Akiyuki Nosaka

  • Nosaka aime bien faire la sieste, l'été, en dégustant quelques prunes confites à l'alcool avec son chat Charly. Il faut dire que son pavillon à Tôkyô en est plein, de chats, l'un blotti sur son dernier manuscrit, l'autre toisant de haut la chienne husky, et dans le jardin se rassemblent les oiseaux, par centaines parfois, ainsi que d'énormes crapauds. Et l'humain écrivain observe d'un regard aigu tous ces êtres familiers, commente, se confie, philosophe, car sa fréquentation des chats lui délivre moult enseignements sur l'existence, le rapport à la nourriture ou à la mort. Ses chroniques au jour le jour, souvent égayées par un sourire facétieux, se font aussi graves pour évoquer les souvenirs de chats hantant avec nonchalance les décombres de la guerre ou du tremblement de terre de Kôbe, énigmes de sérénité.

  • Dans un Japon vieux de deux siècles, sur la célèbre route du Tôkaidô, l'ancienne courtisane Koto part à la recherche d'un amant oublieux, en compagnie de sa fille Tomi. Terrassée en chemin par la maladie, elle lui confie le dessin, saupoudré de sables de diverses couleurs, de son intimité la plus secrète. Ce talisman devrait permettre à la jeune fille de retrouver celui qui est son père.
    Au rythme des saisons et des cloches des petits temples de quartier, c'est toute une époque qui nous est donnée à voir : marchands enrichis qui tiennent le haut du pavé, geishas et prostituées, maisons qui sont de plaisir pour certains et de douleur pour d'autres, et les quartiers populaires avec leur petit peuple débrouillard et misérable. Tous ces personnages se trouvent inextricablement liés par ce dessin au sable, dans un récit où le lecteur retrouvera l'obsession du sexe et de la mort propre à Nosaka, magnifiquement mise en scène dans un genre où elle peut s'épanouir avec frénésie : le fantastique.

  • Avant de devenir le célèbre dessin animé de Takahata Isao, La Tombe des lucioles est une oeuvre magnifique et poignante de l'écrivain Nosaka Akiyuki. L'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des incendies tandis que la guerre fait rage. Le traducteur décrit l'écriture de Nosaka comme "un brassage de toutes sortes de voix, de langues, où se déversent par coulées enchaînées les unes aux autres le flot ininterrompu des images."

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