Langue française

  • L'enquête menée dans ces pages porte sur la mort de François Paradis, le héros du célèbre et pourtant méconnu roman de Louis Hémon, Maria Chapdelaine. Il s'agit pour les auteurs d'éclairer une affaire noyée dans l'ombre de l'idéologique, du mythe, du naturel : et si François Paradis ne s'était pas écarté dans la forêt un soir de tempête, mais qu'on l'avait froidement assassiné ? Or, sans pour autant se priver du plaisir de révéler le coupable d'un tel crime, cette enquête a surtout pour ambition de redonner le choix à Maria, d'expliquer que l'absence de choix n'est jamais qu'une fiction machinée en coulisse. Le geste interprétatif des auteurs suit cette éthique : refuser l'immuable texte, désirer le chantier sans fin, l'intranquillité.

  • Dans ce recueil de quinze nouvelles, les lieux et les situations, aussi familiers soient-ils, basculent tranquillement vers l'étrange. Au fil des pages, on est happé par des récits rythmés qui mettent en scène un monde qui, l'air de rien, se désagrège.
    Familles inquiétantes, amis aux vocations inusitées, enseignants et enseignantes naïfs, tous sont brillamment observés par un auteur que l'on devine amusé, voire un peu cynique.

  • Ce numéro de la revue Voix et images se penche sur les expériences contemporaines du temps dans les fictions québécoises. Cette expérience est étroitement liée à la question de la mémoire (et donc de l'Histoire), sans pouvoir s'y résumer totalement, ainsi qu'à celle de l'avenir qui prend la forme d'une intensification du présent ou pire, celle d'une catastrophe annoncée amenant la fin de l'humain. On comprend alors que l'individu contemporain se trouve en quelque sorte prisonnier du présent, poussé à réfléchir le rapport au temps, à son temps. La question des expériences du temps ne se laissant pas aisément saisir, collaborateurs et collaboratrices ont pris des chemins détournés pour en apprécier toutes les nuances, soit celle de l'imaginaire western pour Andrée Mercier, de la mémoire pour Marion Kühn, de l'histoire pour David Bélanger, de la biographie pour Pierre-Olivier Bouchard et de la figure du héros pour Manon Auger.

  • Par un soir de pluie, Éva Burns est assassinée, son corps, brûlé. La jeune femme n'avait pas la meilleure réputation qui soit, c'est-à-dire qu'elle était belle et que cela se voyait. Sont chargés de traquer le meurtrier : Norman Petitroux, vieux flic solitaire qui tâte de la bouteille, et Guy Descars, un jeunot lesté d'un douloureux passé, fraîchement largué par sa femme. Sur eux et sur leurs collègues qui se mêlent de l'affaire plane l'ombre du cancer. Les métastases embrouillent la pensée et barbouillent l'estomac. Elles prolifèrent, semblant affecter le récit lui-même, toujours à s'interroger.
    De fausses pistes en raisonnements biscornus, David Bélanger prend les lecteurs à témoin d'une enquête truffée des clichés et figures imposées du polar, jusqu'à son dénouement explosif.

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