Bartolomé Bennassar

  • A partir de sources entièrement renouvelées, le grand historien Bartolomé Bennassar livre la synthèse de référence sur la guerre d'Espagne.
    Bartolomé Bennassar retrace l'émergence de deux mondes antagonistes - républicains contre franquistes -, les interventions militaires étrangères, les affrontements et l'immense écho du conflit dans toute l'Europe. Il exhume des archives le sort des vaincus, des prisonniers, des exilés, leur rôle dans la Résistance française et jusqu'à l' " exil intérieur " des opposants à Franco. Cette analyse générale, nourrie par la force des témoignages et des récits individuels, constitue la synthèse de référence sur la guerre d'Espagne.
    Bartolomé Bennassar est le spécialiste du monde méditerranéen des XVIe et XVIIe siècles. Il a notamment publié chez Perrin une biographie magistrale de Franco et une Histoire des Espagnols (collection Tempus).

  • Les trente-six ans de règne d'un dictateur que rien ne prédisposait au pouvoir, mais qui a su s'imposer par sa tenacité et son habileté manoeuvrière.
    Né en 1892 dans une famille de la classe moyenne, méprisé par son père, Franco fut un élève banal et anonyme, plutôt timide. Or, sous l'uniforme, au Maroc, il va s'illustrer immédiatement par son courage et son sens du commandement, jusqu'à sa promotion comme général en 1926, à trente-quatre ans. Rallié de dernière heure à l'insurrection de juillet 1936, préparée sans lui, il en devient le chef unique. Il régnera trente-six ans au terme d'une guerre civile de trois ans, qu'il a peut-être fait durer pour asseoir son pouvoir, parce que, viscéralement catholique et anticommuniste, mais pas dogmatique, il a su selon les cas s'appuyer sur l'une ou l'autre des forces contradictoires du régime. Grâce aussi à une presse soigneusement contrôlée, à une répression d'abord très dure puis vigilante, à sa prudence pendant la Seconde Guerre mondiale, à son inculture économique qui l'a conduit à "laisser faire" des techniciens conservateurs, mais libéraux, qui ont ouvert l'Espagne à l'économie de marché, grâce enfin à la crainte du pays de voir renaître la folie collective qui avait produit la guerre civile, et dont le spectre fut longuement entretenu par le régime franquiste.
    Bartolomé Bennassar est un spécialiste éminent du monde méditerranéen au XVe et XVIe siècles. Parfait connaisseur de l'Espagne, il a publié notamment : L'Homme espagnol. Attitudes et mentalités du XVIe au XIXe siècle ; l'Inquisition espagnole XVe-XIXe siècles ; Histoire des Espagnols, et chez Perrin : Les Chrétiens d'Allah (1989) et 1492. Un monde nouveau ? (1991).

  • Dans la vieille terre d'aurochs qu'est l'Espagne, la mise à mort des taureaux était une activité ancestrale. Existant au moins depuis le XVIe siècle, le toreo à pied populaire se détache progressivement de la tauromachie à cheval de la noblesse. Né dans les abattoirs sévillans contre la volonté des autorités, le toreo moderne se hausse peu à peu à la hauteur d'un art. Codifié au XVIIIe siècle, il atteint son apogée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Spectacle dont les grands matadors sont les idoles, la corrida est aussi un phénomène social lié à l'essor des villes et qui a donné naissance à une microsociété, le mundillo. Par ses relations avec les bouleversements de l'Espagne, ses interactions avec l'élevage et le tourisme, elle a en outre une dimension politique et économique. Par-delà la péninsule ibérique, la tauromachie exerce un rayonnement mondial, de l'Amérique latine au Midi de la France où elle est devenue un phénomène culturel essentiel.

  • Le défi, ce n'est pas seulement celui des deux évènements majeurs du 1992 espagnol : Exposition universelle à Séville et jeux Olympiques à Barcelone. C'est, aussi, l'occasion de réconcilier l'Andalousie avec la modernité, de retrouver pour le pays son rôle de nation créatrice, enfin de savoir s'il a réellement dominé son histoire depuis la mort du général Franco.

