Hélène Velasco-Graciet

  • Lorsqu'on songe aux tropiques, diverses images émergent oscillant la plupart du temps, pour les occidentaux, entre le mythe d'un paradis lointain et la réalité d'une pauvreté incommensurable. Dans ce balancement générant des sentiments mêlés et, souvent, une rhétorique paradoxale, la question de la réalité des tropiques ne se pose pas Les tropiques, dans le sens commun, apparaissent comme un contenant géographique stable mais aux contenus ambigus Cependant la réalité géographique des tropiques ne va pas de soi et ne possède aucune réalité naturelle ; elle fut inventée peu à peu. Cette invention fut en grande partie le fait des scientifiques qui, baignant dans des contextes idéologiques spécifiques à chaque période de l'histoire, ont participé à son émergence et à son développement lis ont contribué par ce fait au grand partage entre l'Ici et I'Ailleurs, entre le Nous et les Autres C'est au prisme de la culture de leurs origines que ces derniers ont mis en place les grandes catégories d'espaces dont les tropiques sont un exemple Entrant dans le sens commun, les tropiques ont alors semblé relever de la nature. Mais, cette naturalisation et les fondements scientifiques sur lesquels elle s'est appuyée, firent, à partir des années 1980, grand bruit dans la communauté des géographes français. Le questionnement n'était et n'est toujours pas de savoir si les tropiques existent ou non, mais plutôt de comprendre les ressorts de leur invention. La révolution des tropiques a bien eu lieu et invite aujourd'hui à parler de tropicalisme comme on parle ailleurs d'orientalisme. Cet ouvrage est le résultat d'une interrogation née il y maintenant presque trente ans, une interrogation a ré-émergé ces dernières années, années de trouble et de doute remettant en question les paradigmes hérités de la modernité vieillissante Plusieurs géographes se sont pliés à l'exercice stimulant consistant à repenser les tropiques. Cet ouvrage, tout comme le prochain consacré à la géographie du développement, est aussi un des fruits de la collaboration entre deux géographes de l'Université de Bordeaux et chercheurs au Laboratoire ADES, C. Bouquet et H Velasco-Graciet.

  • Cet ouvrage propose les premiers jalons d'une grille de lecture des mutations territoriales contemporaines qui bouleversent l'ordre et la hiérarchie territoriale de la première modernité. Si la mondialisation se manifeste par l'émergence de nouveaux territoires, ces derniers possèdent des caractéristiques inusuelles au regard des territoires séculaires et de l'ordre qui les instituait. Leurs limites sont floues, leur contenu est souvent fluide et peut ne .se référer qu'à un type de valeur, leur degré d'institutionnalisation peut être faible. De plus, leur validité d'exercice se fonde sur un nouveau rapport au temps. Hélène Velasco-Graciet propose de considérer que les territoires, anciens ou émergents, sont aujourd'hui tributaires des temporalités et des mobilités des individus contemporains alors que les territoires de la première modernité avaient, jusqu'à il y a peu, la force de l'institution qui les avait fait naître, et la légitimité du temps long. Le rapport des individus au monde semble, aujourd'hui, déterminé par un nouvel imaginaire géographique selon lequel l'expérience territoriale multiple devient la règle à atteindre. L'auteur interroge cette complexité territoriale à travers l'analyse de la « nouvelle planète des vins » qui apparaît exemplaire des recompositions territoriales contemporaines.

  • Née de l'esprit des hommes et de leur volonté de catégoriser le monde pour mieux le comprendre et le contrôler, la frontière inspire toutes les représentations liées à la contrainte, à la protection, au rêve ou à la transgression. Ces contributions montrent en quoi les frontières peuvent être mouvantes, étudient ces frontières impossibles à dessiner, soit parce qu'elles n'existent que dans les esprits soit par ce qu'elles n'existent pas dans les esprits. Ce volume fait suite à Tropismes des frontières.

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