République des Lettres

  • Sa folie n'Žtait jusque-lˆ qu'une espce de logique ; il n'y avait eu d'aberration que dans ses imprudences. Mais s'il ne fut citŽ devant le tribunal qu'un visionnaire nommŽ Raoul Spifame, le Spifame qui sortit de l'audience Žtait un vŽritable fou, un des plus Žlastiques cerveaux que rŽclamassent les cabanons de l'h™pital...

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Gérard de Nerval. Lorsque le futur auteur des "Filles du feu" décide en 1842 de partir pour l'Orient, c'est en partie pour se fuir lui-même, ou pour se retrouver, ayant conscience qu'il est sur le point de perdre cet équilibre si instable qui fait de lui un fou terriblement lucide. Le 1er janvier 1843, il s'embarque à Marseille. Le voilà en Grèce, prêt à tout admirer, puis en Égypte. Il séjourne longuement au Caire, dont il rapporte plusieurs chapitres de notes aussi solidement documentées que hautement poétiques. La Syrie, la Turquie, le Liban, où il étudie en profondeur la vie et les moeurs des peuples de la région. Partout, il n'est jamais simplement un touriste, mais aussi un poète et un explorateur. Dans le chapitre des "Nuits du Ramazan", il nous donne de vives images des bazars et des théâtres d'Istanbul, recueillant ensuite de la bouche d'un conteur fameux la merveilleuse histoire de Soliman et de la Reine du Matin. Relatant son voyage qui dura près d'une année, Gérard de Nerval n'a pas les préjugés ni la soif de pittoresque de ses compatriotes, Chateaubriand, Flaubert ou Lamartine. Il est un conteur désintéressé, sensible à la beauté des choses et participant pleinement à la vie orientale sans pour autant perdre son esprit si aigu d'analyse. Sous sa forme très libre, le "Voyage en Orient" est l'une de ses plus belles oeuvres en prose.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Gérard de Nerval. Publié en 1854, quelques mois avant son suicide, alors que Gérard de Nerval était interné dans la maison de santé du Dr Blanche pour soigner ses crises de folie, le recueil "Les Filles du feu" est composé d'une longue dédicace à son ami Alexandre Dumas, de huit nouvelles: "Angélique", "Sylvie", "Jemmy", "Octavie", "Emilie", d'une comédie: "Corilla", de deux études, l'une sur les mystères et les religions antiques: "Isis", l'autre sur les "Chansons et légendes du Valois", et des huit fascinants et envoûtants sonnets des "Chimères". Entre descente aux enfers et vita nova, hanté par le souvenir de son amour perdu pour l'actrice Jenny Colon qui apparaît ici sous plusieurs noms (Octavie, Angélique, Sylvie,...), Nerval confronte ici son génie littéraire à ce qu'il appelle lui-même sa "théomanie", tentant de reconquérir sur la confusion du songe et de la maladie mentale le monde des images poétiques et ésotériques qui forment son mythe personnel. Au-delà des innombrables commentaires qu'a suscité ce chef-d'oeuvre, "Les Filles du feu" continuent toujours d'interroger le lecteur.


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