Hervé Leuwers

  • En restituant le parcours de Robespierre, de son enfance à son image chez les monarchistes, les républicains et les socialistes du premier XIXe siècle, l'ouvrage entend présenter la complexité d'une vie et de sa postérité. Il s'agit d'isoler les logiques de chaque étape d'un parcours, qui est loin d'être écrit par avance ; de s'interroger sur le rapide jaillissement d'une célébrité constrastée, d'où émergent les images de « l'Incorruptible » (1790), de la « colonne de la Révolution » (1793) et, après l'arrestation de Robespierre, le 9 thermidor an II (28 juillet 1794), celle du « tyran couronné » ; il s'agit encore de replacer cette existence dans son contexte culturel, et particulièrement dans une révolution du droit, inspirée par l'Antiquité et les Lumières.

  • Robespierre

    Hervé Leuwers

    • Fayard
    • 27 Août 2014

    Robespierre, c´est la Révolution, son souffle épique, et son soufre aussi. L´homme est chargé de tous les maux et couvert de tous les éloges avant même son élection au Comité de salut public, en juillet 1793. Aujourd´hui, beaucoup lui associent la Terreur et les massacres de Vendée ; d´autres soulignent son combat pour le suffrage universel, sa dénonciation de la peine de mort et de l´esclavage, sa défense d´un pays menacé, son rêve d´une république qui offre à tous une égale dignité. Comment dépasser ce paradoxe ?
    Hervé Leuwers s´est lancé sur les traces de l´enfant d´Arras devenu mythe, en véritable historien, bousculant les présupposés, analysant des sources jusqu´à aujourd´hui inédites, creusant les archives pour faire jaillir le portrait d´un juriste et homme de lettres, d´un orateur hors pair, d´un politique intransigeant et désintéressé. Un homme d´état, certes, comme la France en a peu connu dans son histoire, mais aussi une personnalité complexe, dérangeante, et pourtant souvent généreuse. Cette biographie de référence invite à redécouvrir un homme d´exception qui fascine dans le monde entier. Professeur à l´université Lille 3, Hervé Leuwers est spécialiste de la Révolution française et de la société judiciaire des xviie et xviiie siècles. Il a notamment publié Un juriste en politique : Merlin de Douai (APU, 1996), L´Invention du barreau français (Éd. de l´EHESS, 2006, prix Limantour) et La Révolution française et l´Empire (PUF, 2011).

  • Si Camille et Lucile Desmoulins n'apparaissent plus guère dans les manuels scolaires, ils restent bien vivants dans la mémoire collective. L'un est républicain avant la république, défenseur de la liberté de la presse et homme de lettres  ; l'autre est citoyenne et diariste. Tous deux ont cru en la Révolution, ont combattu pour la liberté et l'égalité politique, ont aimé, jusqu'à la mort. Lorsqu'ils montent sur l'échafaud, en 1794, Lucile a vingt-quatre ans, dix de moins que son mari.
    À l'issue d'une patiente exploration des sources, de la mise au jour de nombreux inédits, Hervé Leuwers brosse un attachant portrait de ce couple, dont l'exigence démocratique est parfois d'une étonnante actualité. Par une histoire sensible, attentive aux émotions et à la culture de la fin du xviiie siècle, l'historien redonne vie à deux enfants des Lumières qui, pour reprendre les mots de Camille Desmoulins, ont «  rêvé une république que tout le monde eût adorée  ».

  • De la question du « lien politique local » à celle de « l'intégration des citoyens dans la nation », la frontière est ténue ; la franchir, c'est modifier un angle et une distance d'approche, sans néanmoins quitter l'observation des acceptations et des refus de la République directoriale ; c'est tenter de comprendre, par des lectures politiques, économiques ou culturelles, les difficultés à unir des citoyens autour d'un projet républicain partagé en un temps où la guerre, les « réunions » et la constitution de républiques-soeurs transformaient le visage de la France et sa place en Europe, et avant que le 18-Brumaire, qui suscita maintes lectures et interprétations (J.-P. Bertaud) ne vienne transformer la donne politique.

  • Ce volume est l'aboutissement du colloque organisé à Arras en avril 1993 et auquel ont participé près de cinquante historiens de plusieurs pays. Il rassemble 35 contributions, les synthèses de trois jours de débats, le compte rendu d'une table ronde sur "la politique, la morale et le sacré". L'ouvrage concerne le lecteur soucieux de comprendre un personnage qui porte en lui la complexité de la Révolution française ; il sollicite aussi le citoyen qui s'interroge sur l'évolution de la démocratie et de la République.