  • Depuis un demi-siècle Madrid n'a cessé d'alimenter la chronique internationale tout en mobilisant l'attention de publics fort différents. Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi, et Madrid a connu de nombreuses périodes de médiocrité. Les gens qui ont quelque goût pour l'histoire et qui savent à peu près ce que fut le Siècle d'or connaissent mal les origines de la ville. Mayrit, la "mère des eaux", fut fondée par des musulmans et ne devint chrétienne qu'à la fin du XIe siècle. Curieusement, ce rôle de capitale est dû au choix d'un roi (Philippe II en 1561), confirmé par ses successeurs, aux dépens de villes alors plus importantes. Le peuple de Madrid ne joua aucun rôle dans cette décision, mais prit sa revanche en 1701 en approuvant le choix d'un Bourbon venu de France (Philippe V) pour succéder au dernier Habsbourg mort sans héritier (Charles II). Mais c'est seulement en 1808 qu'il devint un grand acteur de l'Histoire lorsqu'il déclencha l'insurrection contre l'occupant français. Il récidiva en 1936 en faisant échec au coup d'Etat des généraux. Après la dictature de Franco, il portera au pinacle son roi Juan Carlos pour avoir su faire entrer Madrid et l'Espagne dans l'ère d'une démocratie moderne et apaisée. A travers l'histoire de sa capitale, c'est l'histoire du pays et de l'évolution de la société espagnole que l'auteur raconte avec son talent habituel.

  • Valladolid est sans doute, en ce siècle où l'Espagne joue un rôle majeur en Europe, l'une des premières cités de Castille par son importance démographique et économique. Mais son cas est en outre exemplaire : l'étude de ses possibilités de développement et des contraintes qui l'inhibent, de ses idéaux et de ses préjugés nous apprend autant sur la Castille que sur elle-même. La nouveauté du livre réside dans la description d'une société de consommation sans frein, de style ostentatoire, à une époque où le « modèle seigneurial » est imité de larges fractions de la population. Tel est le défi au conditions du siècle et, en définitive, le drame de la Castille. « L'enquête menée par Bartolomé Bennassar n'est certes pas une orpheline, héritière qu'elle est et débitrice de grands travaux qui ont permis de connaître la Castille du XVIe siècle plus intimement, sans doute, que la France de la même époque. [...] Monographie, ici, ce n'est pas pure contingence, et c'est autre chose et mieux qu'échantillon ; disons focalisation, changement d'échelle, et donc de méthode, pour saisir des phénomènes perceptibles seulement à cette échelle. Par son souci d'inscrire le microcosme vallisolétain dans l'univers hispanique, ce livre d'histoire locale, d'histoire urbaine, est une contribution importante à une connaissance plus fine de l'Espagne moderne. [Ce livre) met l'accent sur la fonction consommatrice de Valladolid, dans une Espagne portée par l'élan de la production qui traverse le XVIe siècle. Exception au XVIe siècle, par là même anticipation du XVIe siècle : c'est faire de l'étude de Valladolid une contribution à la recherche des origines de la décadence espagnole. » Jean-Pierre Amalric, Annales ESC, septembre-octobre 1971, p. 982-1002. Avec « Les Réimpressions » des titres du fonds des Éditions de l'EHESS, publiés des années 1950 aux années 1970 sous l'égide de la VI" Section de l'École Pratique des Hautes Études, sont à nouveau disponibles. En permettant d'accéder à l'intégralité du texte de l'édition originale - avec l'appareil scientifique complet - « Les Réimpressions » répondent aux besoins des bibliothèques universitaires et savantes, ainsi qu'à ceux des chercheurs et des lecteurs soucieux de disposer d'ouvrages de référence, devenus souvent des classiques.

  • Bien qu'elle ait rejoint le club des sociétés industrielles avancées, l'Espagne n'en a pas moins manqué sa révolution industrielle entre la fin du 18e et le début du 20e siècle.

