Denis Hue

  • Clerc lisant de la cathédrale de Bayeux, Wace est naturellement au service de son duc et roi Henri II Plantagenêt ; né à Jersey, dans une de ces îles que l'on nomme si justement anglo-normandes, chargé par son seigneur d'écrire l'histoire et la légende du nouveau royaume et de tisser les liens qui doivent faire d'Angleterre et Normandie une même terre. Wace est l'homme des réunions, des synthèses, d'une certaine vision de l'histoire aussi, où la Providence divine a sa part. Au service des princes, il ne peut ignorer Dieu et l'Église, et c'est pour eux également qu'il écrit son histoire. Réunis à Bayeux, les meilleurs spécialistes de Wace, de l'histoire anglo-normande et de la littérature du XIIe siècle ont partagé leur savoir, rassemblé dans ce volume.

    Clerc lisant, from Bayeux Cathedral, Wace is naturally in the service of his Duke and King Henri II Plantagenet. He was born in Jersey, one of these islands that is so rightly named Channel islands, and was charged by his lord to write the story, the legend of the new kingdom and to forge the links that would make England and Normandy the same land. Wace is the man of joining, synthesis, of a certain vision of the history too, where the divine Providence has its part to play. In the service of princes, he cannot ignore God and the Church, and it is also for them that he writes his story. Gathered in Bayeux, the best specialists of Wace, Anglo-Norman history and literature of the thirteenth century shared their knowledge, gathered in this volume.

    Publié avec le concours de l'Équipe d'accueil 3206, Centre d'études de littératures anciennes et médiévales Cellam,
    de l'Université Rennes 2,

  • Actes du colloque de la SERAM Jersey, juillet 2019.
    Textes réunis et publiés par Denis Hüe, Françoise Laurent, Michel Vital Lebossé, Laurence Mathey-Maille.
    Si « le style, c'est l'homme », on comprend combien la littérature largement anonyme du Moyen Âge rend son approche difficile ; c'est pourtant au style de Wace que la journée d'étude de Jersey a été consacrée. Né dans l'île qui a accueilli cette rencontre, Wace a composé cinq textes majeurs qui lui sont attribués sans le moindre doute : cette ampleur autorise une approche du style ne relevant pas seulement de l'art de traduire et d'organiser le récit mais d'une manière d'écrire qui lui serait propre.
    Wace est le premier auteur majeur de la littérature médiévale, et l'oeuvre qu'il nous laisse nous permet une approche stylistique impossible dans un autre corpus.

  • Un recueil d'articles sur cette chanson de geste en vers, datant de la fin du XIIe siècle, oeuvre d'amour et de sang, mettant en scène un monde féodal promis au chaos, et qui peine à s'inventer des lois.

  • Polyphonie du Graal

    Hüe Denis

    Dernier roman de Chrétien de Troyes, le Conte du Graal est aussi son oeuvre la plus énigmatique. Qui sait ce qu'est le Graal. L'oeuvre se résoud-elle à une problématique chrétienne, ou Chrétien de Troyes veut-il nous mener plus loin ? La courtoisie suffit-elle à mettre en ordre le monde arthurien ? C'est une approche polyphonique de cette oeuvre qui est ici proposée.

  • La littérature arthurienne joue avec l'autre monde : chevaliers faés, annonces contraignantes et prophétiques, proximité de la mort comme de l'amour, incertitudes temporelles, familiarité des gens de bien avec ces êtres étranges, crainte du petit peuple qui ne les comprend pas, irruption enfin du songe et de la rêverie, dans le soleil de midi comme dans la nuit.C'est l'ensemble de la matière de Bretagne qui est concerné par cette proximité, par cette familiarité tantôt bénéfique tantôt inquiétante. Ces pages en offrent de nombreux exemples. Le mythe affleure, le royaume de dessous l'eau nourrit et féconde notre société ; l'autre monde constitue la source qui irrigue secrètement notre univers. Son étrangeté fascinante n'est pas une clef du réel, mais la porte de nos songes.

  • « Mainte belle oeuvre faicte » : sous ce titre qui exprime magnifiquement leur admiration et leur gratitude, les meilleurs spécialistes du théâtre médiéval rendent hommage à un maître. Leurs contributions abordent tous les aspects de la scène médiévale : conditions de la représentation ; transmission et tradition des oeuvres au travers de l'Europe ; éléments matériels et effets spéciaux dans la mise en scène ; typologie et spécificité des genres littéraires ; enjeux politiques et théologiques des mystères ; réception du jeu dramatique en France et dans toute l'Europe. Ces trente études attestent du rayonnement de Graham Runnalls et de ses travaux sur l'état présent de la recherche.

  • S'interroger sur les enfances arthuriennes revient à accepter que les héros, Arthur et toute la Table Ronde, nous intéressent au point de désirer savoir ce qu'ils étaient lorsqu'on les appelait Gauvainet ou Sagremoret. Les réponses présentes dans la littérature arthurienne prouvent que notre questionnement est partagé par toute une tradition de lecteurs, et que les auteurs, copistes, rédacteurs des diverses Suites, ont souhaité combler les attentes de leur public. Le monde arthurien, monde du roi adulte guidé par un Merlin sans âge, est un univers qui s'efforce d'accéder à la maturité : la disparition des dragons et des diables, la parade amoureuse, le jeu des tournois et même la quête du Graal ne disent pas autre chose. Abandonner l'enfance, s'inscrire dans un lignage, dans une mémoire, écrire ce qui est arrivé pour en faire histoire: tout cela est bien la tâche sans fin de qui s'éloigne de l'enfance.

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