Alain Finkielkraut

  • L'après littérature Nouv.

    « Nous sommes entrés dans l'âge de l'après-littérature. Le temps où la vision littéraire du monde avait une place dans le monde semble bel et bien révolu. Non que l'inspiration se soit subitement et définitivement tarie. De vrais livres continuent d'être écrits et imprimés, mais ils n'impriment pas. Ils n'ont plus de vertu formatrice. L'éducation des âmes n'est plus de leur ressort. Ils s'adressent à des lecteurs qui, avant même d'entrer dans la vie, refusent de s'en laisser conter et regardent l'Histoire et les histoires avec la souveraine intelligence que la victoire totale sur les préjugés leur confère. Rançon de cette outrecuidance, le faux prend possession de la vie.
    Non seulement le présent règne sans partage mais il s'imagine autre qu'il n'est.  À  force de se raconter des histoires, il se perd complètement de vue. Les scénarios fantasmatiques qu'il produit en cascade lui tiennent lieu de littérature. Néoféminisme simplificateur, antiracisme délirant, oubli de la beauté par la technique triomphante comme par l'écologie officielle, déni de la contingence tout au long de la pandémie qui nous frappe : le mensonge s'installe, la laideur se répand, l'art est en train de perdre la bataille.
    C'est un crève-coeur. »Alain Finkielkraut

  • "Réactionnaire, disent-ils.
    Le moment m'a donc semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyants ni complaisance. Il ne s'agit en aucune façon pour moi de rabattre la connaissance sur la confession et de défendre une vérité purement subjective. Je ne choisis pas, à l'heure des comptes, de me retrancher dans la forteresse imprenable de l'autobiographie. Je joue cartes sur table, je dis d'où je parle, mais je ne dis pas pour autant : "À chacun sa vision des choses." Le vrai que je cherche, encore et toujours, est le vrai du réel : son élucidation reste à mes yeux prioritaire. Cependant, comme l'a écrit Kierkegaard : "Penser est une chose, exister dans ce qu'on pense est autre chose." C'est cet "autre chose" que j'ai voulu mettre au clair en écrivant, une fois n'est pas coutume, à la première personne."
    Alain Finkielkraut.

  • L'immigration qui contribue et contribuera toujours davantage au peuplement du Vieux Monde renvoie les nations européennes et l'Europe elle-même à la question de leur identité. Les individus cosmopolites que nous étions spontanément font, sous le choc de l'altérité, la découverte de leur être. Découverte précieuse, découverte périlleuse : il nous faut combattre la tentation ethnocentrique de persécuter les différences et de nous ériger en modèle idéal, sans pour autant succomber à la tentation pénitentielle de nous déprendre de nous-mêmes pour expier nos fautes. La bonne conscience nous est interdite mais il y a des limites à la mauvaise conscience. Notre héritage, qui ne fait certes pas de nous des êtres supérieurs, mérite d'être préservé, entretenu et transmis aussi bien aux autochtones qu'aux nouveaux arrivants. Reste à savoir, dans un monde qui remplace l'art de lire par l'interconnexion permanente et qui proscrit l'élitisme culturel au nom de l'égalité, s'il est encore possible d'hériter et de transmettre.A. F. 

  • « Le roi Salomon suppliait l'Éternel de lui accorder "un coeur intelligent".
    Au sortir d'un siècle ravagé par les méfaits conjoints de l'efficacité technologique et de la ferveur idéologique, cette prière a gardé toute sa valeur.
    Dieu cependant se tait. Il nous regarde peut-être, mais Il ne nous répond pas, Il ne sort pas de son quant-à-soi, Il n'intervient pas dans nos affaires. Il nous abandonne à nous-mêmes. Ce n'est ni à Lui ni à l'Histoire, délégitimée par un siècle d'horreurs commises en son nom, que nous pouvons adresser notre requête avec quelque chance de succès, c'est à la littérature. Sans elle, la grâce d'un coeur intelligent nous serait à jamais inaccessible. Et nous connaîtrions peut-être les lois de la vie, mais non sa jurisprudence. »
    Tel est le postulat d'Alain Finkielkraut. Pour s'interroger sur les rapports de l'homme avec ce qui l'entoure, il a choisi neuf livres : La Plaisanterie de Milan Kundera, Tout passe de Vassili Grossman, l' Histoire d'un Allemand de Sebastian Haffner, Le Premier Homme d'Albert Camus, La Tache de Philip Roth, Lord Jim de Joseph Conrad, les Carnets du sous-sol de Fédor Dostoïevski, Washington Square de Henry James, Le Festin de Babette de Karen Blixen.
    Pour sa nouvelle grande oeuvre personnelle depuis L'Imparfait du présent (Gallimard, 2002), Alain Finkielkraut nous redit combien, par essence, la littérature est essentielle au déchiffrement des énigmes du monde. Combien elle demeure le meilleur rempart contre les idées reçues et les certitudes. Combien les écrivains et leurs oeuvres modifient nos existences, façonnent nos vies, réorganisent notre perception des êtres, des valeurs, du présent ou de l'avenir.

