Gaudet Gerald

  • Avec ces méditations qui sont des « promenades accompagnées », selon une belle expression de Robert Lalonde, l'essayiste sait aussi, d'expérience et par ses lectures, ne plus être seul. Il formerait avec les siens, selon un mot de Jan Patocka retenu par Étienne Beaulieu dans L'âme littéraire, la « communauté des ébranlés ». Au lieu d'être le seul « penseur de soi-même par l'entremise de la culture », il devient « un penseur de la culture s'étant égaré lui-même ».

  • Elle avait dit : « Il faut protéger les circuits du coeur et de l'intelligence qui nourrissent la folie du non-réel en nous. La littérature en dépend tout autant que le plaisir d'exister. » C'est ce à quoi Gérald Gaudet a toujours tenu en recevant les écrivains dans l'entretien.

    Lire, c'est comme aimer, nous y mettons du sens. Nous tenons à ce qu'il y en ait. Et c'est parce que l'oeuvre de Nicole Brossard donne ultimement des raisons de vivre, de vivre avec les livres, avec la pensée qui vient des livres, avec celle qui comme l'émotion vient des mots, qu'on sait cette oeuvre nécessaire - pour soi et pour les autres.

  • En recueillant dans ces entretiens les propos de quelques grandes voix de notre littérature, Gérald Gaudet effectue un travail essentiel de mémoire vivante. Il accueille par sa générosité sans complaisance les paroles les plus vives, celles qui mènent au coeur de notre nuit humaine, celles qui laissent parler la fureur de vivre et d'écrire, celles qui, en un mot, nous tiennent en éveil, en attente d'une lumière qui, on l'espère, nous permettra d'enfin mieux habiter le monde.

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