Langue française

  • Sylvie

    Gérard de Nerval

    Voulant fuir Adrienne, belle actrice parisienne, et avec elle le monde illusoire du théâtre, le narrateur, qui n'est autre que Nerval, se tourne vers Sylvie, jeune campagnarde qu'il a jadis aimée. Mais le rêve fait place au désenchantement : le retour à la nature, celle de l'enfance dans le Valois, n'est qu'un mythe, et le grand amour de jeunesse se révèle être uen décevante paysanne. Et si ces deux femmes n'en formaient qu'une, 'deux moitiés d'un seul amour'?
    Le récit progresse selon la logique d'une traversée de la mémoire : l'auteur met en scène des souvenirs personnels ('à demi rêvés') et littéraires ; il témoigne d'une véritable érudition tout en faisant l'éloge de la culture populaire. La mémoire collective est pour lui assez vaste pour accueillir la réalité la plus ordinaire comme les mystères les plus sublimes.
    Avec cette nouvelle des Filles du feu, Nerval dit adieu aux chimères de la jeunesse et de l'amour idéal. Ce récit poétique, entre romantisme et surréalisme, est déjà une recherche du temps perdu.

  • Même en dehors de Sylvie, il y a chez Nerval une infusion omniprésente du souvenir, une chanson du temps passé qui s´envole et qui se dévide à partir des rappels même les plus ténus de naguère comme de jadis, et que je ne vois à aucun autre écrivain. Ce n´est pas une résurrection quasi hallucinatoire du passé, comme il arrive aux meilleurs moments de Proust, tout proches parfois de l´illusion de la fausse reconnaissance, c´est plutôt, évoqué dans sa prose par quelque sortilège, le contact d´aveugle qu´on éprouve en retrou-vant la maison et le jardin de son enfance. Comme si ce monde révolu était le seul endroit où, instinctivement, infailliblement Nerval s´y retrouve, et nous en convainc immédiatement. Julien Gracq. Un tel monde révolu est ce qui définit au plus près les oeuvres ici réunies où se retrouvent à la fois le « rêveur en prose » et le poète des Odelettes et des Chimères. Les Petits châteaux de Bohême recomposent les âges de Nerval ; les Promenades et Souvenirs ne séparent pas le passé des lieux que l´écrivain traversa. Quant aux Filles du Feu, c´est sous le titre Amours perdues qu´il songea un moment à les publier. Comme souvent chez Nerval, ces différentes oeuvres ne cessent pas d´être une quête. Présentation et notes par Michel Brix. Ce volume contient : Petits châteaux de Bohême - Les Filles du Feu : Angélique / Sylvie / Jemmy Octavie / Isis / Corilla / Emilie - Les Chimères - Promenades et Souvenirs.

  • Janvier 1854 : en faisant paraître Les Filles du feu, recueil de nouvelles suivi de douze sonnets rassemblés sous le titre Chimères, Nerval, par-delà les crises de folie et la maladie, prouve au monde que son génie reste intact. Abolissant les frontières entre ici et ailleurs, entre autrefois et aujourd'hui, entre autobiographie et songe, ces textes ont fasciné les plus grands auteurs du siècle suivant, de Proust à Yves Bonnefoy, en passant par André Breton ou encore Julien Gracq, qui écrivait : «Il y a chez Nerval une infusion omniprésente du souvenir, une chanson du temps passé qui s'envole et se dévide à partir des rappels même les plus ténus de naguère comme de jadis, et que je ne vois à aucun autre écrivain.»

  • Un récit d'aventures précis et poétique. Quand Nerval arrive à Constantinople, au terme d'un long périple, le sultan Abdül-Medjid, qui règne depuis 1839 sur les restes de l'Empire ottoman, vient de promulguer les réformes institutionnelles qui vont transformer et moderniser le pays en profondeur. Sensible à cette réalité méconnue des Européens, le poète a fait de son ouvrage, aussi puissamment mélancolique que lumineux, un modèle inégalé du récit d'aventures. Fidèle compagnon de voyage, curieux et bienveillant, il se glisse en notre âme comme un aiguillon à la curiosité. « A Constantinople, j'ai compris la grandeur de cette tolérance universelle qu'exercent aujourd'hui les Turcs. » EXTRAIT J'ai été fort touché à Constantinople en voyant de bons derviches assister à la messe. La parole de Dieu leur paraissait bonne dans toutes les langues. Du reste, ils n'obligent personne à tourner comme un volant au son des flûtes, ce qui pour eux-mêmes est la plus sublime façon d'honorer le ciel. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE « Ville étrange que Constantinople ! Splendeur et misères, larmes et joies; l'arbitraire plus qu'ailleurs, et aussi plus de liberté sont les premiers mots de Gérard de Nerval pour décrire une ville paradoxale où les opposés apparemment incompatibles se côtoient. (...) Constantinople est l'une des parties du livre Voyage en Orient publié en 1851. Aujourd'hui rééditée aux Editions Magellan et Cie, cette partie est une magnifique lecture de voyage pour flâner, imaginer et s'étonner dans une Istanbul d'un autre siècle et y découvrir ses moeurs sociales. Les intentions de Gérard de Nerval sont explicites : Je n'ai pas entrepris de peindre Constantinople; ses palais, ses mosquées, ses bains et ses rivages ont été tant de fois décrits : j'ai voulu seulement donner l'idée d'une promenade à travers ses rues et ses places à l'époque des principales fêtes. » (Florence Tapiau,Le Petit Journal, média des francophones à l'étranger) A PROPOS DE LA COLLECTION Heureux qui comme... est une collection phare pour les Editions Magellan, avec 10 000 exemplaires vendus chaque année. Publiée en partenariat avec le magazine Géo depuis 2004, elle compte aujourd'hui 92 titres disponibles, et pour bon nombre d'entre eux une deuxième, troisième ou quatrième édition. A PROPOS DE L'AUTEUR Gérard de Nerval, écrivain et poète français, est né en 1808 à Paris et décédé en 1855. Figure majeure du courant romantique, il est connu pour ses poèmes et ses nouvelles. Constantinople est l'une des parties de son Voyage en Orient publié en 1851.

