro six.

  • Où il est dit comment un propriétaire Sauvage voulut mettre fin à l'habitude des passants de passer chez lui.

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