Sciences humaines & sociales

  • «Ce que personne ne sait et qui ne laisse pas de trace n'existe pas » expliquait Italo Svevo. Si chez certains le temps suffit pour qu'un événement tombe dans l'oubli et qu'on vienne à penser qu'il n'a jamais existé. Pour d'autres, au contraire, le souvenir est resté vivace, entretenu par un groupe ou une communauté d'individus, souvent organisés en associations, et prêts à tout pour faire connaître et reconnaître un massacre, un attentat, un génocide, une catastrophe naturelle... Confrontés les uns aux autres, ces souvenirs suscitent parfois une compétition malheureuse, parfois volontaire, souvent inconsciente, qui s'alimente d'un univers sur-médiatisé où les images récentes et plus anciennes se multiplient et se télescopent. La concurrence des mémoires défie les imaginaires nationaux et remet en question le droit des États à dicter ce qui leur semble bon pour la Nation. Souvent considérée comme un effet secondaire lié à des problèmes plus fondamentaux, la concurrence mémorielle est en réalité un enjeu structurant et déterminant pour la cohésion sociale de nos sociétés.

  • L'école reste marquée par le temps, les époques, les générations, les guerres, les crises politiques et sociétales, les controverses, les polémiques. Jamais, cette institution n'a épargné ses acteurs. C'est en substance ce que relève le présent ouvrage en insistant sur l'importance d'étudier l'école dans une perspective de science politique. 
    Deux fils rouges sont ainsi privilégiés. Le premier porte sur le fait que l'école est marquée par cette double rencontre entre socialisation et polémiques multiples présentes, passées et futures. Le second comprend l'école comme une arène publique au sein de laquelle ce phénomène de politisation est toujours parvenu à se manifester, que ce soit dans les livres d'histoire ou dans le choix des événements à étudier ou non. 
    C'est précisément la manière dont l'école apporte sa pierre à l'édifice de l'étude du lien social qui est au coeur de cet ouvrage. Quelle est la contribution de l'école dans la façon de concevoir le vivre ensemble au sein d'une société placée sous l'autorité d'un système politique ? Pour y répondre, les auteurs montrent que l'école peut être entendue comme une arène où se rencontrent de multiples acteurs, comme un lieu de confrontation et aussi comme un lieu de socialisation. Une dimension internationale est ici privilégiée en prenant appui sur des cas français, belges, canadiens, américains, espagnols ou encore libanais. 
    Geoffrey Grandjean, docteur en sciences politiques et sociales, est chercheur au Département de science politique de l'Université de Liège. 
    Grégory Piet, boursier de doctorat ARC en sciences politiques et sociales, est attaché au groupe de recherche ARC-Fructis de l'Université de Liège (ULg) et au Spiral - Gouvernance et société, Département de science politique (ULg).

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