Caroline Fourest

  • «  C'est l'histoire de petits lynchages ordinaires, qui finissent par envahir notre intimité, assigner nos identités, et censurer nos échanges démocratiques.  Une peste de la sensibilité. Chaque jour, un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d'une cause, exige, menace, et fait plier.
    Au Canada, des étudiants exigent la suppression d'un cours de yoga pour ne pas risquer de «  s'approprier  » la culture indienne. Aux États-Unis, la chasse aux sorcière traque les menus asiatiques dans les cantines et l'enseignement des grandes oeuvres classiques, jugées choquantes et normatives, de Flaubert à Dostoïevski. Des étudiants s'offusquent à la moindre contradiction, qu'ils considèrent comme des «  micros-agression  », au point d'exiger des «  safe space  ». Où l'on apprend en réalité à fuir l'altérité et le débat.
    Selon l'origine géographique ou sociale, selon le genre et la couleur de peau, selon son histoire personnelle, la parole est confisquée. Une intimidation qui va jusqu'à la suppression d'aides à la création et au renvoi de professeurs. La France croyait résister à cette injonction, mais là aussi, des groupes tentent d'interdire des expositions ou des pièces de théâtre... souvent antiracistes  ! La police de la culture tourne à la police de la pensée.  Le procès en «  offense  » s'est ainsi répandu de façon fulgurante. «  L'appropriation culturelle  » est le nouveau blasphème qui ne connaît qu'une religion  : celle des «  origines  ».  »C. F.Sans jamais vouloir  revenir à l'ancien temps, Caroline Fourest trace ici une voie authentiquement féministe et antiraciste, universaliste, qui permet de distinguer le pillage de l'hommage culturel.

  • Génie de la laïcité

    Caroline Fourest

    • Grasset
    • 12 Octobre 2016

    Harcelée par les intégristes et leurs provocations, caricaturée et moquée dans les médias anglo-saxons, la laïcité est devenue un enjeu mondial et passionnel.   On raconte n'importe quoi à son sujet. On lui fait dire aussi n'importe quoi. Il y a ceux qui voudraient la « toiletter », l'adapter à l'Islam, l'accommoder, l'ouvrir ou tout céder. Et ceux qui, au contraire, voudraient interdire le voile a la plage ou a l'universite .  « Ni capitulation, ni persécution », disait Ferdinand Buisson, un des pères de l'école laïque. C'est la ligne de ce livre. Il répond aux faux-procès, dévoile la guerre culturelle menée par les partisans du modèle américain, retrace l'histoire de la loi de 1905 et de l'école laïque jusqu'à nos jours, éclaire les lignes de fractures, et propose un manifeste pour une politique réellement laïque, fidèle à l'esprit de la Séparation. Lucide, limpide et indispensable, cet ouvrage défend une vision combattive et équilibrée du modèle français de laïcité, qui n'est pas un glaive, mais un bouclier.

  • éloge du blasphème

    Caroline Fourest

    • Grasset
    • 29 Avril 2015

    « Menacés par les fanatiques, censurés par les lâches, les esprits libres de tous les continents n´en finissent plus de se battre, sur tous les fronts, pour maintenir un monde éclairé. La lumière qui les guide s´appelle le droit au blasphème. » Caroline Fourest Après l´immense émotion qui a suivi l´attentat contre Charlie Hebdo, Caroline Fourest revient sur ces voix qui, au nom de la « responsabilité », de la peur d´ « offenser » ou du soupçon d´ « islamophobie », n´ont pas voulu « être Charlie ».
    Dans cet essai pédagogique sans concessions, elle recadre les débats sur la liberté d´expression et alerte sur les dangers d´une mondialisation de l´intimidation. Elle clarifie la ligne de fracture entre laïcité à la française et relativisme anglo-saxon. Entre droit au blasphème et incitation à la haine. Entre Charlie et Dieudonné. Entre rire du terrorisme, et rire avec les terroristes.

