Andree Mercier

  • L'émergence rapide, voire spectaculaire, de nombreuses maisons d'édition qui survient au tournant des années 2000 constitue l'un des principaux indices d'une transformation du paysage littéraire du Québec ; c'est le point de départ de ce dossier. Devant l'impossibilité de proposer ici une analyse exhaustive de ce phénomène récent et complexe, nous avons plutôt choisi d'interroger, à partir d'un premier échantillonnage, le mode de fonctionnement de certaines de ces nouvelles maisons dans des études de cas (La Mèche, Rodrigol), de cibler des pratiques précises (le paratexte éditorial) et d'explorer comment les mutations que permettent les nouvelles technologies étendent et refaçonnent le champ de l'édition. Nous avons également souhaité prendre la mesure de la nouveauté de la littérature qui naît dans ces conditions en posant à ces corpus des questions critiques en quelque sorte canoniques de la littérature québécoise, celles de l'identité et de la langue d'écriture.

  • Le titre de l'ouvrage l'indique clairement, c'est essentiellement de l'incertitude narrative dont il est question : d'une ambiguïté atteignant en premier lieu le plan narratif du discours, c'est-à-dire la logique et le fonctionnement du récit et de l'histoire qu'il raconte. Dès lors, il ne s'agit pas de répertorier les différents procédés qui constitueraient une rhétorique de l'incertitude (l'ironie, le réalisme merveilleux, etc.), mais de montrer davantage comment, sous-jacents à ces différents moyens, ce sont le déploiement et le brouillage tout à la fois d'une cohérence narrative qui sont en jeu dans ces récits brefs de Ferron.

    Andrée Mercier est professeure au Département des littérature de l'Université Laval et directrice du Centre de rrecherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ).

  • Être contemporain c'est, au premier chef, être de son temps (ou en avance sur lui) et produire une oeuvre qui puisse être reçue parmi celles qui constituent le coeur vivant de la période la plus actuelle. Cet ouvrage se penche sur la question du contemporain, aussi bien du point de vue du discours critique qui le définit que des pratiques littéraires qui s'y rattachent, en prenant pour objet le discours narratif tel qu'il s'est déployé au Québec et en France depuis le tournant des années 1980.

    Les auteurs rendent d'abord compte des thèmes et des mécanismes de valorisation qui marquent la critique littéraire, puis présentent des oeuvres qui exemplifient certaines concrétisations esthétiques et poétiques d'un nouvel art narratif. En se situant au confluent des réflexions françaises et québécoises, ils font dialoguer ces deux corpus et tentent de répondre aux questions suivantes : la notion de contemporain désigne-t-elle un même phénomène en France et au Québec ? Recoupe-t-elle la même réalité là-bas et ici ? Ces acceptions « nationales » se contaminent-elles, s'influencent-elles ? Entre vision panoramique et attention aux particularités des oeuvres, cet ouvrage soulève des points de contact et de divergence entre les deux littératures.

  • Ce numéro de la revue Voix et images se penche sur les expériences contemporaines du temps dans les fictions québécoises. Cette expérience est étroitement liée à la question de la mémoire (et donc de l'Histoire), sans pouvoir s'y résumer totalement, ainsi qu'à celle de l'avenir qui prend la forme d'une intensification du présent ou pire, celle d'une catastrophe annoncée amenant la fin de l'humain. On comprend alors que l'individu contemporain se trouve en quelque sorte prisonnier du présent, poussé à réfléchir le rapport au temps, à son temps. La question des expériences du temps ne se laissant pas aisément saisir, collaborateurs et collaboratrices ont pris des chemins détournés pour en apprécier toutes les nuances, soit celle de l'imaginaire western pour Andrée Mercier, de la mémoire pour Marion Kühn, de l'histoire pour David Bélanger, de la biographie pour Pierre-Olivier Bouchard et de la figure du héros pour Manon Auger.

  • En dépit de l´hétérogénéité des pratiques et des esthétiques, la cartographie de la production narrative contemporaine à laquelle s´emploie la critique depuis quelques années met au jour des modalités inédites d´instauration et de contestation du pacte romanesque. Toute l´adhésion au raconté se trouve ainsi délibérément mise en procès dans le roman contemporain, au gré de formulations diverses qui touchent tant les propositions thématiques que leurs expressions figurales.

    Peut-on tenter de systématiser les mécanismes qui engagent une telle problématisation de la transmission narrative ? Dans cette perspective, et afin d´approfondir l´examen des modalités formelles du paradigme narratif, la question est étudiée sous divers angles théoriques par une vingtaine de chercheurs du Québec, du Canada, de la France et des États-Unis. L´étude de romans parus depuis 1990 permet d´explorer la diversité des stratégies qui réinventent la transmission narrative en jouant de la séduction d´une voix, de la déstabilisation de l´autorité narrative, ou de la déconstruction plus ou moins subreptice de l´adhésion.

    Avec des textes de : René Audet, Yves Baudelle, Bruno Blanckeman, Emmanuel Bouju, Jean-François Chassay, Robert Dion, Frances Fortier, Bertrand Gervais, Barbara Havercroft, Pierre-Luc Landry, Francis Langevin, Andrée Mercier, Jean Morency, Warren Motte, Christine Otis, Marilyn Randall, Pascal Riendeau, Pierre Schoentjes, Phillip Schube-Coquereau, Nicolas Xanthos.

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