Frédéric Laugrand

  • Pensé dans une perspective anthropologique et comparative, ce livre traite de la nature et de la culture des esprits, de leur multiplicité. Les auteurs interrogent à la fois les catégories fabriquées par les chercheurs pour comprendre les ontologies autochtones et celles des participants des sociétés à l'étude, toutes situées ici dans les Amériques ou en Asie. L'animisme et la prédation, la transformation chamanique et la métaphorisation de l'alliance, l'expérience spirituelle et la transmission des pouvoirs, l'apparence corporelle et la représentation des esprits, leur ambigüité - comme le montrent les cas de l'ours et du chien -, sont quelques-unes des thématiques abordées. Le livre traite aussi des valeurs qui fondent les relations entre humains et animaux dans des sociétés où la chasse demeure encore une activité fondamentale. Il examine enfin l'actualisation des cosmologies, en particulier l'incorporation de nouvelles figures non-humaines dans des contextes socioreligieux et socioéconomiques inédits.

  • La gestion de la crise sanitaire du Covid-19 en Europe peut elle-aussi se lire comme un vaste rite occasionnel dont les séquences se télescopent.
    L'africaniste Luc de Heusch, l'un des plus grands anthropologues belges du XXe siècle, définissait les rites comme « un projet d'ordre pour défendre ou restaurer l'être dégradé, accroître son potentiel vital ou, inversement, détruire l'être-de-l'autre ».
    Il proposait de distinguer trois types d'action : des rites cycliques de l'ordre de la structure (les fêtes de Noël, par exemple) ; des rites de passage ou transitifs liés à un temps irréversible (comme l'initiation des jeunes ou les anniversaires) ; et des rites occasionnels qui offrent une parade aux dérèglements historiques de l'ordre collectif et cyclique.
    Avec la crise du Covid-19, ces derniers ont le vent en poupe. Ils s'observent dans plusieurs régions de la planète.

  • La gestion de la crise sanitaire du Covid-19 en Europe peut elle-aussi se lire comme un vaste rite occasionnel dont les séquences se télescopent.
    L'africaniste Luc de Heusch, l'un des plus grands anthropologues belges du XXe siècle, définissait les rites comme « un projet d'ordre pour défendre ou restaurer l'être dégradé, accroître son potentiel vital ou, inversement, détruire l'être-de-l'autre ».
    Il proposait de distinguer trois types d'action : des rites cycliques de l'ordre de la structure (les fêtes de Noël, par exemple) ; des rites de passage ou transitifs liés à un temps irréversible (comme l'initiation des jeunes ou les anniversaires) ; et des rites occasionnels qui offrent une parade aux dérèglements historiques de l'ordre collectif et cyclique.
    Avec la crise du Covid-19, ces derniers ont le vent en poupe. Ils s'observent dans plusieurs régions de la planète.

  • En deux décennies, l'anthropologie s'est réformée : les sujets de recherches, les méthodes mobilisées et les manières de rendre compte de l'expérience du terrain se sont diversifiés. Si l'écriture (la célèbre « monographie » de l'ethnologue) résiste à l'usure du temps, il était urgent de montrer comment, par son dynamisme contagieux, la discipline mobilise désormais toutes les ressources à sa disposition, pour relater l'expérience de l'anthropologue sur son terrain.

  • Éros et tabou analyse les pratiques érotiques et les relations de genre au sein de diverses populations autochtones d'Amérique du Nord. Ces sociétés sont-elles plus ouvertes au principe de plaisir et aux pulsions sexuelles que les sociétés occidentales? L'ouvrage se penche particulièrement sur la tension existant parmi les Amérindiens et les Inuit entre, d'un côté, une sexualité d'apparence permissive qui peut acquérir un caractère public et décomplexé et, de l'autre, des pratiques strictement codifiées, souvent associées à des interdits. Le sexe apparaît donc comme un élément révélateur du social. Plusieurs thématiques sont examinées dans cette perspective, dont la différenciation des sexes et le travestissement, la contrainte et le consentement dans les unions et les mariages, la place du sexe dans la langue et la pensée symbolique, les relations sexuelles entre femmes autochtones et hommes d'origine européenne depuis le XVIe siècle ou encore la part jouée par les missionnaires dans la confrontation des Européens avec les moeurs autochtones.
    L'ouvrage est publié en hommage à Denys Delâge. Avec la collaboration de Marie-Pierre Bousquet, Denys Delâge, Raymond J. DeMallie, Louis-Jacques Dorais, Claude Gélinas, Anny Morissette, Murielle Nagy, Douglas R. Parks, Bernard Saladin d'Anglure et Olivier Servais.
    Gilles Havard est historien, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et membre du laboratoire Mondes Américains (Paris). Spécialiste de l'histoire des relations entre Amérindiens et Européens en Amérique du Nord, il a notamment publié Empire et métissages (Septentrion et PUPS, 2003) et coécrit Histoire de l'Amérique française (Champs histoire, 2008).
    Frédéric Laugrand est anthropologue, professeur au Département d'anthropologie de l'Université Laval et le directeur actuel de la revue Anthropologie et sociétés. Il a coécrit de nombreux articles et livres avec Jarich Oosten dont, dernièrement, Inuit Shamanism and Christianity. Transitions and Transformations (MQUP, 2010) et Hunters, Predators and Prey. Inuit Perceptions of Animals (Berghahn Books, 2014).

  • A une époque où la Chine devient un acteur incontournable dans l'économie et les relations internationales, l'objectif principal de ce livre est de mieux comprendre les relations triangulaires entre les cosmologies chinoises (où dominent les valeurs confucéennes et la pensée analogique), les cosmologies occidentales (judéo-chrétiennes ou naturalistes depuis la Modernité) et les cosmologies analogiques et animiques des peuples autochtones des Amériques et de Sibérie. Les études rassemblées ici permettent d'examiner les points d'accrochage, comme les obstacles culturels qui marquent ces relations au cours de plusieurs siècles. Plus d'une vingtaine de chercheurs canadiens, chinois et européens issus de plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales (histoire, anthropologie, philosophie, etc.), proposent diverses études de cas qui se structurent autour de deux grands axes : un axe anthropologique qui aborde l'univers chamanique des deux côtés du Pacifique, véritable soubassement et lieu de jonction entre la Chine ancienne et le monde autochtone, ainsi qu'un axe historique qui traite du rôle complexe de différents médiateurs culturels, comme ces nombreux missionnaires occidentaux qui, depuis le xvie siècle, ont joué un rôle déterminant dans ces rencontres de l'Orient avec l'Occident.

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