  • Une gauche qui, au nom du passé colonial de la France, devient antisioniste. Parfois antisémite. Et finit même par soutenir sans réserve les islamistes. Des féministes qui défendent le voile au nom de la liberté des femmes, ou qui traitent d'autres féministes de « racistes » parce qu'elles refusent de militer pour un « féminisme avec l'islam ». Des altermondialistes qui, parce qu'ils haïssent Bush et l'Amérique, forment des collectifs avec les prêcheurs de haine. De la Conférence de Durban à la pétition des « indigènes de la République » en passant par le débat sur les signes religieux à l'école et les forums sociaux européens de Londres (où l'un des responsables d'ATTAC se fit huer pour avoir défendu la laïcité à la française), la gauche associative a perdu tous ses repères. Au nom des mêmes valeurs et des mêmes mots, au nom du féminisme, de la laïcité, de l'égalité, du progrès, au nom de l'anti-racisme, deux gauches s'opposent aujourd'hui. Jusqu'à ne plus se reconnaître. Jusqu'à ne plus participer aux mêmes manifestations. Jusqu'à se haïr. Jusqu'à reconsidérer une histoire qui traverse le vingtième siècle.
    Caroline Fourest, engagée depuis toujours contre les extrémismes (Front National, homophobie, racisme, antisémitisme), à travers ses livres, et sa revue ProChoix, est au coeur de ce débat. Les associations avec qui elle militait hier pour le PaCS et contre les intégristes chrétiens... sont parfois aujourd'hui pour le voile et aux côtés des intégristes musulmans. Elle refuse ce piège. Elle pense qu'on peut être laïque et tolérant. Préférer une femme libre à une femme en burqa. Sans pour autant être « islamophobe » ou pro-Bush. Comme semble le penser une certaine gauche aveugle au point de rejouer la complainte des « idiots utiles ». Inlassablement et selon la méthode éprouvée de son Frère Tariq, Caroline Fourest se fait pédagogue et pamphlétaire. Elle cite, enquête, contredit, récuse : pour qu'une certaine gauche renonce à cette nouvelle tentation totalitaire.

  • Caroline Fourest s´est fait une spécialité de clarifier et de mettre en lumière les grands débats comme les aime notre époque, mouvante et inquiète. Avec un talent unique, elle créée des concepts, les clarifie, et fournit ainsi une « boîte à outils » intellectuelle pour ceux qui se sentent malmenés ou perdus dans les violentes ruelles de la pensée. Ainsi, dans La tentation obscurantiste, Caroline Fourest ouvrait une voie d´analyse historique sur la gauche française : elle distinguait deux gauches, l´une fondée sur la résistance au nazisme ; l´autre fondée sur la lutte contre le colonialisme. Cette clé d´apparence simple n´a cessé de montrer sa force, et d´être reprise par tous. Depuis bientôt quatre ans, Caroline Fourest travaille sur une question majeure : l´agonie de l´universalisme - notre dernière utopie. Cette belle ambition, gravée dans le marbre de la Déclaration universelle des droits de l´homme de 1948, est battue en brèche. Pourtant, il n´existe pas de meilleur remède à la crise que connaît le multiculturalisme depuis le 11 septembre 2001, à force de tout tolérer au nom de la culture et du religieux. Cet enjeu dépasse largement l´aspect rhétorique. Il est au coeur de débats qui agitent quotidiennement le monde. Les Nations-Unies, le Canada, les Etats-Unis, l´Afrique du Sud, l´Australie, l´Inde, la Belgique, les Pays-Bas, la France... Dans tous les pays où le respect des minorités et le culte de la diversité progresse, on se déchire pour savoir comment concilier droit à la différence et respect des valeurs communes. Peut-on tout tolérer - l´excision ou l´infanticide - au nom des coutumes ? Faire passer le respect du voile avant l´égalité hommes-femmes ? Accepter des menus séparés dans les cantines ? Des créneaux non-mixtes dans les piscines ? Faut-il retirer les sapins de Noël des places publiques ? Reconnaître des arbitrages basés sur la charia ? Dans ce livre puissant, Caroline Fourest explique le « modèle français », admiré et controversé, le malentendu avec le monde « anglo-saxon ». Elle revient sur la Révolution française, la Constitution américaine, raconte le débat canadien sur les « accommodements raisonnables ». Elle rend clair, enfin, les termes qui nous font perdre la tête : communautaire, communautarisme, multiculturalisme, essentialisme, racisme, islamophobie, musulmanophobie... Et nous livre, à trente ans, le bréviaire courageux sur lequel rebâtir l´envie de faire société.