  • Valladolid est sans doute, en ce siècle où l'Espagne joue un rôle majeur en Europe, l'une des premières cités de Castille par son importance démographique et économique. Mais son cas est en outre exemplaire : l'étude de ses possibilités de développement et des contraintes qui l'inhibent, de ses idéaux et de ses préjugés nous apprend autant sur la Castille que sur elle-même. La nouveauté du livre réside dans la description d'une société de consommation sans frein, de style ostentatoire, à une époque où le « modèle seigneurial » est imité de larges fractions de la population. Tel est le défi au conditions du siècle et, en définitive, le drame de la Castille. * « L'enquête menée par Bartolomé Bennassar n'est certes pas une orpheline, héritière qu'elle est et débitrice de grands travaux qui ont permis de connaître la Castille du XVIe siècle plus intimement, sans doute, que la France de la même époque. [...] Monographie, ici, ce n'est pas pure contingence, et c'est autre chose et mieux qu'échantillon ; disons focalisation, changement d'échelle, et donc de méthode, pour saisir des phénomènes perceptibles seulement à cette échelle. Par son souci d'inscrire le microcosme vallisolétain dans l'univers hispanique, ce livre d'histoire locale, d'histoire urbaine, est une contribution importante à une connaissance plus fine de l'Espagne moderne. [Ce livre] met l'accent sur la fonction consommatrice de Valladolid, dans une Espagne portée par l'élan de la production qui traverse le XVIe siècle. Exception au XVIe siècle, par là même anticipation du XVIIe siècle : c'est faire de l'étude de Valladolid une contribution à la recherche des origines de la décadence espagnole. »

  • Préparé par la vive fermentation du 15e siècle finissant et fécondé par les voyages d'exploration qui mettent le vieux monde occidental en contact avec d'autres civilisations, le 16e siècle apparaît comme une période riche d'événements, en conflits, en transformations et renouvellements politiques, économiques, philosophiques et artistiques. Avec lui naissent les Temps Modernes. Aux débuts de ce siècle, marqué par de hautes aspirations morales et philosophiques, succède une période de troubles - politiques et religieux - et de doutes à l'échelle européenne comme mondiale.
    L'époque n'en reste pas moins celle de la nouveauté : les moyens donnés à l'Europe pour dominer le monde, l'organisation de l'État dans un cadre national, l'affirmation de la conscience individuelle..., autant d'éléments que le Grand Siècle va établir et développer.

  • 1492 ? Aujourd'hui, la réponse est évidente : découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Mais à l'époque, personne n'avait la moindre idée de l'Amérique. Il fallut dix à douze ans pour qu'apparaisse le concept d'un nouveau continent, et cinquante ans au moins pour que l'on prenne conscience de son importance et de son immensité.
    Car en cette année 1492, le monde vit de grands changements. En Europe, Grenade est redevenue chrétienne, la Bretagne est mariée à la France par les épousailles d'Anne et de Charles VIII, Liège est enfin " neutre " et, à Florence, Laurent le Magnifique se meurt. Les juifs d'Espagne sont condamnés à l'exil et la chrétienté se donne pour pape Alexandre Borgia, le concubinaire. Ailleurs, la traite des Noirs menace déjà l'Afrique, la Chine se referme sur elle-même, les " Amérindiens " ne savent pas qu'ils vont être " découverts ".
    Dans ce brillant ouvrage, Bartolomé Bennassar, éminent spécialiste de l'Espagne et du Nouveau Monde, et son épouse Lucile se sont attachés à faire cette passionnante et originale distinction entre le temps vécu par les Européens de 1492 et le temps recréé par l'Histoire, résultat d'un lent travail de la mémoire collective. Ils nous permettent ainsi de réaliser l'ampleur et l'impact des événements vécus à l'époque, tout en rendant un hommage mérité au grand explorateur génois, mort en disgrâce en 1506...

  • D'après les archives des tribunaux de l'Inquisition, les itinéraires extraordinaires de milliers d'hommes et de femmes qui ont franchi, aux XVI e et XVII e siècles, la frontière militaire, religieuse, culturelle, qui séparait l'islam de la chrétienté, les " renégats " convertis de gré ou de force.
    Aux XVIe et XVIIe siècles, des centaines de milliers d'hommes et de femmes, convertis à l'islam, sont devenus des " renégats " La plupart furent emmenés en captivité un soir de défaite, après une razzia ou victimes de la course " barbaresque " en Méditerranée ou sur l'Atlantique. Certaines conversions furent volontaires. C'est l'histoire extraordinaire de ces milliers de destins, archivés par l'Inquisition, que retracent Lucile et Bartolomé Bennassar.

empty