Antoine Jabre

  • Il est mort subitement, l'année suivante, avant d'avoir pu donner leur conclusion aux mémoires qu'on va lire. À travers ces pages pleines de chaleur, où éclatent sa culture, sa finesse, son patriotisme, ses qualités de caractère, on n'a pas de peine à imaginer l'homme qu'il fut, ni à comprendre la séduction qu'il exerçait sur nombre de ses interlocuteurs soviétiques. En poste durant la guerre d'Octobre, comme pendant la guerre civile qui a ravagé son pays, les circonstances l'ont amené à prendre des initiatives d'autant plus personnelles, que le pouvoir qui l'avait nommé avait pratiquement cessé, par moments, de mériter ce nom.(...) Mais il n'y a pas que le Liban, il n'y a pas que le Proche-Orient sur lesquels les Mémoires d'Antoine Jabre jettent une lumière nouvelle. Il a suivi, de très près en effet, de son observatoire moscovite, l'évolution des relations soviéto-américaines.(...) À lire Antoine Jabre, on se dit que l'Occident, dans les valeurs duquel il croyait profondément, aurait bien besoin de quelques hommes de sa trempe pour relancer, avec le Kremlin, un dialogue qui ne soit pas seulement celui des sourds, dont nous sommes aujourd'hui les témoins inquiets . André Fontaine

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