  • Inna

    Caroline Fourest

    • Grasset
    • 22 Janvier 2014

    A vingt-trois ans, Inna Shevchenko est célèbre. Qui ne connaît ses yeux verts, ses cheveux blonds couronnés de fleurs, ses seins nus, peints de slogans noirs dénonçant les religions, les dictatures et la prostitution ?
    Pourtant, l´icône politique reste une énigme. Qui est vraiment cette élève brillante, éduquée par un père colonel dans l´Ukraine post-soviétique ? Comment a-t-elle découvert l´engagement politique au lycée, au moment de la Révolution orange, avant de se jeter à corps perdu dans le mouvement Femen ? Qui est cette femme battue et arrêtée cent fois, torturée en Biélorussie, fuyant son pays après avoir tronçonné une croix en soutien aux Pussy Riots ?
    Caroline Fourest a accompagné Inna dès le premier jour de son exil à Paris. Elle s´est engagée avec elle, parfois contre elle... Lors des combats de rue face à Civitas, pour sauver Amina en Tunisie. Paris serait-elle redevenue la capitale de la révolution ? Bien plus que le portrait d´une héroïne fascinante, ce livre raconte l´odyssée d´une frondeuse tourmentée, tentée par le nihilisme, qui exige en tout la liberté mais s'impose une vie de soldate.
    Dans ce récit haletant, tout est vrai : la solitude, la force d´âme, le goût un peu âcre de la vérité. Tour à tour enquêtrice, conseillère, amie, amoureuse et femme libre, Caroline Fourest raconte à la fois ses doutes, leurs combats et leur romance. Et pour la première fois, se livre.

  • Peut-on être de gauche, progressiste et même utopiste, sans avoir à choisir entre la lucidité et l'ambition, face aux crises que nous traversons ? Dans notre monde en ébullition, tous les choix ne se valent pas.
    Intégrismes, racismes, blasphème, laïcité, crise du multiculturalisme, crise financière, écologie, régulation de la finance, Europe politique, nucléaire, conflit israélo-palestinien, printemps démocratique, hivers islamistes, justice sociale et fiscale... Ce sont ces enjeux que Caroline Fourest a su aborder de front et disséquer dans ses chroniques, qui témoignent d'un regard à la fois progressiste, lucide et courageux. Sur les grandes décisions à prendre, et peut-être plus encore sur les routes hasardeuses qu'il faut absolument éviter...

  •    De part et d'autre des périphériques et des rocades, deux france s'invectivent.   La France qui a peur ne veut voir dans celle des cités que délinquants, islamistes et graines de terroristes insolubles dans la République. Cette France qui fait peur, trop souvent laissée pour compte, hurle à la discrimination, au racisme et à l'"islamophobie".   Dans cette cacophonie de lieux communs, personne ne s'entend, car personne n'écoute, chacun se contentant de projeter sur l'autre ses fantasmes et ses préjugés, ses angoisses et ses frustations. Résultat : le contrat social qui a fait de la France un pays de mélanges et de rencontres bat sérieusement de l'aile.   Pour éviter qu'il ne finisse en miettes, Caroline Fourest propose une remise à plat radicale des idées reçues qui prospèrent de part et d'autre. Systématiquement, avec rigueur et impartialité, elle les recense, les décortique et les analyse :   - La France est-elle victime de l'islamisation ?   - la polygamie est-elle responsable des émeutes de novembre 2005 ?   - La presse est-elle "islamophobe" ?   - La France est-elle raciste ?   - La justice est-elle laxiste ?   - Deux poids, deux mesures ?   - Le modèle anglo-saxon fonctionne-t-il mieux ?   Sans fantasmes ni angélisme, Caroline Fourest répond aux questions des Français. De tous les Français. Ceux qui risquent de céder aux amalgames. Et ceux qui risquent de répondre aux amalgames par d'autres amalgames.

