Francois Guillaumont

  • Les Romains vivaient dans un monde peuplé de signes de la volonté des dieux. Savoir lire ces signes, par le biais de la divination, permettait aux hommes de s'assurer le succès de leurs entreprises. L'objet de ce recueil est de compléter par une approche lexicale les nombreuses publications déjà consacrées à ce domaine de la religion antique, afin de mieux définir les croyances et les pratiques divinatoires des Romains.

  • Dans les lettres que nous a léguées l'Antiquité gréco-romaine comme dans les correspondances plus récentes, l'histoire est présente sous différents aspects, liés à l'ambiguïté du mot « histoire », qui désigne la connaissance du passé humain aussi bien que ce passé lui-même. La présence de l'histoire dans l'épistolaire est donc celle des historiens et du genre historique, mais aussi celle des événements : événements du passé, qui constituent une source inépuisable d'exempla ; événements contemporains, dont l'épistolier se fait, volontairement ou non, le témoin. Cette présence est étudiée ici, selon des approches diverses, mais souvent convergentes, chez plus de vingt auteurs, surtout grecs et latins, avec des prolongements médiévaux, renaissants et modernes. Mieux que tout autre document historique, les lettres ne favorisent-elles pas cette « rencontre fraternelle avec des hommes », que Marc Bloch situait au coeur du « métier d'historien » ?

  • La lettre, discours adressé à une personne ou à un ensemble de personnes, est souvent le lieu de suggestions, d'avertissements ou d'exhortations, quand l'épistolier écrit pour influer sur la pensée et le comportement de son correspondant, ou même assume le rôle de directeur de conscience. Cette fonction de l'écriture épistolaire - conseiller, diriger, prescrire - invite à examiner plus précisément la relation au destinataire, la figure d'autorité que construit la lettre pour inspirer confiance, les moyens déployés pour convaincre, l'adaptation à telle circonstance particulière, l'articulation entre perspective théorique et cas pratique. La lettre de conseil déborde d'autant mieux le cadre argumentatif de la délibération qu'elle sert parfois à conforter une opinion acquise (parénèse), recourt aux maximes et préceptes, aux exemples qui stimulent l'imitation, aux métaphores qui visent la sensibilité, avec une plasticité irréductible aux schémas rhétoriques. Tels sont les aspects étudiés à travers ces trente et une contributions qui, de l'Antiquité gréco-romaine au xxe siècle, explorent la signification et les enjeux du conseil par voie épistolaire, qu'il s'agisse d'avis politiques, de direction philosophique et spirituelle, d'éducation religieuse, de directives de spécialistes (philologie, médecine) ou de conseils personnels.

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