  • On connaît l'importance de la référence au passé dans la définition de l'identité nobiliaire ; c'est un trait qui traverse l'épisode révolutionnaire et impérial, se maintient, voire se renforce chez la noblesse « réinventée ». Mais la recherche d'une identité dans l'histoire, au début du XIXe siècle, ne concerne pas les seuls héritiers de l'ancien deuxième ordre. Certes, lorsque les élites nouvelles n'en sont pas issues, elles accordent moins d'importance au lignage ou à la terre familiale, mais dans leur vie associative ou professionnelle, il n'est pas rare qu'elles tentent de rattacher leurs pratiques culturelles, leurs usages ou certaines de leurs valeurs à une tradition d'Ancien Régime qui paraît leur donner plus de poids et légitimer leur action. C'est cette dimension traditionnelle de la sociabilité des élites recomposées que ce colloque souhaite analyser, que la tradition soit revendiquée ou simplement assumée, qu'elle permette effectivement de revenir à des usages passés ou qu'elle participe d'abord d'un discours de légitimation.

  • Les Presses Universitaires de France et Frémeaux & Associés proposent cette biographie de Maximilien de Robespierre par Hervé Leuwers, spécialiste de la Révolution française, professeur à l'université de Lille. Monstre ou saint, despote ou martyr républicain ? Le nom de Robespierre résonne et fait trembler. Selon les époques et les convictions de ses biographes, Robespierre est érigé en monstre ou en mythe : anecdotes et témoignages sont instrumentalisés, voire inventés, pour démontrer ce que l'on pense de l'homme, mais aussi pour af rmer comment doit être jugée la Révolution. Hervé Leuwers retourne aux sources historiques pour présenter Robespierre, du jeune avocat d'Arras à la figure majeure de la Terreur, et faire découvrir le personnage qui, pour son intransigeance et sa détermination, est aussi appelé l'Incorruptible : "Citoyen, vouliez-vous une Révolution sans révolution ?"
    Claude COLOMBINI FRÉMEAUX

  • La structuration des activités juridiques et médicales en Europe depuis le xviiie siècle a été jusqu'ici trop peu étudiée de manière conjointe, sous l'angle de leur professionnalisation et de leur inscription territoriale. L'ouvrage résulte d'une collaboration pluridisciplinaire entre historiens, sociologues et juristes. Après avoir présenté la notion de professionnalisation, dans ses dimensions historiographique et sociologique, les contributions analysent les modalités, les rythmes et les limites de la structuration de métiers liés au droit, à la médecine et à l'ordre public dans l'aire continentale ouest-européenne marquée par la tradition romaine (France, Espagne, Italie, Belgique, Allemagne). De manière originale, les professions libérales au sens strict sont rapprochées d'autres métiers d'ordre public (juges, policiers, gardes champêtres...).

  • De toutes les années de la Révolution française, celles de la Terreur sont sans doute les plus complexes, tant la jeune république de l´an II doit se construire dans une période de divisions politiques, de tensions extrêmes, de guerre intérieure et extérieure.
    Paradoxalement, les années 1793-1794 se cristallisent pourtant en des images brutales et univoques : la Vendée militaire, la guillotine, les suspects, Robespierre... Le décalage dit son impact mémoriel, son actualité toujours vive.
    Pour comprendre les enjeux, les tensions et les contradictions de l´an II, une quinzaine de spécialistes livrent leurs analyses. Ensemble, ils brossent un tableau contrasté d´une Terreur qui ne ressemble pas toujours à celle que l´on imagine.

  • Si l'image publique de Danton est incontestablement moins polémique que celles de Marat ou de Robespierre, elle n'en est pas moins complexe, et souvent contradictoire. Homme corrompu pour certains, défenseur malheureux d'une sortie précoce de la Terreur pour d'autres, il est également présenté comme un exceptionnel orateur de l'ardeur nationale (« De l'audace... »). Beaucoup ont tenté de restituer le parcours de l'homme, de l'avocat aux Conseils à la figure emblématique du courant « indulgent ». Aucune étude, pourtant, n'a cherché à analyser les principaux aspects et moments de son existence, de manière à rendre l'homme dans toute sa complexité. C'est ce que proposent ces portraits « croisés » d'un révolutionnaire légendaire, surtout connu par l'image construite au fil du temps par les historiens, les romanciers et les hommes politiques.

