David Le Breton

  • Jean Duvignaud est un sociologue qui a profondément marqué le champ de la sociologie des imaginaires sociaux. Ses travaux sur le théâtre, l'anomie, le don, la fête, le rire continuent à nourrir la réflexion. Toute son oeuvre est dominée par les figures sociales du don, de la gratuité, de l'improductif, du prix des choses sans prix. Toujours, il s'agit de l'élégance de vivre dans le don du rien, mais d'un rien qui fait toute la valeur de l'existence individuelle et collective. Le sentiment aigu que les meilleures choses de l'existence sont éphémères, jamais cumulées, toujours perdues, mais que dans ces moments culmine le goût de vivre, un enchantement qui ne vaut que de se perdre. Des ouvrages comme La sociologie du Théâtre, Le don du rien, Chebika, L'anomie, hérésie et subversion, Fêtes et civilisations, Rire et après et tant d'autres sont devenus des classiques. Personnage multiple : écrivain, dramaturge, grand voyageur, inlassable fondateur de revues (Arguments, Cause commune, Internationale de l'imaginaire, entre autres). Il est président de la Maison des Cultures du monde à Paris et dirige la revue Internationale de l'imaginaire.

  • Quelles significations prennent les perceptions sensorielles dans la vie sociale et culturelle ? Cet ouvrage à plusieurs voix étudie les sens dans différentes circonstances de la vie collective : chamanisme, maladie, racisme, sexualité, rencontre, vie quotidienne, musique etc. Anthropologie et ethnologie sont ici sollicitées dans ces études des relations symboliques entre les sens et le sens.

  • Interroger la manière dont le corps est socialement et culturellement pensé et mis en forme en le soumettant à une perspective insolite, faire émerger ainsi des questions inédites : d'où le choix de ce thème de l'ombre et du double. Tout corps n'est-il pas accompagné de son ombre et hanté par son double ? D'une société humaine à une autre, en suivant des imaginaires sociaux, il s'agit de mener plus loin l'anthropologie du corps, d'en ouvrir un nouveau chapitre.

  • Le corps abîmé, ou le corps mis en abîme, est un corps difficile à recon-naître pour sien, une chair altérée qui mène à une existence diminuée. L'humain n'a pas d'autre horizon que son corps. Un corps abîmé touche l'ensemble des dimensions de l'existence. L'altération est ponctuelle ou durable, voire définitive. Elle est donnée à la naissance ou le fait de la maladie ou d'un accident. Elle est tolérable ou destructrice selon les circonstances.
    Parler de «corps abîmés» amène à souligner cette dualité constante' sur laquelle se construisent la normalité et l'exception corporelle. C'est aussi mettre en valeur le moment de contraction du corps, et donc de la présence au monde, provoquée par des amputations, des maladies, des états de paralysie ou de handicap moteur sévère, des violences physiques ou par des violences physiquement ressenties, tels les rapports entre les genres, les expériences d'attaques au corps propre ou les épreuves sportives, ou encore le mal de vivre adolescent. Cette contraction qui abîme le corps a une valeur à la fois positive et négative, elle est norme et contre-norme, elle est moment destructeur et moment créateur en même temps.
    Cet ouvrage se propose de décliner ces différentes formes de la relation au corps abîmé avec des contributions de disciplines différentes et dans un contexte international.

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