  • Tariq Ramadan reproche à ses contradicteurs de ne pas le lire, de ne pas l'écouter, et de l'accuser à tout propos de tenir un double langage. Or Caroline Fourest l'a lu, mais aussi décrypté. Elle raconte d'abord l'arrivée de Ramadan dans les banlieues françaises ; le soutien des réseaux « frères » ; la passion qu'il suscite très vite dans les médias ; l'alliance inespérée avec les partisans du dialogue entre les religions et les tenants de la laïcité dite « ouverte » ; les premières inquiétudes des fins connaisseurs de l'Islam ou des chrétiens amoureux du monde arabe. Héritier de la pensée des Frères musulmans, quoiqu'il s'en défende à l'occasion, Tariq Ramadan a toujours eu une mission claire : témoigner de son combat, de façon prosélyte et au nom de cet héritage, auprès des musulmans européens. Le débat sur la laïcité et la multiplication des face-à-face télévisuels, s'ils ont fait de Ramadan une star médiatique, n'ont pas permis de mettre au jour sa stratégie et le sens caché de ses discours. Caroline Fourest a donc acheté tous ses livres, toutes ses cassettes, s'est procuré sur internet l'ensemble de ses cours, et certaines conférences qui se vendent sous le manteau. Elle les a été étudiés, relus, et traduits en français. Le résultat laisse pantois, balayant toutes les questions de l'islam aujourd'hui (théologie, rôle de la femme, loi islamique, traditions coraniques, vêtements, etc). Car Ramadan est habile et multiple : finesse du positionnement, réécriture sémantique - fruit d'années d'entraînement pour rendre audible et passionnant ce qui est, sur le fond, est une entreprise de conquête politique vieille comme le monothéisme. On est loin de la démogagie efficace qui fait le succès des évangélistes américains. Le discours de Ramadan produit une illusion - celle d'un musulman réformateur, adepte d'un Islam pacifié et soluble dans la laïcité, alors qu'il s'agit d'un islamiste en guerre contre la modernité occidentale. Une ambiguïté qui permet à « Frère Tariq » de servir de passerelle entre les théologiens musulmans les plus radicaux et le mouvement altermondialiste. Tariq Ramadan a aussi un talent particulier : sa radicalité onctueuse annihile tout ce qui pourrait entraver la progression des réseaux islamistes. Il séduit une partie de la gauche anticolonialiste et de nombreux journalistes qui deviennent implicitement des alliés. Il transmet à la gauche laïque et antiraciste des termes comme "islamophobes", pensés par les islamistes, et destinés à faire passer toute critique de l'islamisme pour du racisme. Enfin, il parle au nom des musulmans européens à la place des musulmans libéraux... Très clairement, Ramadan vise la mise en place de l'Internationale islamiste rêvée par son grand père, Hassan Al Banna. Non pas tant pour renverser les gouvernements occidentaux que pour faire de l'Occident une plaque tournante de la résistance aux dictatures dans les pays arabes, notamment l'Égypte qui a martyrisé et persécuté sa famille. Quitte à transformer les musulmans occidentaux en instruments, et en éternels exilés. Quitte à provoquer dans la société française une fracture systémique.

  • Anglais In praise of blasphemy

    Caroline Fourest

    • Grasset
    • 1 Décembre 2015

    "Threatened by fanatics, censored by cowards, freethinkers on all continents continue to fight on all fronts to ensure the survival of an enlightened world. And the right to commit blasphemy plays a central role in their struggle." Caroline Fourest In the overwhelming emotional aftermath of the terrorist attack against Charlie Hebdo in Paris, Caroline Fourest reaches those who refused to "be Charlie" in the name of "responsibility", or concerns about "offending" or being seen as "islamophobic". In this ruthless and pedagogical analysis, Caroline Fourest looks into debates on freedom of speech. She also warns us about the risks associated with the globalization of bullying. She puts into perspective the breaking point between French secularism and Anglo-Saxon relativism, between the right to commit blasphemy and the calls for hatred, between Charlie and Dieudonné, and between laughing about terrorism and laughing with terrorists.

  • « Les hormones, la DHEA, le RU486, FKBP52 contre la maladie d'Alzheimer... Pour moi, faire de la recherche c'est trouver de nouvelles façons de soigner. Je m'accroche à un sujet quand j'ai le sentiment de pouvoir y apporter une solution. Et même si la grossesse ou le vieillissement ne sont pas des maladies, il me paraît important de donner à chacun les moyens de déterminer sa vie et sa santé. Je suis un médecin qui fait de la science. » Création Studio Flammarion

  • MARINE LE PEN, UNE CANDIDATE COMME UNE AUTRE ?À l'aube d'une élection présidentielle capitale, le cas Marine Le Pen divise : peut-on la considérer comme une candidate comme une autre ? N'est-elle qu'un visage plus jeune des idées de son père ou l'incarnation d'un nouveau nationalisme ? Qui est réellement cette femme qui fascine autant qu'elle révulse ? C'est à ces questions que Caroline Fourest a tenté de répondre en enquêtant sur sa vie : sa famille si singulière, sa jeunesse dans le sérail du FN, sa vie de château, les problèmes qu'ont pu lui causer son nom de famille, ses études d'avocate, son goût pour la fête, ses amitiés étonnantes, les coulisses de la conquête du parti jusqu'au passage de flambeau... Marine Le Pen, trop souvent perçue à travers l'image figée de commandeur taillée par son parti, n'aura plus aucun secret pour vous après la lecture de cette BD-enquête écrite par la journaliste Caroline Fourest (qui lui a consacré une récente biographie très complète publiée chez Grasset) et impitoyablement croquée par Jean-Christophe Chauzy.

