Chantal Delsol

  • Nous avons cru que les droits de l'homme valaient partout et pour tous. Ils sont désormais dénoncés à l'extérieur par les autres civilisations et à l'intérieur même de nos démocraties. Comment penser cette crise ? Comment y répondre ? Comment maintenir l'idée de l'Universel ? Par l'une des grandes philosophes d'aujourd'hui.
    Après la Seconde Guerre mondiale et la chute du mur de Berlin, nous avons cru à la victoire définitive de notre vision du monde, caractérisée par l'individualisme libéral, le cosmopolitisme et la démocratie des droits de l'homme. Mais depuis le tournant du siècle, plusieurs cultures mondiales s'opposent clairement et fermement aux principes occidentaux considérés jusque-là comme universels. La démocratie est décriée ou dégradée, et l'autocratie nommément défendue, en Chine et à Singapour, dans certains pays musulmans, en Russie. En outre, apparaissent au sein même de l'Occident des gouvernements dits populistes ou illibéraux, opposés au libéralisme et à l'individualisme postmodernes. Ce débat conflictuel déployé tant sur le plan occidental que sur le plan mondial traduit un nouvel assaut de la vision du monde traditionnelle, holiste, face à la vision progressiste et individualiste.
    Des deux côtés fleurissent les excès. En Occident, l'humanisme classique transformé en humanitarisme. En face, des cultures parfois devenues des idéologisations de leurs traditions. C'est un énième épisode, mondialisé, de la discorde entre les modernes et les anti-modernes : ce qu'on a appelé au xxe siècle la " guerre des dieux ".

  • L'enfant exprime et traduit l'humanité davantage que l'adulte, parce qu'il se trouve à la source. Il n'a pas eu encore le temps ni les moyens de corriger, d'altérer, de dissimuler. Il reçoit le choc de la condition humaine pour ainsi dire de plein fouet, sans pouvoir encore comprendre ni répondre. Dans son incomplétude même, l'enfant dépeint la vérité humaine, à commencer par ce sentiment d'abandon appelant sans cesse le sens, la raison et l'espoir. L'enfant désigne notre destin. Il raconte une déréliction vécue, mais altière parce que constamment portée par l'amour. Il raconte en même temps, dans les tribulations de son grandissement, l'aventure la plus risquée et la moins vaine qu'il nous soit donné de connaître ; et à ce titre, parce que à la fois tellement exposée et tellement décisive, l'entreprise qui a le plus besoin d'un ancrage et d'un enracinement. C. D.

  • À quoi tenons-nous ? Quelles sont nos « pierres d'angle », ces principes auxquels nous sommes attachés presque à notre insu ? La dignité humaine, la conscience personnelle, le projet d'amélioration du monde, la quête de la vérité : certains voudraient nous faire croire que ces pierres d'angle sont nées par génération spontanée. Et pourtant elles ne peuvent se déployer que dans un terreau préparé. C'est bien de l'héritage judéo-chrétien qu'elles proviennent, de ce monde de la personne, de l'espérance, de l'universel auquel nous appartenons. Ainsi, la fin actuelle de la chrétienté, si elle traduit le terme d'une puissance, ne signifie aucunement la fin du christianisme, lequel représente toujours l'inspirateur principal de ceux-là mêmes qui cherchent à le broyer. On ne se défait pas de soi.

  • À l'heure où le modèle fédéraliste, les institutions de l'Union européenne et les compétences de Bruxelles sont contestés, voici l'étude décisive sur la subsidiarité à travers les âges. Car, si la notion apparaît comme telle au XIXe siècle, la pensée qui la fonde remonte aux origines de la culture européenne. Relisant les grands textes qui lui donnent sens, d'Aristote à Thomas d'Aquin, d'Althusius à Hegel, de Proudhon à Hayek, c'est une vue en coupe de l'histoire de la philosophie politique qu'offre ici Chantal Delsol. Passant au crible les courants qui ont défini mais aussi récupéré ou déformé la subsidiarité, ce maître-ouvrage accomplit ainsi une critique lucide et salutaire de l'idéologie contemporaine.

  • Le « populisme » évoque un courant d'opinion fondé sur l'enracinement (la patrie, la famille) et jugeant que l'émancipation (mondialisation, ouverture) est allée trop loin. Si le « populisme » est d'abord une injure, c'est que ce courant d'opinion est aujourd'hui frappé d'ostracisme.
    Cet ouvrage a pour but de montrer sur quoi repose cet ostracisme, ses fondements et ses arguments. Et les liens entre le peuple et l'enracinement, entre les élites et l'émancipation.
    Il est normal qu'une démocratie lutte en permanence contre la démagogie, qui représente depuis l'origine sa tentation, son fléau mortifère. Mais une démocratie qui invente le concept de populisme, autrement dit, qui lutte par le crachat et l'insulte contre des opinions contraires, montre qu'elle manque à sa vocation de liberté.
    Le populisme est le sobriquet par lequel les démocraties perverties dissimulent vertueusement leur mépris pour le pluralisme.

