Alexis Buffet

  • Bestiaire subtil est constitué de proses contemplatives du monde minuscule des insectes dans une langue disparue dont Alexis Buffet recueille, pour mieux se les approprier, les cendres volatiles. Brouillant les postures énonciatives et jouant sur des modèles qu'il se plaît à subvertir, l'auteur fait de l'insecte le vecteur fantasmatique d'une « rêverie-méditation sur l'homme, sur le monde, sur le temps, sur la création poétique » et l'érige en « acteur d'une histoire universelle » (Catherine Fromilhague). Sans doute le constat peut-il être étendu aux autres parties du recueil qui traitent les souvenirs et la terre de l'enfance comme un « monde révolu » que la langue a moins à charge de ressusciter dans sa véracité que de transmuer en « une sorte de réalisme supérieur, qui va jusqu'à la vision » (Bernard Dilasser).

  • Imaginaires de l'amerique. les ecrivains francais et les etats-unis d Nouv.

    1917 : l'Amérique déborde massivement ses frontières, avec ses soldats, son jazz, son cinéma, sa littérature et ses capitaux. La France regarde, fas­cinée, inquiète : est-ce la fin de l'Europe ? le début d'un monde nouveau ? Pour les écrivains français, c'est à tout le moins un soudain élargissement de l'horizon, l'avènement d'un nouvel imaginaire des États-Unis. Ce livre enquête sur ce bouleversement des représentations de l'Amérique qui, dans l'entre-deux-guerres, touche aussi bien les avant-gardes que les antimodernes, les fascistes comme les communistes, les humanistes tout autant que les non-conformistes. Même ceux qui refusent de s'y intéresser ont leur place sur l'échiquier où se dessine l'avenir d'une modernité esthétique et politique, chargée d'enjeux existentiels, éthiques, civilisationnels : l'Amérique ou l'anti-Neutre par excellence. Découvrir ou relire les textes qu'Aragon, Bazalgette, Céline, Cendrars, Cocteau, Drieu La Rochelle, Duhamel, Gide, Giono, Morand, Nizan, Pozner ou Soupault, parmi beaucoup d'autres, ont écrits à la lueur du Nouveau Monde, c'est comprendre comment, tout en se faisant l'écho d'un discours et d'un imaginaire d'époque - moins unanimement anti­américains qu'on ne l'avait cru jusqu'ici-, chacun de ces écrivains a eu sa propre manière d'inventer l'Amérique. Une invention qui continue de parler au lecteur d'aujourd'hui.

  • Une grande constante traverse le dernier numéro de l'année de la revue Nuit blanche : celle du voyage. En plus de toutes les nouveautés québécoises et internationales, voici le menu qu'elle nous propose. Premièrement un panorama de la littérature routière et vagabonde, de Okanagan de Sara Lazzaroni à L'Astronome dur à cuire de Jonathan Ruel en passant par Le Fil des kilomètres de Christian Guay-Poliquin. Ensuite une approche particulière de l'« indianité » à travers l'oeuvre de Louise Erdrich et Thomas King. Puis, un anniversaire : la maison d'édition L'Instant même fête ses 30 ans et se raconte à rebours. De nombreuses pages seront consacrées aux correspondances du clan Ferron. L'écrivain méconnu du XXe siècle mis à l'honneur sera le moderniste et voyageur Luc Durtain (1881-1959). La publication nous propose également de découvrir le poème inédit de Robert Yergeau Les Muses chauves ainsi qu'un portrait de l'écrivaine Gracia Couturier, entre théâtre, albums jeune public et romans.

  • Au tournant des années 1930, en cette période d'entre-deux-guerres où le pouvoir du peuple s'était accru politiquement et économiquement, la représentation littéraire des classes populaires, lorsqu'elle n'était pas empreinte de clichés, cadrait peu avec la
    réalité sociale du peuple. En réaction à la littérature bourgeoise, Léon Lemonnier
    publia, en 1930, le Manifeste du roman populiste, texte fondateur du mouvement
    populiste dont l'ambition, apolitique, était de « faire vrai », de peindre la vie du peuple
    et d'étudier attentivement la réalité.
    Si le populisme connut une importance indéniable au cours des années 1930, il figure
    pourtant aujourd'hui au nombre des chapitres oubliés de l'histoire littéraire.
    L'acception « large » du terme populisme, tel qu'il a été défini dans le Manifeste, et la
    négation initiale du populisme comme école littéraire, ont dû nuire à la postérité du
    mouvement. Avec pour objectif de documenter le mouvement populiste, ses
    conditions d'écriture et ses présupposés esthétiques, ce volume d'Études littéraires vous propose un ensemble d'articles sur l'oeuvre fort méconnue de romanciers dits
    populistes.

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