Clement De Gaulejac

  • Se pourrait-il que la modernité artistique ne soit pas la rupture que l'on prétend? Qu'au-delà des bouleversements successifs de l'histoire de l'art, il y ait une continuité archéologique entre les empreintes de main de l'art pariétal et les expérimentations artistiques contemporaines? Nous n'en savons malheureusement pas grand-chose, sinon qu'aujourd'hui comme il y a 35 000 ans, les artistes se posent des questions. Ce livre en donne à voir quelques-unes; il met en scène des gestes, des attitudes, des discours, par lesquels les artistes affrontent les affres de cette vocation problématique. Il s'intéresse à la candeur et à la mauvaise foi de ces milliers de petits maîtres sensibles et téméraires. Il est enfin le fruit d'un émerveillement que l'on espère contagieux : en dépit de toutes les récupérations, et malgré la misère économique qui les pousse à vivre en marge d'un système qui ne les reconnaît jamais vraiment, il y a encore et toujours des artistes - ces bricoleurs bavards, jamais aussi nécessaires que lorsqu'ils sont parfaitement inutiles.

  • Au problème complexe des finances de l'État, il y aurait, nous dit-on, une réponse simple : couper, démanteler, réduire, détruire, restreindre. Devant la diminution de sa marge de manoeuvre politique, la réponse de notre gouvernement se résume ainsi à diminuer davantage cette marge de manoeuvre. Drôle de réflexe. Nous avons souhaité réfléchir à ce paradoxe dans le nouveau numéro de Liberté : au-delà de sa dimension économique, quelles sont les implications sociologiques, psychologiques et esthétiques de l'austérité ?

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