Ernest Pépin

  • « Quand le malheur ouvre sa gueule de caïman, ses dents sont sans pitié ! Pardon pour Marie-Soleil ! Miséricorde Seigneur ! Qui veut comprendre doit tenter de reconstruire une histoire qu'elle porte en elle comme un boulet de silence. Il faudra piéter des mangroves de choses non dites, récolter des bribes. Sonder l'impénétrable d'Haïti et plonger dans l'obscur. Je ne suis là que pour emboîter des paroles rapportées. C'est mon travail. J'effile ma langue sur des mensonges et je bobine le tout pour obtenir un racontage plausible. Nous savons tous que la vérité est une mendiante. Belle parole n'a pas de maître mais la mauvaise a toujours un visage. Loués soient les raconteurs ! »


    La jeune Régina, une belle mulâtresse, est kidnappée un beau matin à cause de son teint clair, voilà tout le malheur de Marie-Soleil. Sur cette terre sans mercis où les mythes tiennent lieu d'explications, la lutte pour la survie exige des talents hors du commun ! Le raconteur consigne ici le malheur humain pour pénétrer davantage le mystère de la survie !

  • "Jardinier à bord des paquebots blessés dans les creux des mensonges, Ernest Pépin laboure l'âme et l'intelligence de l'île et sème à profusion les mémoires nocturnes. Il loue le feu de l'amour. Il faut entrer dans Le jardin de nuit où le poète nous associe au partage des agapes et à celui de savourer les fruits de l'intuitive émotion. La poésie du quimboiseur guadeloupéen est une invitation à vivre la Nuit épuisée par les regards de la mer des Ténèbres." (extrait de la préface de Danièle Maoudj)

  • Ernest Pépin s'affirme de plus en plus comme une voix majeure de la Guadeloupe et de la Caraïbe. Une voix reconnue qui a été couronnée par le prestigieux Prix Casa de las Americas pour son précédent recueil «Boucan de Mots Libres» et qui continue à émettre des signaux pour contrarier le silence imposé par toutes les formes de déshumanisation.



    Babil du songer est incontestablement un recueil qui marque un tournant dans l'oeuvre du poète. Sans rien perdre de son lyrisme habituel, de sa tonalité musicale, Ernest Pépin éprouve les séductions d'une poétique créole qui veut «cadencer le monde» et «envoyer la voix égale du répondeur». Dès lors sa parole de «laveur de mots» se fait «voyante comme une fusée de détresse».

  • Aurore et Jérôme mènent une existence relativement paisible. Après de nombreuses années de vie commune, ils projettent de se marier. Or, c'est à ce moment qu'Aurore tombe passionnément amoureuse de Mélodie, une amie de fraîche date.
    Pour Jérôme, commence alors un calvaire ; d'abord spectateur impuissant, il réussira finalement à reconquérir une place dans le coeur des deux femmes.
    Cantique des tourterelles transporte le lecteur dans les profondeurs d'un monde où les femmes se disent, se révèlent, s'affirment, et l'on reçoit de plein fouet le sel et la sève de leur vie. Un roman où, pour la première fois, un auteur antillais traite avec sincérité et lyrisme des relations amoureuses entre femmes.

  • « Je veux haut proclamer/que la vie n'est que rythme/et rythme au sein d'un rythme », disait Guy Tirolien, grand poète guadeloupéen qu'Ernest Pépin a toujours considéré, avec Aimé Césaire et Saint-John Perse, comme son maître d'élection. Cette conception de l'écriture poétique qu'il a faite sienne tout au long d'une oeuvre qui compte aujourd'hui cinq recueils n'est pas démentie dans le poème incantatoire dédié à sa première rencontre avec le continent africain. Aboutissement d'un long cheminement individuel, ce texte dont l'organisation se fonde sur le jeu de l'ici et du là, exprime moins la quête de l'Afrique originelle, fondatrice de toute identité antillaise, que le désir de se mettre à l'écoute du peuple africain d'aujourd'hui. À travers d'intenses moments lyriques, c'est toute une réalité tragique qui nous est donnée à voir en un seul mouvement qui témoigne toutefois du refus du poète de renoncer à la part de rêve qui est en chacun de nous.

  • Les données élémentaires sur lesquelles l'auteur de Salve et salive s'appuie sont celles d'une puissante poétique de l'espace. Les réalités et les valeurs peuvent être abordées sans que les formes et les lumières de l'imagination soient atténuées. Comme la plupart des îles des Caraïbes, la Guadeloupe est un tissu de « pays antérieurs », un ample monde modelé par des cataclysmes et des cyclones. Des fables, des croyances et des légendes apparemment perdurables y lacèrent la terre flottante, empoignant les rêves et les passions, perpétuant et perpétrant des expressions langagières percutantes. Des meurtrissures, des blessures et des cicatrices labourent la terre, se présentant comme des signes dignes d'être déchiffrés et comparés. La femme seule mérite, en vérité, d'être considérée comme l'oracle inventif et éclatant du temps et de l'univers révélés dans Salve et salive. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'écume des jours se confond tout au long de ce recueil avec l'écume des désirs, avant la fin du « recel des siècles ».

  • Au fond de la galerie, l'écran rouge attend. Un rouge menaçant, envoûtant. Un rouge guet-apens. Impossible de ne pas l'acheter, de ne pas emporter la toile pour la contempler à loisir, toutes portes fermées... Mais attention! Ce tableau possède d'étranges pouvoirs...

  • Une puissante poétique de l'espace inspire ces poèmes d'un auteur guadeloupéen, premier secrétaire du Comité de la culture, de l'éducation et de l'environnement de la Guadeloupe.

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