Sciences humaines & sociales

  • Le viol n'est pas ce que l'on croit. Ce n'est pas un simple fait divers concernant des malchanceuses tombées par hasard sur des monstres aux pulsions sexuelles irrépressibles. Près de 100 000 femmes sont violées chaque année. C'est un crime aux multiples facettes : l'un des plus répandus dans la société française. La plupart des victimes ont moins de 18 ans et la majorité des filles et femmes violées le sont par quelqu'un de leur entourage, familial, professionnel ou amical.

    Les conséquences d'un viol sur la vie des victimes sont lourdes, d'abord parce qu'elles n'osent pas en parler. Puis, quand elles franchissent le pas, elles sont souvent mal ou pas du tout accompagnées. Moins de 10 % des victimes portent plainte. Car la société et les médias continuent inconsciemment à excuser les violeurs et à culpabiliser les victimes. Parce qu'on pense encore le viol comme du sexe, alors qu'il est un acte de domination, symptomatique d'une société inégalitaire. Parce qu'il est trop douloureux d'admettre que notre société compte tant de violences. Parce que le viol, c'est tabou. Mais le viol est l'affaire de tous : il empoisonne les relations entre les femmes et les hommes. Au détriment, aussi, de tous ces hommes qui ne violeront jamais.

    Une victime de viol peut se reconstruire. On connait aujourd'hui les manières de soigner ses blessures et de faire en sorte que la procédure ne lui soit pas une violence supplémentaire. De nombreux pays se sont déjà donné les moyens de prendre en charge les victimes sérieusement. Pas la France.

    Qui sait ce qu'est vraiment un viol ? Qui sait qu'on peut en mourir ? Qui sait ce qui arrive aux victimes après leur agression ? Qui sait ce qui se passe dans la tête du violeur ? Pour lever le voile sur ce crime aussi répandu qu'incompris, cette enquête croise des témoignages de victimes avec la réalité de terrain de policiers, magistrats, soignants, journalistes et associations d'aide aux victimes. Eclairés par les analyses de victimologues, criminologues et sociologues.

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