  • Elles défendent les droits des femmes, la liberté d´expression, et critiquent sans ménagement l´intégrisme. Taslima Nasreen vit en exil, menacée de mort par les fous de Dieu. Caroline Fourest a subi l´insulte et l´intimidation mais se sent protégée par la laïcité.
    Elles ne sont pas d´accord sur tout, mais elles s´accordent pour le dire haut et fort : face au fanatisme, la meilleure arme reste de parler librement, sans peur ni tabous.
    Les religions sont-elles les ennemies des femmes ? L´islam est-il fondamentalement intégriste ? Peut-on se battre sans être trahie par la gauche ni instrumentalisée par la droite ? Le multiculturalisme est-il l´allié objectif de l´intolérance ? Faut-il démocratiser ou séculariser en premier ? L´humanisme a-t-il un avenir ?
    /> Avec la liberté de ton qu´on leur connaît et une lucidité tranchante, Taslima Nasreen et Caroline Fourest confrontent leurs vécus et leurs analyses. Des conversations inédites, profondes et passionnantes.

  • Le catholicisme donne parfois le sentiment d´avoir réussi son aggiornamento. Pourtant, les années Jean-Paul II et Benoît XVI sonnent comme une revanche : celle des intransigeants. En l´espace de deux pontificats, les voilà devenus les nouveaux soldats du Vatican au détriment des ordres anciens et plus encore des catholiques modernistes. Jusqu´où ira ce virage ? Jusqu´à faire du concile de Vatican II une parenthèse ? Jusqu´à Vatican moins II ? C´est ce qu´ont voulu savoir Caroline Fourest et Fiammetta Venner en enquêtant sur les relations complexes qu´entretient Rome avec trois courants sulfureux du catholicisme contemporain : l´Opus Dei, la Légion du Christ et les traditionalistes.

  • Depuis le 11 septembre 2001, le monde vit dans la hantise du terrorisme musulman. Mais ce traumatisme n'a pas permis une réflexion en profondeur sur l'origine de ce terrorisme : l'intégrisme. Quand il l'a fait, le monde occidental a voulu se persuader que seul l'islam pouvait susciter la barbarie. Ce qui a le mérite de rassurer et d'accréditer la thèse du « choc des civilisations ». Caroline Fourest et Fiammetta Venner se sont plongées dans les documents, les témoignages, les interviews et les textes sacrés. Elles apportent un cinglant démenti à cette illusion en démontrant que, sur bien des points (comme les droits des femmes, la sexualité, l'intolérance culturelle ou la violence), le monde dont rêvent les intégristes musulmans ressemble à s'y méprendre à celui prôné par les intégristes juifs et chrétiens. Mieux, malgré les apparences d'un choc des religions, leurs actions convergent vers un monde toujours plus instable et de moins en moins sécularisé dont tous profitent. La véritable ligne de fracture, loin d'isoler l'Islam du « reste du monde », pourrait surtout séparer partout dans le monde les démocrates des théocrates, autrement dit, les partisans d'une cité ouverte, tolérante et protectrice des libertés individuelles , des intégristes, fondamentalement d'accord pour prendre la laïcité sous les tirs croisés de leurs fanatismes.Ce livre analytique par son ton et sa méthode, mais explosif par les questions qu'il soulève et les réponses qu'il apporte, est un signal d'alarme pour tous les défenseurs des libertés et de la laïcité.

  • On connaît son visage, sa voix, son énergie, son goût des studios de télévision. On connaît son père, ses dérapages et sa noire légende. On connaît son fief de Hennin-Beaumont et le domaine de Montretout. On sait qu´elle dirige le Front National. Mais on ne sait rien d´elle, ou pas grand-chose...
    En quelques années, Marine Le Pen a réussi ce tour de force : s´imposer à un niveau de popularité rarement atteint par un candidat d´extrême droite... sans qu´on connaisse véritablement son parcours personnel, ses amitiés, ses défenseurs, ses convictions profondes, ses réseaux, sa stratégie. Est-elle une moderne travaillant à la refondation d´un Front National « light » ? Ou bien une extrémiste au discours édulcoré avant les élections ? L´héritière de son père ou la figure d´une nouvelle extrême droite européenne qui rêve de se rebeller et de marquer l´histoire de la zone euro ? Avec quel impact ? Quel peuple ? Quelle vision ?
    On ne peut répondre à ces questions qu´en dévoilant en profondeur la vie de Marine Le Pen - ce que font, avec la ténacité et le talent qu´on leur connaît, Caroline Fourest et Fiammetta Venner - mais aussi en étudiant, de près, l´évolution sémantique et stratégique de Marine Le Pen et de sa garde rapprochée.
    Elles n´ignorent rien de son rapport au père, à sa mère et à ses soeurs, ni de ses amitiés cachées. Mais ce livre ne se contente pas de radiographier l´ « animal politique » et intime qu´est Marine Le Pen. Il décortique la nature paradoxale de son pari : un positionnement « laïque » et moderne, républicain et nationaliste à la fois. L´impact sur ses opposants et son propre parti. Ses inspirations cachées, et finalement ses failles.

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