Gino Gramaccia

  • Le langage n'a pas pour fonction exclusive de représenter la pensée ou la réalité. Il permet aussi d'accomplir des actes d'une certain type : ordonner, avertir, promettre, autoriser, menacer etc, qualifiés d'actes de langage. Employés dans des conditions spécifiques, ces actes de langage suffiraient à organiser le travail d'une équipe, monter et lancer un projet. Donnant priorité au lien communicationnel la théorie des actes de langage aura à propos des organisations contemporaines un domaine d'application privilégié.

  • La restauration du lien social, dans une société fragilisée par le poids du chômage et de la nouvelle organisation du travail, mobilise aujourd'hui un nombre croissant d'associations, d'institutions territoriales, d'acteurs publics et politiques, d'entreprises, de chercheurs, de consultants, autour d'une idée centrale : redonner voix aux « sans-voix », aux exclus du travail, aux salariés précaires... Les solutions à l'oeuvre s'appuient sur un principe simple : veiller, pour les professionnels de la médiation et de l'insertion, à créer des lieux de parole, de reconstruction de soi, des parcours d'apprentissage à l'autonomie. Des parcours escortés, certes, mais sur lesquels le précaire est mis en situation d'être écouté, d'être entendu, d'être reconnu.
    Cet ouvrage s'inscrit dans une logique exploratoire des conditions d'une recherche plus ample, résolument transdisciplinaire, susceptible de répondre à un défi à la fois scientifique et institutionnel très ambitieux:
    - Constituer un réseau de chercheurs au sein des universités bordelaises aux plans régional, national et international, sur le thème de l'innovation sociale dans le domaine de l'insertion de la réinsertion.
    - Explorer et évaluer les modèles de formation et d'entreprises susceptibles d'encourager une insertion durable dans le monde du travail.
    - Développer un réseau d'ingénierie rapprochant et fécondant les relations entre innovation sociale et innovation technologique, notamment dans les usages du numérique.

  • Comment le management et la communication appréhendent-ils les profondes mutations sociales, économiques, technologiques, fonctionnelles et culturelles qui affectent les activités humaines et les structures qui les abritent ? Quels savoirs et quelles compétences mobilisent-ils face à ces changements ? Font-ils l'objet d'échanges, d'emprunts, de réinterprétations ? Témoignent-ils de convergences ou de contradictions ? Comment sont mises en récit leurs éventuelles rencontres et pour quels effets individuels et collectifs ?

  • Si les organisations sont des lieux de réalisation de projets qui fonctionnent grâce à la coopération de ses employés, elles n'en restent pas moins des espaces de domination. Les auteurs étudient cette réalité dans le management par projet pour donner au lecteur les moyens de penser le développement d'une organisation.

  • L'ambition de cet ouvrage est de mettre au jour et d'analyser les formes multiples de cette culture du temps court qui gagne les sphères publique, politique, managériale, artistique... Son approche originale impose un premier constat. Si la précarité tend à apparaître comme un fait social total qui impacte à toutes les échelles et sous de multiples formes l'ensemble des pratiques sociales, l'approche communicationnelle révèle une face inédite de la précarité, celle de l'expérience sensible et collective, plurielle et paradoxale. Ce voyage au coeur de la précarité nous donne à voir de l'intérieur une dynamique sociale qui se comprend et s'analyse à travers des processus de mise en relation des êtres, des instruments, des techniques et des pouvoirs. La précarité est ici présentée du point de vue des sciences de la communication selon deux axes en étroite interaction : les figures de la précarité et la critique de la précarité.

empty