  • Les années trente, dit-on, sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, l'ordre moral sort des catacombes, la crise économique pousse à la recherche d'un bouc émissaire et l'islamophobie prend le relais de l'antisémitisme. Cette analogie historique prétend nous éclairer : elle nous aveugle. Voulant lire ce qui arrive à la lumière de ce qui est arrivé, elle en occulte la nouveauté inquiétante.
    Montrer que nous vivons un tournant historique, paradoxalement masqué par la référence incessante à l'Histoire ; appréhender ce moment crucial dans ce qu'il a d'irréductible au répertoire de nos vicissitudes : tel est le pari de ce livre. Et l'enjeu est existentiel autant qu'intellectuel. Si, comme l'écrit François Mauriac, « l'épreuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions », il nous incombe d'être à l'heure au rendezvous et de regarder en face le visage que nous n'attendions pas.Dans une époque qui tend à se prendre pour une autre, l'exactitude devient la tâche prioritaire de la pensée.A. F.

  • Dans la ligne d' Un coeur intelligent, Alain Finkielkraut s'attache cette fois au thème de l'amour tel qu'il est traité dans quatre grands romans, de facture, d'époque et d'auteurs très variés :Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves 
    Ingmar Bergman, Les Meilleures IntentionsPhilip Roth, Professeur de désir 
    Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'êtreComme il excelle à le faire, il donne à ceux qui n'ont pas lu le livre les clefs pour comprendre l'intrigue, en même temps qu'il éclaire le roman de sa vaste culture, littéraire et philosophique ; sous sa plume, les personnages de ces quatre romans deviennent des enjeux existentiels lestés de tout le poids qu'une lecture distraite, ou conventionnelle, laisse inaperçu. 
    Tout le monde a lu ou entendu parler de La Princesse de Clèves ou de L'insoutenable légèreté de l'être, mais personne n'avait su donner à ces livres l'écho qu'Alain Finkielkraut leur confère. Encore une fois, il s'attache à montrer tout ce que peut la littérature, c'est-à-dire nous permettre une meilleure lecture de nos vies.

  • « Aujourd'hui, notre pitié ne s'arrête plus à l'humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l'invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d'autrefois, l'imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles.
    L'homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s'identifier à toutes les créatures. Ainsi s'explique l'irruption récente de la cause animale sur la scène politique.
    La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l'impératif de rentabilité continuera- t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du coeur ? »
      A. F.

  • « Une civilisation qui oublie son passé est condamnée à le revivre. C'est forte de cette maxime, énoncée au début du xxe siècle par le philosophe américain George Santayana, que notre civilisation a instauré et institutionnalisé la mémoire de l'extermination des Juifs d'Europe. Mais voici que surgit, pour cette civilisation, un problème inattendu : non pas l'oubli du crime, mais l'oubli de tout le reste. Hitler hante notre actualité, et du passé désormais personne d'autre, ou presque, ne surnage. Aujourd'hui le malfaiteur suprême est en passe de siéger seul sur le trône de la mémoire.
    Dans cette société de l'accusation perpétuelle et de l'expiation tapageuse qui arraisonne à tour de bras les fameuses heuresles- plus-sombres-de-notre-histoire, je me prends parfois à rêver d'une mémoire sans oriflamme ni destrier, d'une mémoire pédestre, modeste, discrète, silencieuse ou qui ne fasse pas d'autre bruit que les pages que l'on tourne dans le colloque singulier de la lecture. 
    Comment parler de la Shoah sans tout mélanger ni sacrifier les exigences du jour ? Quelles leçons tirer de cet événement proprement incroyable ? Comment penser le mal, la radicalité du mal, la banalité du mal, l'industrialisation du mal, sans abandonner au mal tout l'espace de l'immortalité ? Ces dialogues que voici sont nés de ces interrogations et de ce scrupule. »Alain Finkielkraut

  • Mystérieusement absent de la campagne présidentielle, le thème de l'école ne va pas tarder à réapparaître dès que le nouveau président aura pris ses fonctions.
    Les principales questions débattues dans ce volume sont celles :
    o de la formation des maîtres (IUFM) ;
    o de l'apprentissage de la lecture ;
    o de l'enseignement des humanités ;
    o de la langue française/des langues régionales ;
    o de la réforme des universités ;
    o de l'autorité.
    Parmi les intervenants : Philippe Meirieu, François Bayrou, Daniel Bancel, Philippe Raynaud, Alain Bentolila, Jean-Pierre Rioux, Luc Ferry, Guy Carcassonne.

