Helga-Jane Scarwell

  • L'observation et l'analyse rapide d'un certain nombre d'arguments récurrents relatifs au développement des biocarburants, posent toutefois la question de leur pertinence au regard des enjeux d'un développement durable et de leur capacité réelle à faire évoluer en profondeur les politiques publiques. Á travers le prisme des biocarburants, petit chaînon d'une politique publique plus globale, nous percevons qu'il conviendrait d'élargir le débat afin de promouvoir une politique plus large prenant en compte toute la complexité de la problématique sous jacente. Toutes les solutions techniques évoquées en vue de l'adaptation au changement climatique ou au nouveau contexte énergétique ne trouvent leur justification que dans une économie de la sobriété. Ne vaut-il pas mieux commencer par faire de sérieuses économies d'énergie pour s'affranchir du pétrole que de tout miser sur un « pétrole vert » qui sera justement d'autant plus intéressant en proportion de la consommation que cette dernière aura commencé par sérieusement baisser avant ? Par ailleurs, les questions environnementales appellent des réponses globales et non pas des réponses partielles qui sont prisonnières de la promotion d'un seul type d'acteurs. L'avenir de la planète concerne de nombreux acteurs situés à différentes échelles d'intervention ; ils doivent essayer de construire des politiques cohérentes même si l'absence d'une gouvernance mondiale se fait cruellement sentir. L'essentiel étant de ne pas faire la promotion d'une solution qui transfère les problèmes vers d'autres domaines. Ainsi les économies d'énergie domestiques, au moment des crises pétrolières, se sont souvent traduites par une détérioration de la qualité de l'air intérieur puisque la ventilation avait été négligée. Les biocarburants ne pourront jamais totalement se substituer aux énergies fossiles ; leur développement, sans négliger les innovations technologiques indispensables, est donc assujetti à une économie de la sobriété dont seuls les individus et les collectivités locales détiennent les clés.

  • La notion d'environnement est centrale en géographie. Elle ne désigne pas la seule nature, n'est pas synonyme de géographie physique ou d'écologie, mais englobe l'ensemble des relations d'interdépendances entre l'homme, les sociétés et les composantes physiques de la nature. Cet ouvrage présente la manière dont la géographie traite de l'environnement, en s'inscrivant dans les territoires et en prenant en compte les acteurs : quelles sont les relations entre le système naturel et les sociétés ? Comment évaluer l'état de l'environnement et la pression sur l'environnement ? Comment gérer l'environnement au travers de choix d'aménagement ? Un manuel assorti de nombreux exemples empruntés aux pays émergents, développés ou en développement, et d'étude de cas à la fin de chaque chapitre.

  • L'irruption de la planète dans notre vision du monde fait voler en éclat cloisons et certitudes tout en imposant sa finitude. Les phénomènes climatiques paroxysmiques entrent en résonnance avec l'alerte construite par les scientifiques du monde entier sur le changement climatique. L'illusion d'un monde technique et complètement artificialisé a fait long feu, la planète s'impose au rendez-vous des citoyens alors qu'elle avait été oubliée, gaspillée, exploitée pendant le temps de l'industrialisation du monde occidental. Cette rencontre ne se fait pas sans heurts mais pas non plus dans le malheur comme la vision médiatique du changement climatique voudrait, trop souvent, le faire croire. C'est tout le paradoxe de cette nouvelle vision du monde condamnée à faire plus et mieux avec sobriété.

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