André Vauchez

  • Tout le monde a entendu parler, un jour ou l'autre, de François d'Assise, ce saint italien du  xiiie  siècle qui aimait la pauvreté, prêchait aux oiseaux et serait le premier stigmatisé de l'histoire.
    Malgré la sympathie générale qui entoure sa figure, le «  Pauvre d'Assise  » reste cependant mal connu du public, car son image a parfois été brouillée par des interprétations édifiantes ou fantaisistes qui ont affadi ou dénaturé son message.
    Depuis un demi-siècle, les recherches qui lui ont été consacrées, en Italie et dans le monde entier, ont profondément modifié la connaissance et la compréhension que l'on pouvait avoir du «  Poverello  ». Aussi était-il devenu urgent de lui consacrer une étude nourrie des travaux les plus solides. Le présent ouvrage cherche à expliquer, en se plaçant du point de vue de l'historien, pourquoi François d'Assise continue à exercer une réelle fascination à huit siècles de distance.

  • Catherine de Sienne (1347-1380) compte parmi les saintes mais aussi les Docteurs de l'Église. L'histoire retient qu'elle fut, au coeur de l'Europe médiévale, une femme pleine d'audace, tout à la fois mystique et engagée, ayant consumé son existence à intervenir dans les crises religieuses et politiques. C'est le portrait de cette passionnée que dresse ici André Vauchez. C'est en chair et en os qu'il nous restitue son itinéraire à travers l'épidémie de peste noire, la guerre de Cent Ans, les luttes fratricides de l'Italie, l'exil des papes de Rome à Avignon. C'est telle qu'en elle-même qu'il nous fait revivre cette pénitente dominicaine qui devint la correspondante, la confidente et la critique des puissants, princes, rois, évêques ou pontifes. Il fallait le savoir, le talent et la sensibilité de cet éminent médiéviste pour nous faire entrer dans la vérité existentielle, au-delà des multiples visages qu'on a pu lui prêter à travers les âges, d'une femme hors du commun et pour nous faire ressaisir toute l'actualité de sa personne et de son message. La première biographie historique et spirituelle de Catherine de Sienne, ouverte à tous.

  • Ce que les hérésies nous disent de l'Église et des mentalités médiévales. Une plongée au coeur du Moyen Âge.
    An mille : les hérésies ne touchent qu'un nombre limité de personnes, appartenant à l'élite culturelle et sociale. Deux siècles plus tard, elles sont devenues de puissants mouvements contestataires qui remettent en cause l'emprise du clergé catholique. De l'Allemagne rhénane à l'Italie centrale et à l'Espagne du Nord en passant par le Languedoc, de nombreuses régions de la chrétienté sont alors « gangrenées » - pour reprendre le vocabulaire des textes pontificaux de l'époque - par diverses formes de dissidence religieuse : Cathares, Vaudois, Patarins... Un défi lancé à la papauté qui les condamne comme des hérésies et les combat par l'intermédiaire de l'Inquisition et des ordres mendiants (Dominicains et Franciscains) à partir de 1231.
    Aux xive et xve siècles, les accusations d'hérésie se multiplient et visent désormais tous ceux qui désobéissent à l'Église ou s'opposent à son autorité, y compris dans le domaine temporel. Le cercle des poursuites ne cesse de s'élargir et l'on finit par considérer comme des hérétiques des hommes et des femmes dont le seul tort était de dénoncer publiquement les abus du clergé et les dérives autoritaires de la hiérarchie ecclésiastique.
    Une grande oeuvre sur ces prétendus « Suppôts de Satan ».

  • On a longtemps considéré le Moyen Age comme l'âge d'or du christianisme. Aujourd'hui, en revanche, on assiste à une remise en question du legs religieux de cette époque et en particulier de sa spiritualité, à laquelle on reproche d'avoir trop prôné la fuite et le mépris du monde.Pour éclairer ce débat, l'auteur s'est attaché à définir le contenu de l'expérience religieuse des hommes et des femmes de ce temps. Soucieux de mettre en lumière l'impact des transformations sociales et culturelles sur les représentations du divin et les formes de vie religieuse, il a cherché à dégager les principales étapes du processus qui a fait passer la Chrétienté occidentale de la piété ritualiste et conformiste de l'époque carolingienne à une spiritualité évangélique, axée sur l'humanité de Dieu.Le présent ouvrage, paru une première fois en 1975, a été pour la présente édition entièrement revu, mis à jour et augmenté d'un chapitre sur le XIIIe siècle.André Vauchez est professeur émérite, ancien directeur de l'Ecole française de Rome, membre de l'Institut.

