Dominique Lhuilier

  • Conçu comme un texte de référence pour la clinique du travail, cet ouvrage présente différentes perspectives théoriques et méthodologiques développées autour de la problématique «subjectivité et travail». Une approche pluridisciplinaire rigoureuse qui renouvelle la psychologie du travail et s'intéresse à la question du plaisir et de la souffrance au travail. Dominique Lhuilier est professeure de psychologie du travail, université de Rouen.

  • Quelles sont les ressources pour l'action en milieu de travail ? Autour de cette question centrale en clinique du travail, diverses approches alimentent des perspectives communes.

    Cet ouvrage contribue au développement de la clinique du travail entendue comme métaphore de l'engagement de l'homme dans le monde, comme confrontations aux réalités matérielles et symboliques, comme espace où le lien social, l'intersubjectivité ont pour centre et mobile l'action, les objets et les fins poursuivies. Référés à la clinique de l'activité, à la psychodynamique du travail, à la psychologie sociale clinique, à la sociopsychanalyse, à la sociologie clinique..., les auteurs rendent compte de recherches réalisées dans des secteurs professionnels variés - hôpitaux, industrie, restauration, banque, aide à domicile, élevage industriel, animation et éducation, services publics...

  • La clinique du travail s'est affranchie de ses origines médicales. Reste que la référence au soin imprègne les pratiques. Et la demande sociale en la matière est en expansion : soigner les « blessés » du travail, réparer les « déficiences », accompagner les « vulnérables », écouter les plaintes, faire disparaître les symptômes... aux risques toujours d'une individualisation de questions sociales, d'une externalisation à des prestataires de service tenus à la porte de l'organisation, d'une contribution à des processus de normalisation et donc aussi de relégation, voire d'exclusion. Sur cet axe santé/travail, ici encore les questions à instruire sont nombreuses. Quelles conceptions de la santé orientent les pratiques ? Comment approfondir cette double perspective qui tient en tension la conception du travail pathogène et celle du travail comme opérateur de santé ? Comment, au-delà de ces analyses, voire de ces diagnostics, concevoir l'action autour de cette problématique ? Quels dispositifs ? Quels instruments ? Yves Clot est professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM. Dominique Lhuilier est professeure, Chaire de psychologie du travail du CNAM

  • Lire l'entretien avec Anne-Lise Ulmann, coauteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Travailler n'est pas exécuter. Dans le décalage irréductible entre ce qui est défini comme étant à faire et ce qui est fait, se loge la créativité, cette puissance inventive engagée dans le travail vivant. S'y jouent à la fois la question de l'efficacité mais aussi, et fondamentalement, celle de la santé.

    La créativité n'est donc pas l'apanage des grands créateurs : elle se loge aussi dans les arts de faire, le bricolage, l'intelligence pratique, les processus de renormalisation qui permettent de se dégager de la soumission à l'environnement et à ses contraintes. Son éloge, remis aujourd'hui à l'ordre du jour dans le monde de l'entreprise, n'est pourtant pas exempt d'ambiguïté.

    Dans la perspective retenue ici, la créativité n'est pas seulement instrumentale (nécessité d'inventer pour faire), elle nécessite et manifeste une invention de soi. Elle se révèle dans un mouvement où l'on se surprend soi-même.

    Mettre la créativité au travail pour en explorer les ressorts, modalités et enjeux requiert de mobiliser des approches disciplinaires, théoriques et méthodologiques complémentaires.

  • Le travail est source de vie, de développement et de culture, mais également vecteur d'usure, voire de mort prématurée. Source à la fois d'exploitation et d'émancipation, il peut être aussi un puissant opérateur de l'identité et de la santé. Des chercheurs et praticiens de di¬fférents pays (Cuba, Brésil, Argentine, Colombie, Chili, Uruguay, France, Québec, Suisse), tous engagés autour d'une visée d'humanisation du travail, se sont réunis lors d'un symposium à La Havane en octobre 2018. Ce livre est issu de leurs travaux.

  • La réalité concrète des épreuves du travail contemporain ne porte guère à cultiver les exclusives. Sociologie, ergonomie, psychologie sociale, psychopathologie, psychanalyse, histoire, philosophie... se trouvent convoquées pour comprendre le sort qui est fait au travail humain, objet de tant de convoitise et de tant d'ignorance, courtisé et dénié à la fois, objet de tant de discours convenus, de déplorations rituelles ou d'éloges suspects ; de tant de passions finalement, même les plus tristes. Mais cette compréhension doit d'abord servir à agir. Elle doit être utile pour transformer les situations et devenir un instrument de travail à entretenir, au tranchant toujours affûté par les débats et discussions rigoureux entre professionnels. Yves Clot est professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM. Dominique Lhuilier est professeure, chaire de psychologie du travail du CNAM.

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