Daniel Mesguich

  • Daniel Mesguich a rassemblé ici un ensemble de ses textes (préfaces, postfaces, programmes de théâtre, discours) parus sur le théâtre ou son expérience de metteur en scène qui témoignent de 40 ans de théâtre. Un "enseignement" qu'il semblait important de livrer aux générations futures :
    "Et tous ces textes, à la teneur tantôt polémique, tantôt politique, tantôt philosophique, tantôt critique, tantôt "artistique", etc., écrivaient, m'a-t-il semblé, et décrivaient, ma vie, mes pensées, mes actions, mieux, beaucoup mieux, que ne l'aurait fait quelque dissertation homogène et continue. Cet ensemble de textes [...], voici que, mis en bouquet, ils se faufilaient, se traversaient, se brochaient l'un dans l'autre, rejaillissaient l'un sur l'autre, se recoupaient l'un l'autre [...], se révélaient - en creux - comme un seul texte, un seul tissu de transmission. Un recueil, véritablement."

  • Figure iconoclaste et romantique de la scène théâtrale, Daniel Mesguisch dérange et séduit. Le passeur incandescent, l'interrogateur passionné des textes n'a jamais cherché le juste milieu. Il lui préfère l'audace, le mouvement perpétuel, qu'illustre parfaitement son parcours « d'homme pressé » et d'agitateur d'idées.De son entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1970, à vingt ans à peine, à sa mise en scène du Château de Kafka, qui le révèle à lui-même, il a construit un univers où l'on croise aussi bien Vitez ou Debauche que Sartre ou Derrida. Il va vite s'imposer comme l'un des grands noms de l'avant-garde, comédien, penseur et metteur en scène, en un temps où le théâtre est au coeur des débats philosophiques et sociétaux.Aujourd'hui à la tête du Conservatoire, il continue de bouleverser règles et codes, soucieux d'une exigence intellectuelle et artistique, mais aussi fidèle au meilleur des traditions. C'est cette vision idéaliste et ambitieuse qu'il dévoile à Rodolphe Fouano, au fil d'une conversation où il évoque sa formation, ses maîtres, ses combats et ses admirations. Mais aussi sa soif d'apprendre, toujours et encore, se révélant un homme de pensée et d'engagement humaniste.

  • Théâtre, cinéma, opéra, télévision, littérature... Mais qui est donc Daniel Mesguich ? Un comédien d'exception, sur les écrans et sur les planches, qu'il brûla sans complexe dès l'âge de 21 ans dans Le Château d'après Kafka, mis en scène par ses soins.Les auteurs qu'Il monte, d'Euripide à Claudel, sont les classiques d'hier (Shakespeare, Racine, Marivaux, Kleist, Tchekhov...) ou d'aujourd'hui (Sartre, Duras, Brisville, Dubillard, et Hélène Cixous). Il a aussi fait la mise en scène d'une quinzaine d'opéra, parmi lesquels Le Grand macabre de Ligeti ou le Ring de Wagner, a dirigé, outre sa compagnie, deux grands théâtres nationaux et, depuis 2007, le Conservatoire national supérieur d'art dramatique.Acteur inaltérable, metteur en scène effervescent, auteur audacieux, Daniel Mesguich est tout cela.Au fil de ces entretiens, il évoque notamment son enfance à Alger, ses premier émois de théâtre à Marseille, l'exemple de Gérard Philipe ou d'Antoine Vitez, sa découverte de Tintin, Sartre, Camus, Brassens, Ferré ou Bob Dylan, mais aussi bien de Borges ou de Derrida, ses festivals d'Avignon, son expérience à la télévision, les vertus comparées de l'Opéra de Paris et celui de Pékin, ses rencontres avec Ariane Mnouchkine, François Truffaut, James Ivory, et Alain Robbe-Grillet, ou encore son enseignement au Conservatoire .

  • Comment dire, comment penser le théâtre ? Sans doute y a-t-il dans cet art universel une part d'insaisissable par les mots, d'irréductible à l'écrit, celle de la scène, d'un temps partagé entre acteurs et spectateurs. Mais relevons le défi. Et proposons deux regards plutôt qu'un : un universitaire historien du théâtre, Alain Viala, et un homme de théâtre, acteur et metteur en scène, Daniel Mesguich. Chacun à sa manière, chacun depuis sa pratique, ouvre une fenêtre de la maison « théâtre ».
    De ce faux dialogue, par le frottement de ces deux logiques - l'un transmet et structure des connaissances sur l'art dramatique, l'autre l'apostrophe, l'enrichit, le contredit, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives - naît un texte qui place le lecteur au plus près de l'expérience théâtrale.

  • « Qu'est-ce qu'une femme ? Une déesse mortelle. Une déesse ? Une femme immortelle. Qui parle ? Le Poète (inutile, autrefois, de préciser « Homère »), dans l'Iliade, notre naissance en littérature.
    Loin d'être la faiblesse des hommes et des dieux, la femme et la déesse sont la force du chant : tout part de la déesse invoquée ; tout remonte à Hélène, la femme désirée, selon le vouloir d'Aphrodite. Elles sont là, reines, mères et filles, soeurs et épouses, amantes ou solitaires. Inséparables des hommes et des dieux. Bien avant que Flaubert soit Emma Bovary, Homère est Andromaque, Hécube, Athéna, Chryséis, toutes ! La guerre de Troie, il fallait, mieux que de la lire, qu'on l'entende d'elles.
    Car l'Iliade n'est pas un livre : elle est femme, donc chant. Doublement. Daniel Mesguich, fils aimé de la Muse française, déploie l'étoffe de notre langue tissée ici pour lui par Emmanuel Lascoux, helléniste rêveur à haute voix de grec ancien, et l'invite à y broder le fil antique. » E.L.

  • Lors d'une rencontre en 1986 dans les studios de France Musique, le pianiste Cyril Huvé et le comédien Daniel Mesguich décident d'explorer ensemble et de faire revivre un genre qui, après une grande faveur à l'époque romantique, était tombé dans l'oubli : le mélodrame. « Déclamation avec accompagnement de piano », le mélodrame retrouve l'étymologie du théâtre grec.
    Ce n'est pas une superposition de mots et de sons, un collage de poèmes et de musiques que les interprètes improviseraient. À l'instar du lied et de la mélodie, il s'agit d'oeuvres à part entière de grands compositeurs, où la voix parlée prend la place de la voix chantée :
    -« Le Moine triste » - musique de Franz Liszt - texte de Nikolaus Lenau
    -« Helge, le roi fidèle » - musique de Franz Liszt - texte de Moritz von Strachwitz
    -« La Belle Hedwige » - musique de Robert Schumann - texte de Friedrich Hebbel
    -« L'Enfant de la lande » - musique de Robert Schumann - texte de Friedrich Hebbel
    -« Les Fugitifs » - musique de Robert Schumann - texte de Percy Bysshe Shelley
    -« Adieu à la terre » - musique de Franz Schubert - texte d'Adolph von Pratoverbera
    -« Lénore » - musique de Franz Liszt - texte de Gottfried August Bürger - traduction de Gérard de Nerval
    -« L'amour du poète défunt » - musique de Franz Liszt - texte de Mór Jókai

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