  • OEuvre monumentale, parue de 1932 à 1995, voici donc Le Dictionnaire de Spiritualité enfin publié intégralement de A jusqu'à Z, avec un index particulièrement utile. A beaucoup de points de vue, c'était un défi. Le pari a été tenu. On peut même dire que les fruits dépassent le projet primitif, car très vite les perspectives du début ont été amplifiées et précisées. Dans les années 30, lancer l'idée et assurer la réalisation d'un tel dictionnaire pouvait paraître, face au bloc solide du dogme catholique, une entreprise marginale concernant les techniques de prière, les états mystiques et les divers phénomènes qui parfois les accompagnent... A cette époque, la réflexion chrétienne, encadrée et limitée par une théologie dogmatique, en grande partie déductive et obligatoire, avait besoin d'un nouveau souffle. Voici que la spiritualité, fondée en même temps sur l'expérience et sur la liberté qui président à l'invention des divers chemins conduisant à Dieu, renouvelait toutes les questions... Cette révolution tranquille s'est faite lentement, sans bruit, sans excès. A sa place, avec d'autres éléments similaires, elle a préparé l'éclosion irrésistible de Vatican II ; et aujourd'hui, patiemment, elle aide à bien comprendre l'originalité et le dynamisme de ce concile... Des milliers de collaborateurs, provenant du monde entier et de tous les horizons, ont contribué à faire de ce Dictionnaire ce qu'il est : particulièrement utile à tous ceux qui veulent mieux connaître les auteurs spirituels de divers pays, suivre l'évolution des mentalités, des institutions, des grandes notions fondamentales... et plein d'intérêt pour tous les curieux. Ainsi s'est-il répandu à travers le monde entier et dans tous les milieux.

  • OEuvre monumentale, parue de 1932 à 1995, voici donc Le Dictionnaire de Spiritualité enfin publié intégralement de A jusqu'à Z, avec un index particulièrement utile. A beaucoup de points de vue, c'était un défi. Le pari a été tenu. On peut même dire que les fruits dépassent le projet primitif, car très vite les perspectives du début ont été amplifiées et précisées. Dans les années 30, lancer l'idée et assurer la réalisation d'un tel dictionnaire pouvait paraître, face au bloc solide du dogme catholique, une entreprise marginale concernant les techniques de prière, les états mystiques et les divers phénomènes qui parfois les accompagnent... A cette époque, la réflexion chrétienne, encadrée et limitée par une théologie dogmatique, en grande partie déductive et obligatoire, avait besoin d'un nouveau souffle. Voici que la spiritualité, fondée en même temps sur l'expérience et sur la liberté qui président à l'invention des divers chemins conduisant à Dieu, renouvelait toutes les questions... Cette révolution tranquille s'est faite lentement, sans bruit, sans excès. A sa place, avec d'autres éléments similaires, elle a préparé l'éclosion irrésistible de Vatican II ; et aujourd'hui, patiemment, elle aide à bien comprendre l'originalité et le dynamisme de ce concile... Des milliers de collaborateurs, provenant du monde entier et de tous les horizons, ont contribué à faire de ce Dictionnaire ce qu'il est : particulièrement utile à tous ceux qui veulent mieux connaître les auteurs spirituels de divers pays, suivre l'évolution des mentalités, des institutions, des grandes notions fondamentales... et plein d'intérêt pour tous les curieux. Ainsi s'est-il répandu à travers le monde entier et dans tous les milieux.

  • Il est loin le temps où les historiens envisageaient l'omniprésence du merveilleux et du surnaturel dans la société médiévale comme un symptôme d'infantilisme. Depuis quelques décennies, les médiévistes savent que le Moyen Age ne peut se comprendre en dehors de catégories religieuses et, surtout, ils ont appris à se faire anthropologues. Que le surnaturel envahisse la scène médiévale ne surprend plus, la vraie question se concentre sur les usages du merveilleux. C'est à explorer ces usages que se consacre André Vauchez, auteur d'un ouvrage devenu classique sur la sainteté au Moyen Age et directeur de l'Ecole française de Rome. Qu'il légitime une parole qui peut être déviante, qu'il fonde l'antiquité d'un passé, gage de vérité, qu'il soit la marque d'une élection, le surnaturel prend de multiples formes - miracles, prodiges, visions, thaumaturgie - et cette liberté finit par inquiéter les pouvoirs ecclésiastiques et royaux. Théologiens et juristes vont tenter de discipliner ce surnaturel "sauvage" en lui appliquant des critères de discernement : tout prodige ou miracle ne vient pas de Dieu. A travers cette forte présence du surnaturel, l'Occident médiéval en vient à poser la question du pouvoir : charisme contre institution, intervention divine contre puissance d'établissement. En lieu et place d'un âge de la foi béate, l'historien découvre une conscience critique qui s'interroge sur le difficile équilibre entre les fonctions : comment accorder le prêtre, le prophète et le roi ?

