Catherine Caron

  • Le dossier du numéro de mars-avril 2017 de Relations s'intéresse aux violences faites aux femmes au Québec, un fléau que l'actualité des derniers mois (banalisation des agressons sexuelles, violence policière et systémique à l'endroit des femmes autochtones...) s'est malheureusement chargée de nous rappeler. Deux ans après le mouvement «Agression non dénoncée », l'auteure féministe Aurélie Lanctôt fait le point; elle est accompagnée de sept autres femmes qui signent autant de textes sur différents sujets, et du documentariste Will Prosper qui nous parle féminisme au masculin. Également au sommaire, un débat sur la place du numérique à l'école, un regard sur la position trouble du Maroc en matière de torture, une analyse du processus de paix en Colombie, la chronique poétique de Rodney Saint-Éloi et le Carnet de Catherine Mavrikakis. L'artiste invitée de ce numéro est la créatrice multidisciplinaire Brigite Normandin, qui travaille depuis quelques années l'anatomie féminine au travers d'oeuvres hybrides mêlant dessin, peinture, couture et collage d'objets trouvés et juxtaposés.

  • Le contrat social qui fait de notre système de retraite un instrument majeur de solidarité sociale et intergénérationnelle est de plus en plus fragilisé. Devant le déséquilibre démographique et les déficits actuariels appréhendés, la tendance déjà lourde à faire entièrement reposer sur les individus la responsabilité d'épargner pour la retraite s'accentue, le rapport D'Amours l'a montré. Au-delà des inégalités que ce système imparfait perpétue, notamment à l'égard des femmes, c'est la possibilité d'une retraite décente pour tous qui est en jeu. Si l'on souhaite éviter que notre système de retraite bénéficie essentiellement aux institutions financières privées, la bonification des régimes publics et collectifs dans une optique de solidarité intergénérationnelle est non seulement un choix possible, il est plus que jamais nécessaire.

  • Une tranche de vie, une fresque sociale où trois effeuilleuses, ces femmes qu'on regarde, mais qu'on n'écoute jamais, prennent enfin la parole. Un regard sur notre comportement dans la vie publique et l'intimité, sur les désirs et les frustrations face aux rêves inpsirés par le bombardement d'images publicitaires des médias.

  • Depuis plusieurs années, les élites néolibérales martèlent que le Québec est dans le rouge et vit au-dessus de ses moyens. À force d'être répété, le message a fini par être largement accepté. Or, le mythe tenace qui prétend que l'état des finances publiques québécoises est catastrophique et qu'il justifie les mesures d'austérité des dernières années doit être déboulonné. Car ces mesures cachent plutôt un projet politique de privatisation accrue et de dépossession de la majorité au profit d'une minorité fortunée et des multinationales. Pourtant, des solutions existent et d'autres voies permettent de penser un Québec plus juste et solidaire. Il en est question dans le dossier central de ce numéro. À lire aussi hors dossier, une analyse de la montée de la droite en Amérique latine ainsi qu'un entretien avec Gregory Baum, théologien et proche collaborateur de Relations depuis 30 ans, un homme libre au parcours atypique. Également au sommaire, un débat sur la figure du pape François : s'il incarne un vent de fraîcheur au sein de l'Église catholique, peut-il vraiment être un agent de changement et de progrès?

  • Alors que l'idéologie de la croissance et du progrès technique s'impose comme seul repère valable pour penser la vie collective, résister à cet aplatissement du monde exige qu'on y oppose du sens. Dans une société où la religion est de plus en plus évacuée, l'humanisme peut être un point de rencontre entre croyants et non-croyants de toutes traditions dans la quête pour la justice, la liberté et l'égalité. Mais tandis que le développement technologique effréné nourrit le fantasme du dépassement des limites de l'espèce humaine, comment renouer avec une conception entière de l'humain, réconciliant corps et esprit, nature et culture, individu et société? Avec les textes de Jean-Claude Ravet, Yvon Rivard, Vivian Labrie, Nicolas Le Dévédec et Marc Chabot, entre autres.

  • Mais il ne suffit pas de se tenir debout sur l'autre rive du fleuve, plus récent numéro de la revue Moebius, a été dirigé par Nicholas Dawson et Karine Rosso. Retrouvez-y exceptionnellement deux traductions de l'espagnol, soit Lina Meruane traduite par Marie Houdayer et Adalber Salas Hernández traduit par Sonya Malaborza, ainsi que des créations de Laetitia Beaumel, Loïc Beauregard-Lefebvre, Mathieu Blais, Arianne Caron Poirier, Isabel Corona, Mélodie Drouin, Symon Henry, Patricia Houle, Clara Lamy, Catherine Anne Laranjo, Renato Rodriguez Lefebvre, Alexandre Tremblay, et un texte de 2010 de Guy Sioui Durand- Tsie8ei 8enho8en, dans le cadre de la rubrique du fonds. L'écrivaine en résidence Yara El-Ghadban raconte les beaux écarts de l'amour et Éléonore Goldberg signe la couverture en dérive. Mélikah Abdelmoumen pense l'édition. Natasha Kanapé Fontaine écrit une lettre au penseur Felwine Sarr. La citation-thème est une phrase tirée de l'oeuvre de la théoricienne queer et postcoloniale Gloria Anzaldúa. (source: Moebius)

  • Ce numéro de printemps de Lettres québécoises est sous le signe de la poésie. La discrète poète Martine Audet (en couverture) se dévoile dans un autoportrait poétique et répond aux questions de son amie Catherine Mavrikakis dans « un entretien n'en est pas un, car c'est l'oeuvre d'Audet qui parle ». Gaston Bellemare est en entrevue pour souligner la 30e édition du Festival international de poésie de Trois-Rivières qui se tenait en octobre dernier et un article sur le Printemps des poètes nous rappelle que le Mois de la poésie est à nos portes. À lire aussi dans ce numéro, un dossier abordant la problématique de l'enseignement et de l'apprentissage de la littérature québécoise au secondaire et au collégial.

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