  • Les 13 et 14 mai 1998, notre Faculté des Lettres et Sciences humaines a eu l'honneur et le plaisir d'accueillir la première des trois tables rondes organisées à l'initiative conjointe du CRHEN-O (Université de Lille 3), de l'IRED (Université de Rouen) et du CHRIV (Université de Valenciennes) sur le thème Du Directoire au Consulat : le lien politique local dans la Grande Nation. Cette première rencontre, à laquelle nos amis de l'Université catholique de Louvain et de l'Université libre de Bruxelles ont apporté leur actif concours, a pu réunir une bonne quarantaine de participants venus de diverses universités françaises, mais aussi belges et allemandes.À l'origine de ce projet, initié par notre collègue Jean-Pierre Jessenne en 1996, le constat que la période directoriale et consulaire, dont nous commémorons présentement le bicentenaire, continue d'être passablement délaissée, ou étudiée d'un point de vue restrictif, essentiellement constitutionnel, qui ne contribue assurément pas à restituer l'intérêt d'une transition historique, dont on a surtout souligné l'échec politique. Certes, en mai 1997, l'important colloque de Clermont-Ferrand, dont les actes ont été récemment publiés sous le titre La République directoriale est venu en partie redresser ou tout au moins nuancer cette image négative. Les organisateurs des tables rondes ont cependant jugé intéressant de revenir sur une période dont l'ambition proclamée était de « terminer la Révolution », à la lumière des actuelles recherches et réflexions sur le pouvoir local, « composante de la dynamique nationale » à l'époque concernée. Il s'agissait donc de « mettre l'accent sur les facteurs et les processus susceptibles de consolider ou au contraire de disloquer le lien social, politique ou culturel, dans le cadre des collectivités locales, [...] une attention particulière étant portée aux modes différenciés ou convergents selon lesquels se dessinent les évolutions régionales en fonction d'antécédents révolutionnaires différents » (Jean-Pierre Jessenne). L'optique était donc résolument comparative au niveau des régions de la France directoriale et consulaire, c'est-à-dire, non seulement l'ancien royaume dans toute sa diversité, du Nord ou du bassin parisien globalement conformistes, aux provinces d'anti-révolution, voire de contre-révolution comme dans l'Ouest ou le Midi, mais aussi les territoires récemment annexés (Genève, Belgique, rive gauche du Rhin) ou vassalisés (Républiques-soeurs batave et italiennes).

  • Que l´Empire napoléonien fut un temps marquant de l´histoire de l´Europe est une évidence admise. Sa nature, ses suites, et particulièrement son héritage européen, sont en revanche sujet à débat : l´Empire reste-t-il une première expérience de construction européenne ? Ou n´est-ce qu´une expérience de domination politique et militaire ? Dès le XIXe siècle, le débat se lit jusque dans les gravures et tableaux. D´un côté, l´empereur donne des lois communes aux nations de l´Europe (couverture) ; de l´autre, l´aigle impérial emporte dans ses serres un empereur pantin, au-dessus d´une Europe émiettée (page 4). Visions certainement trop univoques pour une histoire en recherche.
    Cet ouvrage propose de revenir à l´expérience impériale elle-même, dans sa dimension européenne. En une trentaine de contributions portant sur différents territoires, il interroge à la fois les conceptions de l´Europe formulées dans l´entourage napoléonien ou par le tsar d´Alexandre Ier et les pratiques concrètes des administrateurs, des militaires ou des populations, dans des domaines comme les langues, la monnaie, la guerre, la justice, etc.
    Le parcours invite à un diagnostic nuancé, à inscrire dans une histoire de l´Europe qui doit faire davantage place à la vie de ses peuples.

  • Comment les Français et les Conventionnels sont-ils « devenus républicains » au cours des semaines qui suivent le 21 septembre 1792 ? N´ayant jamais été formellement proclamée, la Première République est-elle un choix par défaut, l´aboutissement d´une maturation née des spécificités du processus révolutionnaire depuis la déclaration des droits de l´homme et du citoyen de 1789, l´ambition d´un dépassement des expériences républicaines antérieures ? Comment les massacres de septembre, le contexte international, la guerre, les relations diplomatiques, l´immigration politique jouent-ils dans le moment électoral, dans la mise en place et la reconnaissance du nouveau régime ? Comment les corps constitués, les groupes d´influence - et au premier rang l´Église - accueillent-ils celui-ci ? Une Assemblée qui ne comprend qu´une moitié de ses membres a-t-elle la légitimité suffisante pour engager le pays entier dans un autre système politique ?Telles sont quelques-unes des principales questions auxquelles cet ouvrage, fondé sur les recherches les plus récentes menées par des historiens et des juristes français et étrangers, tente de répondre. Si, 220 ans après sa fondation, actualisation et consolidation du pacte républicain sont toujours à l´ordre du jour, l´étude de sa naissance, la compréhension des enjeux politiques, sociaux et culturels qui y ont présidé, demeurent une des conditions de son renforcement.Michel Biard, Professeur à l´Université de Rouen.Philippe Bourdin, Professeur à l´Université Clermont 2.Hervé Leuwers, Professeur à l´Université Lille 3.Pierre Serna, Professeur à l´Université Paris I.

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