  • Ralentir : mots-valises ! Les mots sont comme les billets de banque : il y a les vrais, et il y a la fausse-monnaie. Pour être faux-monnayeur en langage, et glisser, l'air de rien, un petit fictionnaire dans la vénérable famille Larousse, Robert & Cie, la recette est simple. Il suffit de mélanger deux ou trois termes jusqu'à ce qu'ils entrent en symbiose, et n'en forment plus qu'un : « Orthografle : descente de police effectuée chaque semaine dans le discours des enfants. » On n'en finirait pas d'énumérer tous les avantages de ce procédé de contraction. A l'homme pressé, il permettra de gagner un temps précieux en disant les choses deux fois plus vite ; les timides n'auront plus à rougir de leurs balbutiements ; les indécis qui peuplent nos royaumes pourront être à la fois Monsieur To Be et Monsieur Not To Be, ce qui leur évitera de s'abîmer indéfiniment dans des questions sans réponse ; quant aux écologistes (non, celui-là n'est pas un mot-valise !), ils seront en mesure de sauver les forêts menacées - et pas seulement celles du Loir-et-Cher - en exigeant immédiatement que l'on diminue de moitié l'épaisseur des journaux et des livres. En tout cas, là comme ailleurs, mieux vaudra ne pas se montrer : « Dodogmatique : qui endort ses interlocuteurs, à coup de paroles tranchantes et d'affirmations péremptoires. »

  • Premier volume d'une série, Ce que peut la littérature regroupe une sélection des meilleures émissions « Répliques » de France-Culture parmi celles consacrées à la littérature. Elles sont rassemblées par la thématique du pouvoir de la littérature : en quel sens les écrivains changent-ils le monde, non plus comme l'entendait Sartre au sens de l'engagement politique, mais au sens où ils réorganisent notre perception du monde, des êtres, des valeurs, du présent ou de l'avenir ? À travers la littérature, c'est notre existence qui est changée. Le livre sera précédé d'une étude inédite d'Alain Finkielkraut.
    Liste des chapitres : La place des poètes, avec Jacques Roubaud et Jacques Garelli
    Aharon Appelfeld, écrivain du silence, avec Geneviève Brisac et Valérie Zenatti,
    /> Le pouvoir du roman avec Mona Ozouf et Pierre Manent
    Le cas Aragon, avec Daniel Bougnoux et François Taillandier
    Céline l'infréquentable, avec Jean-Pierre Martin et Philippe Sollers
    Joseph Roth romancier européen, avec Claudio Magris et Jean-Pierre Maurel
    Albert Camus : le premier homme, avec Suzanne Julliard et Bertrand Visage
    Barthes et le roman, avec Antoine Compagnon et Eric Marty
    Le goût des classiques, avec Marc Fumaroli et Thomas Pavel
    Boris Pasternak poète et romancier, avec Pierre Pachet et Michel Aucouturier
    33 Newport Street, avec Jean-Claude Passeron et Claude Grignon

  • Après le volume Ce que peut la littérature, voici un recueil de textes issus de l'émission « Répliques » sur la thématique de la France. On sait qu'elle est au coeur des préoccupations deAlain Finkielkraut.
    Les émissions retenues et les contributeurs sont :
    - La République et la philosophie (Marcel Gauchet, Marie-Claude Blais)
    - Y a-t-il un fascisme français ? (René Rémond, Zeev Sternhell)
    - Être français aujourd'hui (Pierre Nora, Paul Thibaud)
    - La laïcité (Lionel Jospin, Maurice Agulhon)
    - Michelet et les historiens (François Furet, Jacques Le Goff)
    - La France, pays catholique ? (Danièle Hervieu-Léger, Henri Tincq)
    - La France et les Juifs (Michel Winock, Paul Thibaud)
    - Mitterrand ou l'engouement de la mémoire (Hubert Védrine, Christophe Barbier)
    /> - Y a-t-il une question noire en France ? (Stephen Smith, Françoise Vergès)
    - La galanterie française (Mona Ozouf, Claude Habib)
    - Les problèmes de l'immigration (Patrick Weil, Michèle Tribalat)

