Catherine Lafrance

  • Un petit village nordique. Probablement le seul à avoir survécu aux grands cataclysmes climatiques qui ont provoqué la fin du monde. Ses habitants n'espèrent qu'une chose : que l'ours polaire réapparaisse. Depuis son départ, les morses pullulent, les stocks de poissons s'épuisent ; la survie du village est menacée. Aloupa, le vigile, est celui qui a la lourde tâche de surveiller les signes d'un retour de l'ours. Or, un jour, des circonstances inattendues le forcent à emmener à son poste de garde sa petite-fille Sakari, adolescente timide qui se verra obligée de délaisser ses amis pour faire la vigie avec son grand-père. Le retour de l'ours se déroule sur fond de luttes de pouvoir, de guerre des sexes et d'un hypothétique, mais très attendu retour à l'équilibre de la nature. À la frontière du roman d'anticipation et de la fable écologique, ce véritable «roman du Grand Nord» résiste habilement aussi bien au discours moralisateur qu'à toute représentation folklorique convenue. Un tour de force, vraiment !

  • Comment survivre quand ceux qu'on aime plus que tout nous ont quittés à jamais ? Laura se jette à corps perdu dans tout ce qui peut l'empêcher de penser : déménagement, rénovations, alcool, ménage, et course à pied qu'elle pratique au-delà de ses limites pour oublier la douleur logée au fond de son coeur depuis cinq ans. Éric, lui, dès qu'un souvenir souffrant émerge, tente de se jeter dans le vide, du haut de son immeuble. Mais au moment de sauter, il hésite, laisse passer la crise, le moment, l'élan... et il fait marche arrière. Quant à Joe, il veut fuir un passé qui le rattrape sans cesse pour lui recracher au visage ce à quoi il a tenté de se soustraire. Les destinées de Laura, Éric et Joe se croisent par hasard. La douleur s'apaise-t-elle quand elle est conjuguée au pluriel ? Certains guériront, d'autres pas. Mais à tous l'espoir sera permis.

    Avec une sensibilité frémissante, peignant aussi bien l'ombre que la lumière, Catherine Lafrance donne vie à trois personnages qui ont déjà trop souffert. Dans cette vallée qui longe une rivière qui se jette dans un lac qui borde une ville, on les suit tour à tour, roulant, marchant, courant, trébuchant avec eux. Et quand les rêves et les désirs s'enflamment, on se prend à espérer que la vie leur sourira à nouveau.

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