  • Le XXe siècle a été dévasté par la démiurgie des totalitarismes qui, espérant transfigurer le monde, n'ont abouti qu'à le défigurer. Mais il serait faux de croire que ces illusions totalitaires nous ont quittés. Car nous avons rejeté avec force le totalitarisme comme terreur, mais tout en poursuivant les tentatives de transfiguration du monde. Au point de l'histoire où nous en sommes, le débat et le combat opposent ceux qui veulent encore remplacer ce monde, et ceux qui veulent le défendre et le protéger. La conviction de Chantal Delsol est qu'une partie de l'Occident postmoderne, sous le signe d'un certain esprit révolutionnaire, au sens de radicale utopie, mène une croisade contre la réalité du monde au nom de l'émancipation totale. La philosophe définira ainsi le projet de la modernité tardive : une démiurgie émancipatrice dans le sillon des Lumières françaises de 1793 et du communisme, oeuvrant sans la terreur et par la dérision, toujours barbare mais promue par le désir individuel et non plus par la volonté des instances publiques. Un essai cinglant et sans compromission par l'une des meilleures philosophes de notre époque.

  • L´illettrisme, et l´échec scolaire en général, devrait nous interroger bien au-delà de nos préjugés. C´est un fait qui, plus de cent ans après Jules Ferry, met en cause notre système en profondeur. Pourquoi l´Education nationale fonctionne-t-elle si mal, en dépit de bataillons d´enseignants fervents ? Parce que la France vit d´un faux égalitarisme - qui produit les inégalités au marché noir -, parce que la planification ne mène nulle part, parce que nous croyons sottement que seuls les intellectuels sont intelligents, parce que le corporatisme qui a remplacé les idéologies n´a rien amélioré.La détresse du petit Pierre qui ne sait pas liredevrait sonner l´hallali de toutes nos idées reçues. Et nous engager dans la voie d´un libéralisme ordonné, de l´autonomie véritable des établissements, de l´université sélective et payante.Un plaidoyer pour le réalisme.Chantal Delsol, professeur des universités en philosophie et membre de l´Institut, est l´auteur d´ouvrages de philosophie, d´essais et de romans.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Où va la démocratie aujourd'hui ? Pourquoi cette crise ? Qu'en est-il à l'échelle planétaire. Ce sont plus de 100 auteurs internationaux de tous bords que la philosophe Chantal Delsol a réuni dans cette somme sans précédent en France comme à l'étranger. Un livre événement.
    Ce sont cent intellectuels de France et des quatre coins du monde que Chantal Delsol et Giulio De Ligio ont réunis ici pour une enquête sans précédent sur l'état planétaire de la démocratie.
    À l'heure des isolationnismes, des autocraties et des populismes, qu'en est-il de la théorie et de la pratique de ce qui semblait hier encore le bien politique absolu, et le premier critère progressiste de l'ère moderne ?
    Embrassant de Washington à Beijing, de Dublin à Bucarest, sans oublier Bruxelles et Paris, mais aussi l'Amérique du Sud ; détaillant les concepts et les idéologies ; décrivant les institutions et les pouvoirs, cette somme, savante, libre et engagée, répond à cette question cruciale.
    Face à la tentation illibérale, un véritable ouvrage collectif de débat et un appel à la raison des peuples.

  • Si « l'utilisation de la notion d'identité commence par une critique de cette notion », notait Claude Lévi-Strauss dans son séminaire sur L'identité, il est indispensable, nuançait-il, de voir en elle le « foyer virtuel » qui rassemble les traits dominants d'une culture. L'Europe a ainsi constitué son identité mouvante à travers les siècles en intégrant rétrospectivement dans ce foyer les sources grecque, romaine et chrétienne ainsi que de multiples influences extérieures. Tel est son premier paradoxe : sa culture particulière s'est reconnue comme le foyer de la culture universelle en soumettant le monde à une investigation rationnelle et critique. Mais lorsque la critique retourne la raison contre elle-même, elle succombe à la tentation de désavouer sa propre culture. Tel est le second paradoxe de l'Europe : en doutant aujourd'hui de sa vocation à exprimer l'universel, elle se résigne à ce que Valéry appelait, dans Regards sur le monde actuel, « l'illusion perdue d'une culture européenne ».

  • Publication des Actes du colloque, Paris, 20 et 21 mai 2019.
    Stéphane Bauzon (Rome)
    Mathieu Bock-Côté (Québec)
    Mate Botos (Budapest)
    Alessandro Campi (Pérouse)
    Jean-Marc Coicaud (USA)
    Giulio De Ligio, (Paris)
    Chantal Delsol (Paris)
    Gil Delannoi (Paris)
    Philippe d'Iribarne (Paris)
    Malgorzata Kowalska (Varsovie)
    Robert Legros (Bruxelles)
    Pierre Manent (Paris)

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