  • « Cher Alain,
    Nous avons donc décidé d'échanger des lettres plutôt que de  nous entretenir de vive voix. L'utilisation de ce vieil outil littéraire  me semble prudente et bénéfique, bien que je me demande  si elle n'est pas une dérobade. Malgré mon goût de l'affrontement,  je redoutais en effet ta présence et ce que le tac au tac  implique de violence. Autrement dit, je craignais de me heurter  en temps réel sur du non négociable et de voir bientôt se lézarder  une chère et ancienne amitié. »
    « Chère Élisabeth,
    Si je tirais sur tout ce qui bouge, tu aurais raison de vouloir m'en  dissuader, et il me semble que je serais assez avisé pour suivre  ton conseil. Mais je n'ai rien d'un tireur convulsif. Et lorsqu'il  m'arrive de perdre mon sang-froid, c'est parce que je suis la cible  favorite de ceux qui n'ont que le mot "changement" à la bouche
    et pour qui rien ne bouge. »

  • « Pourquoi la littérature ? Parce que la littérature nous pourvoit de dons que nous n'avons pas. Elle nous pourvoit immédiatement de l'ubiquité. Grâce à la littérature, nous vivons dans des pays, des villes où nous n'avons jamais posé le pied. Grâce à la littérature, nous pouvons reculer vers des époques révolues. Il y a une sorte d'immense liberté que donne la pratique des livres, et que nous n'avons pas. La démultiplication de l'existence dans la littérature est une chance précieuse. »
    Ce volume contient les principales émissions faites par Mona Ozouf à « Répliques », sous la direction d'Alain Finkielkraut : sur les femmes et la singularité de leur écriture ; sur les livres comme « patrie » ; sur la galanterie française ; sur la civilité ; sur le Panthéon ; sur la Révolution française ; sur Henry James ; sur George Eliot. Les partenaires avec lesquels elle dialogue ici sont Diane de Margerie, Claude Habib, Pierre Manent, Geneviève Brisac, Philippe Belaval, Philippe Raynaud, Patrice Gueniffey.
    C'est tout un parcours intellectuel qui est ici dessiné, depuis ses travaux fondateurs sur la Révolution française jusqu'à ce qu'elle appelle ses « échappées belles » en littérature.
    Mona Ozouf est une « figure aussi discrète que rayonnante de la scène intellectuelle française », comme l'écrit Jean Birnbaum dans Le Monde. À bonne distance de tous les enrôlements et de toutes les assignations identitaires, elle maintient inébranlable le souci d'une ligne originale.

  • Confrontation

    ,

    • Polity
    • 15 Octobre 2014

    Everything in their respective positions divides them: Alain Badiou is the thinker of a revitalized communism and Alain Finkielkraut the mournful observer of the loss of values. The two opponents, gathered here for their first-ever debate, have irreconcilable visions. Yet neither is a stranger to controversy, and in this debate they make explicit the grounds of their personal dispute as well as addressing, in a frank and open exchange, their ideas and theories. Guided by Aude Lancelin, the two philosophers discuss subjects as diverse as national identity, Israel and Judaism, May 1968, and renewed popularity of the idea of communism. Their passionate debate is more than just the sum total of their disagreements, however, for neither of them is satisfied with the state of our society or the direction in which its political representatives persist in taking it. They agree that there needs to be change and their confrontation in this volume shows the importance of asking difficult questions, not only of each other, but also of our political systems.

  • La mémoire, l'oubli, solitude d'Israël

    , ,

    lu par Alain Finkielkraut; Benny Levy; Bernard-Henri Lévy

    "On ne prend pas conscience comme on veut ! L'autre voie s'offre - l'unique - l'escarpée : aux sources, aux livres anciens, oubliés difficiles, dans une étude dure, laborieuse et sévère." Emmanuel Lévinas
    "Israël étant né à la suite d'un martyre, celui de la Shoah, toute discussion politique, historique ou sociologique risque toujours de raviver la souffrance originelle. Israël, c'est aussi la culture juive, celle qui a enfanté la pensée judéo-chrétienne, celle qui a largement participé à l'histoire de la philosophie, et majoritairement inventé l'introspection. L'Institut d'études lévinassiennes, qui maintient l'exigence d'une tradition intellectuelle du plus haut niveau de pensée et de savoir - a relevé le défi de poser la question d'Israël d'un point de vue philosophique. Il propose dans ce grand débat devenu historique une réflexion croisée de trois des plus éminents penseurs contemporains : Benny Lévy, Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut. Né du souffle philosophique d'Emmanuel Lévinas et destiné à en rappeler l'importance, l'Institut - fondé par les trois intervenants de ce débat et dirigé par Benny Lévy jusqu'à sa mort en 2003 - vit aujourd'hui sous l'impulsion de MM. René Lévy, Laurent Touil Tartour et Patrick Fabre. Il a pour objet de faire revivre la parole, celle qui ne confronte pas les coeurs mais qui se construit de la diversité des pensées et des écoles pour continuer d'actualiser la tradition philosophique dans notre modernité." Patrick Frémeaux
    "D'où vient, inattendu, tellement attendu, ce petit peu de fraternité ? Je réponds sans hésiter : du regard paternel entrevu dans le texte d'Emmanuel Lévinas." Benny Lévy
    "Que s'instaure [...] un espace de pensée menée en commun, voilà qui ressemble à un petit miracle philosophique." Bernard-Henri Lévy
    "Emmanuel Lévinas [...] nous a permis de surmonter nos préjugés mutuels sans pour autant combler la distance qui nous séparait." Alain Finkielkraut

