Daryush Shayegan

  • « Pourquoi le Persan estime-t-il à tel point ses grands poètes, lesquels ont acquis chez nous une vénération quasi religieuse ? Quelle est la nature de ce rapport intime qui lie le Persan à ses poètes dont les messages investissent tout son être et pénètrent profondément la substance de son âme ? »
    C'est à partir de cette interrogation que Daryush Shayegan, l'un des plus importants penseurs iraniens vivants, nous introduit aux cinq grands poètes persans, don't on pourrait presque dire qu'ils ont acquis un statut mythique: Ferdowsî, qui par son Shahnâmeh ou Le livre des rois, refonda l'identité persane en ressuscitant la mémoire de l'Iran antique; Omar Khayyâm qui, libre des croyances religieuses, chercha à saisir l'instant éternel ; Mowlânâ Rûmî, l'un des plus grands mystiques de tous les temps; Sa'dî l'humaniste et « Le maître de la parole », qui forgea la langue persane et son idée de civilité ; et enfin Hâfez, cette « langue de l'invisible » qui brisa avec une rare audace tous les tabous encombrants de la religion légalitaire. Chacun représente une facette de l'âme iranienne toujours vivante, comme en témoigne l'immense succès de ce livre en Iran : neuf réimpressions en deux ans !

  • Contrairement aux apparences, l'islamisme contemporain n'est pas le symptôme d'un repli sur le passé et les traditions, il est au contraire celui d'une ultramodernité, ou plutôt d'une contre-modernité qui se pose en modèle alternatif à celui de l'occidentalisation. Mais l'idée même de modernité est un produit de la pensée occidentale que les islamistes d'Iran et d'ailleurs prétendent rejeter. D'où la « schizophrénie culturelle » de ces cultures à la fois opposées à l'Occident et fascinées par lui. Ce paradoxe, qui est particulièrement marqué au sein des élites intellectuelles, est analysé de l'intérieur, dans cette étude classique précédemment parue sous le titre Le Regard mutilé (Albin Michel, 1989). Daryush Shayegan, ancien professeur d'études indiennes et de philosophie comparée à l'université de Téhéran ainsi que directeur du Centre iranien pour l'étude des civilisations, est une des grandes figures de cette intelligentsia iranienne qui milite pour la nécessaire démocratisation de l'Iran. Il nous livre ici les clés des mutations rapides de l'Orient, et en particulier de l'Iran islamique.

  • Henry Corbin (1903-1978), qui a renouvelé en profondeur les études islamiques, en particulier iraniennes et mystiques, est un penseur multiforme et encore trop méconnu. Premier traducteur en France de Heidegger, il a puisé aux sources de la « philosophie prophétique » une pensée riche et profonde qui mérite sa place aux côtés des plus grands systèmes.Daryush Shayegan, lui-même Iranien et qui fut son élève, livre ici la première synthèse complète de son oeuvre. Métaphysique de l'imagination, prophétie et initiation, shî'isme, ismaélisme, Avicenne, Mollâ Sadrâ, Sohrawardî, angélologie, théophanie, religion de l'amour : autant de thèmes qui dessinent un paysage spirituel plein de promesses pour la réflexion contemporaine et où peut s'amorcer un réel dialogue entre l'Occident et l'Orient.

  • Héritier de l'Empire musulman des Indes, arrière-petit-fils d'Akbar - qui fonda l'École des traducteurs afin de faire communiquer les traditions soufie et védantine -, le prince Dârâ Shokûh (1615-1659) s'attacha, beaucoup plus qu'à l'exercice du pouvoir, à devenir un souverain philosophe : il traduisit les Upanishads en persan, devint l'ami des plus grands sages hindous et musulmans, développa la métaphysique et la gnose du soufisme.Le Confluent des Deux Océans, son oeuvre maîtresse est une étude comparative sur les principales notions philosophiques indiennes et islamiques dont il fait ressortir les homologies de sens et de structure. Un livre exemplaire pour notre époque, où le dialogue inter-religieux et la science des cultures et des spiritualités comparées deviennent d'une urgence et d'une nécessité vitales.
    Daryush Shayegan, ancien professeur de science comparée des religions à l'Université de Téhéran, auteur remarqué de Qu'est-ce qu'une révolution religieuse ? et du Regard mutilé, tous deux chez Albin Michel, était le mieux à même de traduire et de commenter ce texte capital qui ouvrait déjà, au XVIIe siècle, toutes les voies de l'avenir.

