Claude La Charite

  • Au coeur de ce numéro, tout d'abord un grand dossier préparé sous la direction de Nicholas Dion et s'interrogeant sur les livres anciens en sol québécois. Ces écrits du Moyen-Âge, de la Renaissance et des quelques siècles suivants constituent notre patrimoine lettré. Leur importance est capitale : « De fait, au-delà de leur contenu ou de leur valeur intrinsèque, ces imprimés anciens permettent de mieux comprendre la dynamique des transferts des savoirs entre l'Ancien et le Nouveau Monde, de manière à retracer la formation, au Québec, d'une culture à la fois littéraire et philosophique ». Quels sont-ils, et où sont-ils aujourd'hui conservés? Principalement dans les différentes institutions d'enseignement, bien entendu. Études littéraires nous dresse donc plusieurs portraits de joyaux du patrimoine livresque : bibliothèques universitaires (McGill, Sherbrooke), religieuses (Séminaire de Québec), manuscrits d'époque reculées (XVe et XVIe siècles... La revue propose également des analyses littéraires ainsi qu'une section débats où dialoguent Maxime Decout et Jean-Paul Sermain.

  • Le mot recueil (du latin recolligere : rassembler) représente l'une des nombreuses expressions désignant, au XVIe siècle, un ouvrage formé d'une pluralité de composantes dont le degré de parenté est variable. Il apparaît aujourd'hui comme le terme le plus général pour rendre compte des Meslanges, OEuvres, Tombeaux et autres compilations dont le lectorat de la Renaissance était manifestement friand. Par leur intitulé pluriel (Nouvelles Recreations et Joyeux Devis) ou singulier collectif (Heptaméron), ces ouvrages donnent à entendre qu'ils reposent sur une dialectique du simple et du multiple, du long et du bref, puisque la juxtaposition de textes plutôt courts (maximes, poèmes, épîtres, nouvelles) résulte en un ensemble parfois monumental. Aux yeux des lecteurs des XIXe et XXe siècles, de tels agencements sont souvent apparus aléatoires. Pourtant, l'on peut sentir, dans certains textes de la
    Renaissance, une volonté de soumettre le recueil à une force unificatrice qui ordonne les manifestations du multiple. L'ouvrage se révèle alors tributaire d'effets d'ensemble, ne serait-ce que ceux résultant de
    la simple contiguïté des textes.

empty