  • La question de la laïcité

    ,

    lu par Benny Levy; Alain Finkielkraut

    "La question de la laïcité : ce thème, Alain Finkielkraut et Benny Lévy l'avaient déjà abordé en public, onze ans avant qu'ils ne fondent l'Institut d'études lévinassiennes. L'échange fut virulent - tant, d'ailleurs, qu'il faillit mener à la rupture du dialogue. Treize ans plus tard, c'est à l'Institut d'études lévinassiennes, à Jérusalem, qu'ils décidaient de reprendre cette interlocution, sans concession, mais dans un esprit de fraternité qui avait fait défaut à la première occasion. "D'où vient, inattendu, tellement attendu, ce petit peu de fraternité ?", demandait Benny Lévy. Il répondait "sans hésiter" : "du regard paternel entrevu dans le texte d'Emmanuel Lévinas". L'oeuvre d'Emmanuel Lévinas, qui aura marqué le 20e siècle, possède une double postérité. Philosophique, rigoureuse, elle s'est acquis une dignité académique qui lui ouvrit les portes de l'université, mais elle a aussi contribué à réhabiliter la figure du pharisien, à réaffirmer l'actualité des "traités vermoulus" et avec elle, l'importance d'un retour aux sources juives. L'ardent défenseur de l'école laïque, de la culture et des livres pouvait ainsi se reconnaître dans le texte de Lévinas, tout comme le Juif du retour et du Livre. Cette double résonnance, l'Institut d'études lévinassiennes l'a volontairement préservée. Elle dessine - et cet enregistrement en livre le précieux témoignage - un lieu de parole où les dissensions et les oppositions, intenses, mais avant tout affaire de pensée, peuvent se déployer librement." Patrick Fabre - Institut d'études lévinassiennes
    "L'institut d'études lévinassiennes revendique le double héritage de la philosophie et de la tradition talmudique pour l'actualiser dans une pensée ouverte et contemporaine. Loin de la recherche du consensus de l'"entre-soi", les Grands débats de l'Institut procèdent de la volonté de pouvoir manifester que des points de vue divergents sont une richesse pour le discours et non une pierre d'achoppement. Ils nous délivrent un éclairage singulier sur une question universelle." Patrick Frémeaux

  • Libération Forum. La reconstruction de la gauche ?

    ,

    lu par Laurent Fabius; Alain Finkielkraut

    Laurent Fabius défend les fondamentaux du socialisme, parmi lesquels figure en bonne place la croyance au progrès. Un progrès qu'Alain Finkielkraut juge destructeur et déshumanisant. L'ancien Premier ministre  mitterrandien et le philosophe du déclin de la culture explorent les voies d'un avenir peu radieux. A moins que...
    Laurent Joffrin - Libération
    La radio ou la télévision proposent en général des débats duels, où le formatage du média et le nombre de questions posées empêchent quasi systématiquement les intervenants de développer des idées parfois complexes. Tout l'intérêt du Forum Libération de Grenoble est de proposer un débat sur une seule problématique, qui donne aux interlocuteurs la liberté de s'exprimer totalement, d'approfondir et de donner au public tout l'enjeu intellectuel de la question et parfois même de la réponse.
    Patrick Frémeaux

  • L'école ne saurait se désintéresser du destin de certains élèves qu'elle entend garder le plus longtemps possible en son sein. Une école qui ambitionne d'être pour les enfants l'interprète du monde, une école qui revendique de donner un sens à la diversité, une école enfin qui s'efforce de montrer que sous l'apparence du désordre il y a à découvrir, à distance, classification et cohérence ; cette école ne saurait accepter qu'une partie de ses élèves soit vouée à l'insécurité linguistique et à l'enfermement culturel.

empty