  • « Le monde moderne a perdu son âme : ce constat aussi vieux que la modernité elle-même est aujourd'hui dressé par un philosophe iranien, Daryush Shayegan. Il ne sombre pas comme tant d'autres dans la dénonciation pure et ­simple de l'Occident. Il reconnaît à notre culture le mérite d'avoir inventé l'esprit d'examen, la rationalité scientifique et les institutions démocratiques, c'est-à-dire la résolution des conflits hors de la violence. Mais au prix de ce trésor inestimable que recèlent encore les sociétés traditionnelles - "les grandes émotions qui font vibrer les coeurs". (...) Shayegan nous adjure de mettre en oeuvre cette tâche immense : réinventer une nouvelle spiritualité qui succéderait à l'éclipse du divin. Beau défi que l'auteur nous lance, non sans malice et gravité. »Pascal Bruckner, Le Nouvel Observateur

  • Comment penser le monde aujourd'hui entre le rationalisme des Lumières, les traditions religieuses et prophétiques et l'exigence démocratique ; quels sont les « états d'être » qui habitent la conscience tant en Orient qu'en Occident ? En analysant l'impact de l'Europe et de ses universaux sur un Orient déboussolé, Daryush Shayegan définit une nouvelle configuration de la « pensée nomade » qui n'oppose pas les civilisations, mais déjoue les amalgames politiques, les ankyloses identitaire, et interroge les métamorphoses de notre rapport au monde. La conscience métisse dessine aussi le parcours intellectuel hors normes d'un des penseurs phares des relations Orient-Occident, qui a forgé il y a plus de trente ans le concept d'idéologisation de la religion et pour qui l'exercice de la pensée ne se limite ni à la philosophie, l'histoire ou la mystique, mais englobe toutes les formes de création, en particulier la littérature. Né à Téhéran en 1935, il a publié de nombreux ouvrages dont Hindouisme et soufisme, Qu'est-ce qu'une révolution religieuse ?, Le Regard mutilé et La lumière vient de l'Occident.

  • Face aux événements tumultueux qui secouent le monde, et particulièrement le monde islamique, Qu'est-ce qu'une révolution religieuse ? propose une autre lecture que celle de la simple géopolitique. Il met en relief les structures millénaires de la vision traditionnelle du monde et explique leur éclatement face à l'avènement de la modernité.
    Pour ce faire, le recours à de multiples niveaux de représentation, religieux, philosophique et sociologique, et à de nouveaux outils de conceptualisation comme la double illusion, la brèche fondamentale, l'occidentalisation inconsciente ou l'idéologisation de la tradition, n'est pas seulement utile mais nécessaire si l'on veut saisir des phénomènes qui ne s'identifient pas uniquement aux conflits opposant le Nord et le Sud mais s'inscrivent dans l'histoire douloureuse des consciences.
    Sans la connaissance de ce qui fonde les systèmes de pensée occidental et oriental, le chevauchement de ces deux ordres, leur évolution et leurs déchirures, nous met en garde Daryush Shayegan, « nous resterons rivés aux stéréotypes et aux clichés qui peuplent le panthéon creux de l'homme moderne ».
    Daryush Shayegan, qui fut professeur de philosophie comparée à l'université de Téhéran, a notamment publié Le Regard mutilé, Schizophrénie culturelle : pays traditionnels face à la modernité, aux Editions Albin Michel. De par sa double culture orientale et occidentale, il poursuit un travail de mise en valeur des structures des sociétés traditionnelles, doublé d'un regard critique sur l'état actuel de ces civilisations.

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