Lire en temps de confinement avec Denis Moreau

En quoi la littérature est elle aujourd’hui un recours?

 

Déjà, et trivialement, lire permet de se changer les idées, de penser à autre chose qu’à la situation compliquée où nous nous trouvons, de casser les ruminations mentales qui se développent facilement lorsqu’on est isolé ou coincé entre quatre murs : ce n’est pas rien, un des grands défis de cette période de confinement est de résister à ce genre de pathologies psychologiques liées, pour beaucoup, à l’enfermement, et, pour certains, à la solitude. 

Je trouve tout cela abordé avec une certaine acuité dans les livres des "Pères du désert », ces moines qui vécurent dans le désert d’Egypte aux IIIe et IV siècles, par exemple Evagre le Pontique dans son Traité pratique. Ils décrivent les problèmes spirituels et mentaux (ils appellent cela des « démons », mais c’est la même chose) qui frappent les moines. Pour certains d’entre nous (mais pas tous : les Pères du désert n’avaient pas à s’occuper à plein temps d’enfants en bas âge…), ce confinement nous rapproche de la condition monacale, dans ses grandeurs comme dans ses difficultés, voire ses misères.

Ensuite, il y a dans la littérature, et en particulier dans la littérature de sagesse (spiritualité au sens large, philosophie) bon nombre de ressources, et suffisamment variées pour que chacun puisse trouver ce qui lui convient, pour affronter au mieux les périodes de gros temps de l’existence. Nous en traversons incontestablement une. 

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