Claude Forest

  • Dans des pays caractérisés par une profusion d'images essentiellement venues d'autres continents, et par une production très inégale, voire inexistante, quels ont été les modèles dominants de production ? Quels sont ceux que les mutations en cours font émerger ? Quels sont les enjeux économiques, industriels et sociaux de cette mutation numérique ? Quels en sont les principaux acteurs ? Qu'en est-il de la participation et du rôle des États ? Quels liens financiers, politiques, juridiques, demeurent avec les anciennes métropoles coloniales, avec les nouveaux acteurs de la production ? Qu'en est-il des équipements et de la formation des personnels ? Des contributions de chercheurs abordent ces questions en différents pays d'Afrique et du Moyen-Orient, sous des angles économiques, sociologiques et historiques. Complémentairement, six témoignages de producteurs évoquent leur métier, et les questions spécifiques qui se posent pour eux en travaillant en et avec ces aires géographiques.

  • Après un demi-siècle erratique, la production des films et oeuvres audiovisuelles connaît dans les anciennes colonies françaises d'Afrique sud saharienne une effervescence. Il convenait de mieux connaître les contraintes et conditions d'exercice du métier de producteur en cette région. Après avoir questionné les critères et définition de cette production cinématographique, l'ouvrage recense l'ensemble des longs métrages produits depuis les indépendances, et en livre certaines caractéristiques économiques. Il donne également la parole à vingt-deux producteurs africains de tous les pays concernés, réputés ou encore inconnus.

  • En 2020, sur la vingtaine de pays concernés, plus de la moitié ne possèdent au plus qu'une seule salle de cinéma en activité, et rares sont ceux qui arrivent à produire et distribuer régulièrement ne serait-ce qu'un film par an. Production, distribution, exploitation des films, mais aussi industries techniques n'ont jamais existé que dans une minorité de ces pays. Pour tenter de comprendre le phénomène, dix-huit auteurs de quinze nationalités différentes en retracent l'histoire et les cheminements depuis 1960, posant des jalons sur cette question peu traitée du rôle des États africains francophones vis-à-vis de leur filière cinématographique nationale.

  • L'apparition et le développement du cinéma en salles dans les colonies d'Afrique occidentale et équatoriale française sont essentiellement du fait de Français. Les deux entreprises d'importation et de diffusion des films finiront par être rachetées en 1973 et les trois centaines de salles rapidement revendues aux Africains. Sept ans plus tard, ce sera au tour de la distribution de la totalité des films, prélude immédiat à un effondrement extrêmement rapide de l'ensemble de la filière cinéma sur la zone. Néanmoins, la compréhension des évènements de cette décennie cruciale permet seule de savoir pourquoi la disparition des intérêts français, réclamée par les réalisateurs africains, signera en réalité la mort des salles de cinéma dans tous leurs pays, et l'impossibilité d'amorcer une production pérenne de films.

  • Les festivals de cinéma constituent un phénomène en forte croissance, tant dans le monde entier que sur le continent africain. En s'appuyant sur de nombreux cas concrets, la variété des situations et contraintes transparaît nettement. Mais dans ces pays qu'est-ce qu'un festival de cinéma ? Ne doit-on pas s'interroger sur ce qu'est aujourd'hui le cinéma dans une région du monde qui ne possède pas, ou plus, de salles de cinéma, pas plus que d'industrie de l'audiovisuel, ni de législation l'encadrant voire le définissant ?


  • Pourquoi le cinéma américain a-t-il acquis tant de puissance ? Pourquoi les producteurs européens cherchent-ils des partenaires dans des pays voisins, Pourquoi le taux de fréquentation des salles a t-il baissé partout en Europe quatre décennies durant ? Comment l'industrie cinématographique s'est-elle mise en situation de multiples dépendances ? Telles sont quelques-unes des questions soulevées par l'auteur dans la première partie de son ouvrage, un panorama transnational de l'industrie cinématographique européenne. La seconde partie monographique décrit la situation actuelle de toutes les industries cinématographiques européennes pays par pays. On y trouvera en particulier des états mis à jour sur des pays peu étudiés de ce point de vue : l'ex-Yougoslavie, l'Irlande ou les États baltes. Dans ce panorama global, c'est un diagnostic dépassant les explications strictement nationales que nous propose l'auteur. Il nous permet de mesurer les faiblesses de l'Europe et les forces des États-Unis leur assurant cette domination, en l'occurrence peut-être plus symptomatique que dommageable.

  • Quatre enquêtes de terrain menées auprès de 3 000 personnes dans deux pays d'Afrique du Nord (Maroc, Tunisie) et deux du Sud du Sahara (Tchad, Togo), à partir d'un questionnaire commun avec des adaptations locales, posent un jalon dans une réflexion sur les rapports que ces publics entretiennent aujourd'hui avec les films en Afriques. L'analyse permet de rendre compte des oeuvres vues, par quels moyens dans différents contextes, et de questionner les usages, les sociabilités qu'ils suscitent, les cultures de films qui en découlent, etc. Il s'agit ainsi d'interroger le statut du film dans le jeu de l'offre et de la demande de productions audiovisuelles dans les pays concernés, la place de la production locale sur des marchés longtemps dominés par les productions audiovisuelles occidentales. Ce volume est un approfondissement des premiers résultats d'enquête publiés dans Regarder des films en Afriques (Presses universitaires du Septentrion, 2017).

  • Retraçant l'histoire de cette salle de quartier totalement atypique et devenue un lieu de visite touristique, analysant sa programmation et le comportement de son public très loin des clichés convenus, l'ouvrage est largement illustré par des images d'archives du Beverley. Une série de photos originales redonne vie au lieu, dévoile ses coulisses, et de nombreuses affiches de l'époque l'enrichissent en rappelant l'ambiance de celle qui fut la plus ancienne salle porno de France.

  • Le cinéma en Afriques se trouve devant une situation inédite. La disparition des salles de cinéma sur ce continent coïncide avec une production de films accrue, y compris de ces pays, et une diffusion considérablement développée pour une grande partie des populations urbaines. Mais où et comment sont-ils vus ? De quels films s'agit-il ? Sommes-nous toujours dans le cinéma ? Un ensemble de travaux tente de répondre à ces questions, posant un jalon dans une réflexion sur les rapports que des publics entretiennent aujourd'hui avec des films en Afriques. Ces recherches de rendent compte de la façon dont les mutations technologiques affectent le rapport aux films dans des régions caractérisées jusqu'à très récemment par la rareté dans des économies du cinéma et de l'audiovisuel largement dominées par les pays occidentaux. Sont livrés également les premiers résultats d'une enquête comparative inédite menée en Tunisie, au Togo et au Tchad sur la façon dont les spectateurs voient aujourd'hui des films.

  • La part croissante de l'internationalisation dans le montage financier des productions cinématographiques et audiovisuelles constitue un fait majeur depuis la fin du xxe siècle. Certains États encouragent fortement leur production, notamment fiscalement, modifiant la voilure des alliances internationales et le niveau quantitatif comme qualitatif des films et séries. La multiplication des guichets institutionnels amène les producteurs à exercer une veille sur les dispositifs publics, rechercher l'optimisation des montages de financement en fonction des critères d'attribution des fonds de soutien et non plus seulement artistiques, et établir des stratégies de coopération entre structures de pays tiers. Pour la première fois en France, place est faite dans un ouvrage aux analyses de chercheurs mobilisant des approches complémentaires - économiques, sociologiques ou historiques - et, surtout, à des producteurs de toutes tailles dévoilant leurs pratiques complémentaires.

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