Sciences humaines & sociales

  • « L'histoire aujourd'hui comprend plusieurs étages, parce qu'elle a l'ambition, assez récente, d'étudier tout ce qui a existé du passé ou du moins tout ce qui en a survécu. C'est ainsi qu'à l'histoire d'une ville, l'histoire brute, l'histoire tangible, celle du sol et des rues, des habitants et de leurs activités, de la circulation et de l'architecture, l'on peut ajouter celle de son image et de ses représentations ». Paris dans l'imaginaire national de l'entre-deux-guerres est une analyse de ce que « Paris » représente, de ce qui fait Paris, son rôle, ses fonctions dans un contexte précis, dominé par le traumatisme de la Grande Guerre, la démolition des fortifications, le développement de la banlieue rouge, l'urbanisation de la France, les crises des années 30, les perspectives ouvertes par le Front populaire. L'étude des regards croisés sur « Paris » comme capitale de la France, au rayonnement mondial, devenue une catégorie de la civilisation, un mythe auquel adhèrent les élites comme les simples gens, les provinciaux comme les étrangers, met en évidence une transformation de l'image globale de la capitale. « Paris n'est plus la ville intelligente fière d'abriter la République face à la France des « ruraux ». C'est un Paris plus « intelligent » que jamais, sensiblement moins subversif, et par là peut-être mieux accordé, du fait même de sa complexité à l'intégralité de la France ».

  • L'association pour le développement de l'histoire culturelle (ADHC) est née, en 1999, du constat de la place croissante, en même temps que problématique, de l'histoire culturelle dans l'historiographie contemporaine. Revendiquée par les uns, dénoncée par les autres, cette place méritait l'institution d'un lieu de rencontres où tous ceux qui se reconnaissent dans cette qualification pourraient échanger sur le fond et sur la forme de leur travail. L'association a tenu son premier congrès en 2000. Au terme d'une décennie et plus d'activité, il était temps de tirer le bilan et, comme il se doit, de tracer de nouvelles perspectives. Cette anthologie des conférences et tables rondes organisées dans le cadre du congrès annuel de l'association propose un panorama unique en son genre des propositions avancées par l'histoire culturelle en France et, dans une moindre mesure, à l'étranger depuis dix ans. Regroupés en sections thématiques (définitions et frontières, objets, regards et transferts, débats), ces textes rédigés par d'éminents spécialistes venus de divers horizons (historiens, sociologues, philosophes, historiens de l'art ou de la littérature) donnent à voir à la fois la permanence de certains questionnements et leur renouvellement.

  • Cet ouvrage restitue les programmes d’une semaine « ordinaire » de programmes sur les deux chaînes de l’ORTF entre le 23 et le 30 septembre 1967. L’étude, menée par une équipe interdisciplinaire de chercheurs, en collaboration avec l’Institut national de l’audiovisuel, s’appuie sur des archives audiovisuelles de la télévision conservées par l’Inathèque et consultables sur le site Ina.fr, mais aussi sur la documentation écrite qui s’y rapporte (magazines de programmes, courriers de téléspectateurs, conseils et comités de programmes). Elle analyse les programmes télévisés, les conditions de leur production et celles de leur réception.
    En coédition avec l’Institut national de l’audiovisuel.

  • « Bonne nuit les petits », « ici Léon Zitrone »... Entre allocutions présidentielles, premiers feuilletons, et « Cinq colonnes à la une », c'est la France des débuts de la ve Républiques qui se raconte à travers l'aventure de l'ORTF. La télévision crée alors un nouveau langage, invente de nouvelles formes de prise de parole, transforme, en se les appropriant, les spectacles, les rituels. C'est à un voyage dans le passé récent que nous invitent Évelyne Cohen et Marie-Françoise Lévy. Comment se construit le JT ? Que font les hommes politiques de ce nouveau média ? Quel pays dévoilent les retransmissions du Tour de France ? Comment le rock entre-t-il au foyer ? Quel imaginaire façonne les grandes séries ? En bref, comment la télévision s'installe-t-elle, alors, dans la vie des Français ? Une histoire culturelle exemplaire pour tous les enfants de la télé que nous sommes. Une analyse forte, érudite. Une séquence « nostalgie ».

  • La République et ses symboles. Un territoire de signes s'attache à l'analyse des signes, des écritures, des décors et symboles républicains qui s'inscrivent sur le territoire de la France. Il montre à quel point ces signes, même les plus ordinaires, représentent des enjeux politiques à travers l'histoire. Il découvre leur fonction décorative sur les architectures monumentales comme sur les objets quotidiens. Il croise les approches, organise le dialogue des historiens du politique et du culturel avec ceux des formes ; il permet de faire le point sur les récents développements de l'historiographie depuis les travaux fondateurs de Maurice Agulhon et de Michel Vovelle.

  • Grâce à Maurice Agulhon, la symbolique a son histoire, tout comme l'histoire a sa traduction symbolique. Maurice Agulhon a prouvé en trois livres magistraux sur l'imagerie et la symbolique républicaines de 1789 à nos jours, Marianne au combat (1979), Marianne au pouvoir (1989), et enfin en 2001 Les Métamorphoses de Marianne, que l'image symbole de la figure féminine, avec ou sans bonnet phrygien, avec ou sans le nom de Marianne, fait partie de l'histoire générale de la République en France. Cet ouvrage collectif construit en dialogue avec des spécialistes d'histoire politique, des historiens d'art et des spécialistes des symboles dans d'autres temps et d'autres espaces prolonge et interroge la quête de l'historien sur les relations entre images mentales et images figurées qui migrent d'une nation à une autre et connaissent des mutations de sens au coeur des transferts culturels. L'histoire du « genre » permet de re-visiter l'histoire physique et sexuée des allégories féminines et masculines. Dans notre monde de plus en plus éclaté et divers, où les images sont à la fois plus nombreuses et plus banalisées, quelle place reste-t-il aux symboles politiques et nationaux, entre art, folklore, idéologie, caricature et publicité? Est-on passé du temps de l'idéologique à celui du médiatique? Le contraste entre les symboles optimistes choisis par Le Douanier Rousseau en 1907 et le pessimisme engendré par la « starisation » des dernières années nous éclaire sur l'évolution de notre société politique et de ses cultures.

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