  • Le présent ouvrage porte sur la tradition prophétique judéo-chrétienne, depuis la Bible jusqu´à Martin Luther King, en passant par Savonarole et Péguy. L´Europe a longtemps été le terrain d´élection du prophétisme, mais d´importants mouvements messianiques et charismatiques se sont développés en Afrique noire, ainsi qu´en Amérique du Nord et du Sud, de la colonisation à nos jours.
    La prophétie est une parole qui vise à donner une compréhension des événements, souvent tragiques, auxquels les hommes se trouvent confrontés afin de leur rendre l´espérance. Le prophète est celui qui tente de renouer avec la marche de l´histoire en dénonçant les situations d´échec ou d´aliénation et en annonçant un temps où ces contradictions de la société pourront être surmontées.
    Aujourd´hui, alors que les perspectives économiques et écologiques peuvent nourrir les doutes et la morosité, il est intéressant de mettre en lumière cette lignée ininterrompue de témoins qui, au cours des siècles, ont permis à l´humanité de ne pas succomber à la séduction du désastre annoncé.

  • Le sort tragique des martyrs chrétiens a entraîné une vénération de leurs dépouilles, qui s'est étendue aux saints moines et moniales et aux fondateurs d'ordres religieux. Peu à peu, une galerie de " grands témoins " s'est constituée, rassemblant des milliers de saints : martyrs et confesseurs, moines et docteurs, pieux laïcs et saintes femmes. Par le témoignage de leur vie, leur prédication ou leurs actes de charité, les saints ont rempli le paysage cultuel du christianisme : lieux-dits, prénoms, patronymes... jusqu'aux gares et aux stations de métro, les noms des saints sont devenus familiers. Entre légende et histoire, ce grand dictionnaire entreprend de les faire mieux connaître avec plus de 300 entrées, d'Aaron à Zénon de Vérone : saints et bienheureux catholiques et orthodoxes, d'Orient et d'Occident, mais aussi grands témoins anglicans et protestants.

    Un dictionnaire monumental et unique afin de mieux comprendre, au plus près de la vérité historique, la personnalité, les écrits et la postérité de ces hommes et de ces femmes dont la vie a été retenue comme exemplaire par leurs contemporains et dont la mémoire est parvenue jusqu'à nous.

  • Les 26 contributions réunies dans ce volume renouvellent quelques-uns des secteurs de l'histoire maritime, en attirant l'attention sur la méthodologie, les recherches récentes, les problématiques nouvelles, la recherche interdisciplinaire, l'archéologie, l'iconographie et le roman. On suit pendant deux millénaires quelques-uns des nombreux changements qui ont affecté les façades océaniques des cinq continents, en Amérique latine comme à Madagascar et dans l'Océan Indien, sur les rivages de la Méditerranée comme dans le commerce eurasien. Quelques thèmes demeurent privilégiés, les navires et la navigation, les marines de guerre et les politiques navales des États, l'exploitation des littoraux et les installations portuaires, les marchandises et les frets, les tonnages et les mesures, les assurances maritimes. Les marins, voyageurs, pèlerins, missionnaires, marchands, tous ces gens de mer occupent une grande place dans cet ouvrage, qui traite de la famille, de la formation et des apprentissages, de la santé et des maladies professionnelles, des croyances et des genres de vie. Ce volume qui fait toute sa place à l'histoire des mentalités s'honore de multiples contributions internationales et de la collaboration de quelques spécialistes, médecin, architecte naval..., issus des gens de mer.

  • MIHI MINIMO OMNIUM SANCTORUM, « Moi qui suis le plus petit de tous les saints » : les Minimes aimaient se référer à saint Paul pour rappeler l´humilité de leur ordre qui fut cependant l´un des plus florissants de l´époque moderne. C´est en France, tout près du château royal du Plessis-lès-Tours qu´à la fin du xve siècle François de Paule, un ermite guérisseur de Paola en Calabre fonda son premier couvent et définit l´une des règles de vie les plus rigoristes de l´époque. C´est là aussi que le fondateur devenu prophète de cour mourut en 1507. À la fin du siècle suivant, l´ordre comptait 457 couvents dans le monde, dont plus du tiers en France, signe d´un incontestable rayonnement spirituel. Pourtant, en dépit de cette importance numérique et de la renommée de quelques grandes figures « minimes », l´historiographie a longtemps ignoré ces religieux proches des rois et des élites urbaines, impliqués dans les réseaux lettrés et scientifiques. Ce livre collectif, qui s´inscrit dans un renouveau des recherches menées en Italie sur l´influence des Minimes, est le fruit de deux colloques organisés à Tours et à Beauregard-l´Évêque en 2007, à l´occasion des Célébrations nationales du 5e centenaire de la mort de saint François de Paule. À la croisée de l´histoire, de l´histoire de l´art et de la musicologie, il tente de saisir la présence au monde, complexe et multiforme, de ces religieux engagés sur tous les fronts de la lutte confessionnelle et des grands débats de leur temps.

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