Ginette Raimbault

  • « On a longtemps dit que j'étais réservée, voire "muette comme une tombe". En fait, il ne s'agissait ni de froideur ni d'indifférence. J'étais en deuil. Et je ressentais comme une nécessité d'habiter un monde lisse, impersonnel et protecteur vis-à-vis, non pas de la mort, mais de la séparation qu'elle inflige avec la disparition de l'autre. » Ginette Raimbault a consacré sa vie aux questions du deuil et de la mort. Ce n'est pas un hasard. Dans ce livre limpide, émouvant, probablement l'un des plus personnels qu'elle ait écrits, elle donne la parole aux endeuillés et explore le « cataclysme intérieur » provoqué par la mort de l'être aimé.

  • Les indomptables

    Ginette Raimbault

    Sissi impératrice d'Autriche, l'Antigone de Sophocle, Simone Weil la philosophe et sainte Catherine de Sienne : quoi de commun entre ces femmes ? D'avoir refusé obstinément de se nourrir, de s'être tenues indomptables, au bord de la mort. À travers leurs portraits, une interrogation fondamentale sur ce que l'on nomme aujourd'hui l'anorexie. Ginette Raimbault est psychanalyste et directeur de recherche à l'Inserm. Elle a notamment publié L'Enfant et la mort et Clinique du réel. Caroline Eliacheff, psychanalyste et pédopsychiatre, est l'auteur de À corps et à cris.

  • Rien, dans l'expérience que rapporte ici Ginette Raimbault, ne voile les difficultés. La psychanalyste en service hospitalier de pédiatrie a affaire à des médecins pris, malgré eux, dans l'image de leur pouvoir et qui ne font appel à elle qu'au moment où l'efficacité de leur pratique rencontre ses limites : attendant d'elle un surplus de savoir qui est précisément ce qu'elle ne peut leur donner. Son rôle étant, à l'inverse, de les amener à reconnaître le sujet, aussi bien dans le petit malade et sa famille, qu'en eux-mêmes. Par ailleurs, il est essentiellement question ici de cas désespérés : enfants qui ne grandiront pas, enfants que l'on ne peut faire survivre que par des soins qui sont autant de violences, enfants même que l'on sait déjà condamnés ; le rôle de l'analyste est d'amener les soignants à reconnaître qu'il y a un désir jusqu'en ces corps-là et qu'il faut leur parler, amener les parents à mettre au clair ce qu'il y a en eux, depuis le début d'une telle situation, de culpabilité et parfois de voeux de mort. Un voeu de mort, tel qu'il arrive aussi qu'une situation médicale, en apparence désespérée, se résolve dès l'instant où l'enfant est délivré d'une famille où il occupait une autre place que celle de sujet vivant ; c'est le cas, en particulier, de certaines anorexiques pour lesquelles Ginette Raimbault élucide de façon remarquable la structure familiale qui les a conduites à ce choix-là. Beaucoup des drames qui sont exposés ici, la plupart d'entre nous ne veut les connaître. La leçon de Ginette Raimbault, c'est que quelque chose peut être fait pour qu'advienne du sujet, là, malgré tout.

  • Sur une période de cinq ans, deux analystes ont enregistré des consultations de pédiatrie dans un service hospitalier de pointe. Du matériel ainsi recueilli, ce livre présente cinq observations dont la plupart s'échelonnent sur une longue durée, l'enfant et sa famille venant consulter régulièrement la même équipe de médecins spécialisés dans le traitement des maladies héréditaires. Les analystes présentes aux consultations n'y intervenaient pas, leur rôle se limitant à la stricte observation et à l'enregistrement. Le travail d'analyse a donc été pour l'essentiel un travail d'analyse de textes par des lectures à deux, répétées. Au fil de la lecture de ces textes enregistrés et retranscrits, ont surgi d'autres trames, non manifestes à la première écoute. Ainsi est apparu au-delà du dialogue conscient un ordre d'échanges subjectifs entre la mère, l'enfant et le médecin. Là, réside tout l'intérêt de cet ouvrage : il permet de démontrer combien la collaboration médecin/psychanalyste peut être féconde. Dans l'écart croissant entre le savoir médical et l'être souffrant, la psychanalyse peut contribuer à ce que le patient ne soit plus seulement considéré comme objet de soin, mais aussi comme une personne.

  • En 1996, Nicole Bru crée un foyer pour aider les jeunes filles qui ont été abusées sexuellement. Elles ont entre 7 à 18 ans. La plupart d'entre elles vivent des relations troublées avec leur famille, ont une tendance à se mettre en danger et des repères bouleversés entre l'enfance et le monde adulte. Ginette Raimbault, Patrick Ayoun et Luc Massardier, qui travaillent dans ce centre, ont trouvé comment les aider à cicatriser leurs blessures. Ils s'interrogent sur la nature du traumatisme qu'est l'inceste, sur ses différentes formes et ce qu'il révèle des familles concernées. Dans ce livre, ils proposent surtout une réflexion en profondeur sur ce que doit être aujourd'hui la meilleure façon de réparer l'inceste, sur les conditions qui permettent à ces jeunes filles de se reconstruire. Ginette Rimbault, pédopsychiatre, psychanalyste, a été directeur de recherche à l'Inserm et a consacré sa vie aux troubles psychoaffectifs des enfants. Patrick Ayoun est pédopsychiatre, psychanalyste, chef du département intersectoriel de psychiatrie de l'adolescent à l'hôpital Charles-Perrens de Bordeaux. Luc Massardier est psychiatre, praticien hospitalier à l'hôpital Sainte-Anne à Paris et consultant en milieu pénitentiaire.

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