  • Une dame que j'avais aimée longtemps et que j'appellerai du nom d'Aurélia, était perdue pour moi. Peu importent les circonstances de cet événement qui devait avoir une si grande influence sur ma vie. Chacun peut chercher dans ses souvenirs l'émotion la plus navrante, le coup le plus terrible frappé sur l'âme par le destin ; il faut alors se résoudre à mourir ou à vivre : - je dirai plus tard pourquoi je n'ai pas choisi la mort. " A la différence du narrateur, Nerval choisit la mort un jour de janvier 1855, laissant Aurélia inachevé. Le récit, qui ne dissocie pas le rêve et la vie mais au contraire les réunit - c'est son sous-titre -, affirme la quête de l'unité perdue par un Je qui raconte et commente tour à tour l'expérience qu'il entend dépasser dans une harmonie retrouvée.
    Présentation et notes par Michel Brix.
    Texte intégral. "

  • Sylvie

    Nerval Gerard

    « Si un écrivain a cherché à éclairer les lois profondes presque insaisissables de l'âme humaine, c'est Gérard de Nerval dans Sylvie. Cette histoire qu'on a qualifiée de peinture naïve, c'est le rêve d'un rêve. Gérard essaie de se souvenir d'une femme qu'il aimait en même temps qu'une autre. En évoquant ce temps dans un tableau de rêve, il est pris du désir de partir. Il arrive... dans un pays qui est plutôt pour lui un passé et ce qu'il voit alors, pour ainsi dire détaché par une nuit d'insomnie, est entremêlé si étroitement aux souvenirs qu'on est obligé à tout moment de tourner les pages qui précèdent pour voir où on se trouve... présent ou rappel du passé.
    La couleur de Sylvie est une couleur pourpre d'un rose pourpre en velours pourpre ou violacé, et nullement les tons aquarellés d'une France modérée. Gérard a trouvé le moyen de donner à son tableau les couleurs de son rêve. » Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve.

    Edition de Marie-France Azéma. 

  • Goethe, Schiller, Heine, Klopstock, Jean-Paul et quelques autres ont tous été traduits en français, au siècle dernier, par Gérard de Nerval. Ces textes légendaires étaient devenus introuvables... Pour la première fois, les voici réunis dans leur intégralité.

  • Universellement réputée pour ses thermes bienfaisants, Baden-Baden distille un romantisme et un raffinement uniques. Les têtes couronnées de toute l'Europe venaient au XIXe siècle s'y étourdir de musiques et de fêtes, de jeux et de fleurs. Ils en firent leur capitale d'été à l'ombre de la Forêt-Noire.
    Deux grands écrivains, Gérard de Nerval et Jean-Paul Klée, vous entraîneront à mots émus au coeur de cette oasis hors du temps. Baden-Baden n'est-elle pas restée cette ville-théâtre qui, à l'image de ses pâtisseries, a l'air trop belle pour être vraie ?
    Si l'envie vous prenait d'aller y badiner, notre sélection d'adresses et d'attractions donnera à votre séjour une saveur incomparable.

    [Le génie de Nerval, grand amoureux de l'Allemagne, nous fait découvrir Baden-Baden en 1838, au début de son âge d'or : une vraie découverte puisque ce texte n'avait jamais paru dans la version présentée ici. Jean-Paul Klée, né en 1943 à Strasbourg, emboîte le pas à Nerval pour nous promener avec ravissement dans le Baden d'aujourd'hui. Olivier Larizza, qui préface ce volume, y a concocté des notices irremplaçables pour qui veut en savoir plus sur cette perle de la Forêt-Noire et en faire une visite inoubliable.]

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